Mario Balotelli les rend tous fous à Manchester City

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Au-dessous de tout contre United, Mario Balotelli n'en finit plus de décevoir cette saison. A City, même Roberto Mancini semble ne plus croire en sa maturation.

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Crédit: Eurosport

Il y a un peu plus d'un an, lors d'un derby triomphal et désormais historique pour Manchester City, Mario Balotelli  avait signé deux de des six buts de l'écrasante victoire des Citizens à Old Trafford (1-6). Après avoir ouvert le score, il avait dévoilé, sous son maillot, un T-shirt arborant ce message interrogatif: "why always me?" ("pourquoi toujours moi?") Une réponse à ses détracteurs, coupable à ses yeux de ne pas le lâcher. 14 mois plus tard, soit dimanche dernier, toujours dans le derby mancunien, l'Italien a offert un match d'une rare médiocrité. S'il se demande toujours "pourquoi toujours lui?", Super Mario n'aura qu'à demander à son entraîneur, visiblement affligé par la performance de son attaquant.
 Au-delà de son rendement, c'est son attitude et sa nonchalance, qui, une fois encore, ont exaspéré. Au point que même Roberto Mancini a donc fini par s'agacer publiquement. Après la défaite (2-3) face aux Red Devils à l'Etihad Stadium, le technicien italien s'est montré sévère envers Balotelli, lui qui est pourtant souvent prompt à prendre la défense de cette perle noire qu'il connaît mieux que quiconque pour l'avoir lancé au plus haut niveau lorsque les deux hommes étaient à l'Inter. "J'adore Mario, en tant que personne et comme footballeur, mais il ne peut pas continuer à jouer comme il l'a fait contre MU, constate Mancini. Il a tout pour réussir, mais il doit penser à son travail. De la part d'un joueur comme lui, on ne comprend pas qu'il continue à jeter ses qualités par la fenêtre."
Mancini: "C'est facile de parler après coup"
Plus que de la colère, une forme de lassitude transpirait dans les propos du manager de City, qui ne peut ignorer les manques de son joueur. Pourtant, le non-match de Balotelli contre United, c'est aussi l'échec de Mancini, qui avait préféré titulariser son compatriote plutôt que Carlos Tevez. Mauvaise pioche, assurément. Une option qui lui a été largement reprochée. "C'est facile de parler après-coup. Je pensais qu'il pouvait être dangereux face à cette défense", a-t-il répondu. Personne n'a toutefois compris pourquoi il s'est entêté à la pause, laissant Tevez sur le banc après les 45 premières minutes fantomatiques de Balotelli et alors que son équipe était menée 2-0. A la 52e, il a fini par se rendre à l'évidence. Bien tardivement.
Mario Balotelli est-il un cas désespéré? La saison dernière avait fait naître beaucoup d'espoirs. Toujours erratique, il avait néanmoins inscrit 17 buts en 32 matches, toutes compétitions confondues, prenant une part indéniable dans la quête du titre de champion d'Angleterre. Dans la foulée, son Euro 2012 avec l'Italie s'était avéré convaincant. Ce n'est pas pour rien s'il a figuré à l'automne dans la liste des 23 finalistes pour le Ballon d'Or. Malheureusement, les premiers mois de la campagne 2012-2013 ont marqué un net retour en arrière.
Une parodie de lui-même
Le drame de Balotelli, c'est que, tel Peter Pan, il parait ne pas vouloir grandir. Il est certes encore jeune (22 ans), mais il dégage la même immaturité qu'il y a quatre ans du temps où José Mourinho avait renoncé à tirer quelque chose de lui à l'Inter. Si cette immaturité se cantonnait à sa vie privée (on ne compte plus ses frasques, de l'incendie de sa maison après un feu d'artifice l'an dernier à son récent trajet de 300 kilomètres au volant de sa Maserati… derrière un taxi utilisé comme GPS pour un rendez-vous à Londres avec son agent), elle pourrait être acceptable. Mais il n'y a pas deux Balotelli. Il n'y en qu'un. Sur le terrain, il n'est donc que le prolongement de l'enfant terrible de tous les jours. Il n'est que lui-même. Pour le meilleur, parfois. Pour le pire, aussi, souvent.
Quand il devient une parodie de lui-même comme dimanche, l'Italien devient insupportable. Lui seul possède les clés de sa carrière. C'est ce que Mancini essaie de lui faire entendre. "Quand on a les qualités de Mario, soupire le coach, c'est incroyable de les jeter comme ça par la fenêtre. J'ai connu d'autres garçons talentueux qui finalement n'ont rien donné. Je ne voudrais pas que cela lui arrive aussi." Presque un cri du cœur. Si, aujourd'hui, même Mancini n'arrive plus à le canaliser, qui le pourra? A l'approche du marché hivernal des transferts, la question de son départ se pose à nouveau. Plus que jamais. Mais Balotelli, même s'il est une cible tentante pour son immense et incontestable talent, demeure hors de portée de l'essentiel des bourses. Parce qu'il est payé au prix où il s'estime. Pas au prix que justifieraient ses performances. C'est l'erreur qu'a commis City. Le piège est en train de se refermer.
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