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Premier League - Manchester City a-t-il vraiment perdu le statut de favori ?

City a-t-il vraiment perdu le statut de favori ?

Le 25/12/2018 à 14:00Mis à jour Le 25/12/2018 à 14:09

PREMIER LEAGUE - Après des résultats décevants ces dernières semaines, Manchester City a laissé Liverpool s'emparer du trône et prendre de la distance en championnat. A l'aube du traditionnel Boxing Day, City est-il devenu un outsider par rapport aux Reds ?

"Lève-toi et pense au prochain match." Pep Guardiola n'avait pas envie d'épiloguer samedi après l'étonnante défaite des siens vécue à domicile contre Crystal Palace (2-3). Présent devant les journalistes, le technicien catalan avait même plutôt la mine des mauvais jours, réaffirmant que son équipe était "incroyable", qu'elle disposait de joueurs "fantastiques" et que Palace avait défendu "très bien" mais aussi "très bas".

Manchester City qui perd contre un "aussi mal classé" de Premier League sous l'ère Guardiola, c'est simple, cela n'était encore jamais arrivé en 95 matches. Crystal Palace, 15e du championnat avant cette 18e journée, a donc réussi l'exploit de faire tomber la machine citizen au même titre que Tottenham, Leicester, Liverpool, Everton, Manchester United ou encore Chelsea avant lui. Cherchez l'intrus.

Luka Milivojevic célèbre le troisième but de Crsytal Palace sur le terrain de Manchester City en Premier League.

Luka Milivojevic célèbre le troisième but de Crsytal Palace sur le terrain de Manchester City en Premier League.Getty Images

Le même football, ou presque

Bien sûr, la thèse de l'accident est celle qui semble la plus crédible au regard de la rencontre entre Skyblues et Eagles. Le fait est qu'il s'agit, pour City, d'un double accident puisque Leroy Sané et consorts avaient également perdu à Chelsea (2-0), deux semaines auparavant, dans des conditions plutôt similaires.

A Stamford Bridge ou dans leur stade mancunien, les joueurs de City n'ont pourtant pas perdu leur football ou leur identité. La bande de Leroy Sané s'est muée en machine vorace comme à chaque match en dominant dans tous les secteurs du jeu : possession à outrance, nombre de tirs, nombre d'occasions franches. La nouveauté ? Un incroyable manque d'efficacité qui a vu City inscrire 2 buts en 17 occasions franches. Le taux de réussite est d'une rare faiblesse et ce dans les deux surfaces puisque que dans le même temps, Chelsea et Palace ont marqué 5 fois en 6 occasions. Implacable.

Cette absence de réalisme est bien rare pour le champion d'Angleterre et ne trouve aucune explication concrète, sinon en un relâchement ou une certaine suffisance dans le dernier geste. C'est maigre. Pep Guardiola avait d'ailleurs ciblé cette faille à la mi-décembre après la défaite à Londres. "C'est une bonne leçon, c'est le niveau Ligue des champions, avait-il déclaré en conférence de presse. En C1, si l'adversaire a une occasion, il marque un but. Les équipes sont si fortes, si intelligentes." La leçon en appelait d'autres, visiblement.

Sané face à Kepa et Azpilicueta lors de Chelsea - Manchester City (2-0) en Premier League.

Sané face à Kepa et Azpilicueta lors de Chelsea - Manchester City (2-0) en Premier League.Getty Images

Huit points de moins que l'an passé

Battu deux fois en trois matches, Manchester City a-t-il donc envoyé un petit signe de faiblesse à ses adversaires ? Juger l'aura d'une équipe sur un temps si court n'est pas forcément pertinent, mais il est possible d'y déceler des nuances tout à fait intéressantes. Avant ces trois journées, les Skyblues avaient également perdu deux fois... en soixante-et-une rencontres de Premier League. Une statistique qui rappelle à quel point leur performance en 2017-2018 fut hallucinante.

Pour l'instant deuxièmes de Premier League, les Citizens comptent déjà huit points de moins que l'an passé à pareille époque (44 contre 52). A l'inverse, et c'est encore plus spectaculaire, Liverpool en compte 14 de plus (48 contre 34). De là à faire des Reds les nouveaux favoris ? La question revient avec insistance depuis samedi et le Boxing Day tombe à pic pour tenter d'y voir plus clair.

En plus d'affronter Leicester mercredi, Manchester City défiera Southampton quatre jours plus tard et surtout la troupe de Jürgen Klopp le 3 janvier, pour un choc très attendu à l'Etihad Stadium. "Nous sommes au même niveau que la saison dernière mais les adversaires sont plus forts, affirmait encore Guardiola après la défaite à Chelsea. Liverpool, Arsenal, Chelsea, Tottenham, tout le monde peut gagner la Premier League." Tout le monde peut gagner le championnat mais aucun club n'y parvient deux fois de suite depuis maintenant dix ans. Favoris ou non, les Citizens connaissaient dès le départ la complexité d'un tel objectif et se retrouvent déjà dos au mur, à mi-chemin.

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