Premier League - Tottenham - Chelsea : Les Spurs et les limites de l'exil forcé à Wembley

Eurosport sur Google

PREMIER LEAGUE - Cela fait maintenant un an et demi que Tottenham est contraint de jouer à Wembley ses rencontres à domicile. Ce sera une nouvelle fois le cas face à Chelsea, samedi. La situation devait être réglée en septembre dernier mais les travaux du nouveau stade s'éternisent. Une situation qui commence à peser sur le moral des Spurs et leur rendement devant leur public.

Eurosport

Crédit: Eurosport

Les supporters s'y voyaient déjà. Samedi, Tottenham accueillerait Chelsea pour ce qui constituerait le premier derby londonien dans leur tout nouveau stade. Et leur équipe favorite écraserait évidemment les Blues pour fêter l'événement. La liesse envahirait les tribunes de l'enceinte flambant neuve, occupées par 62062 spectateurs. Les images feraient le tour du monde, comme lors de chaque match disputé dans le sublime "Tottenham Hotspur Stadium". Mais la réalité est tout autre.
Les Spurs évolueront ce week-end à Wembley, comme c'est le cas depuis un an et demi. Une situation qui aurait dû prendre fin mi-septembre mais qui s'est prolongée en raison de problèmes de sécurité détectés dans la future maison du club du nord de la capitale. Des soucis qui commencent à coûter très cher à Tottenham. Sur le plan financier déjà, puisqu'un prêt de 265 millions d'euros a dû être contracté pour finir les travaux. Une somme qui s'ajoute aux 448 millions d'euros prévus initialement. Sur le plan sportif aussi.

A l'aise à l'extérieur, en difficulté à Wembley

C'est l'un des grands paradoxes de la saison des Spurs. Comme lors de l'exercice 2017-18, ces derniers évoluent presque à l'extérieur en permanence. Pour autant, ils n'ont pas du tout les mêmes résultats devant leur public et devant celui de leurs adversaires. C'est bien simple, après 12 journées, Tottenham est la meilleure équipe en déplacement. Avec 21 points pris sur 24 possibles. Soit une seule défaite, sur le terrain de Watford (2-1), en huit matches.
En revanche, ils ont déjà perdu deux fois en championnat à Wembley. En seulement quatre rencontres. Le calendrier - totalement déséquilibré - y est évidemment pour beaucoup puisque les revers ont été concédés face à Liverpool (1-2) et Manchester City (0-1). Probablement les deux meilleures équipes d'Angleterre du moment. Mais tout de même, le contraste reste saisissant. D'autant que les hommes de Mauricio Pochettino ont surclassé Manchester United à Old Trafford (0-3) fin août.
A l'évidence, la formation londonienne commence à accuser le coup. A trouver le temps long. A subir cet exil forcé. Car la saison passée, elle avait un bilan largement positif à Wembley. Avec des performances remarquées, notamment en Ligue des champions. Ce n'est plus le cas aujourd'hui.
L'incertitude autour de la date de l'inauguration du nouveau stade pèse forcément dans la balance. Tout le monde est fatigué par la situation. A commencer par les supporters, qui viennent de moins en moins à Wembley. La moyenne d'affluence de la saison passée - 68 296 spectateurs - s'érode progressivement. Ils étaient "seulement" 56 854 à assister à la défaite face aux Citizens. Et 43 268 à venir soutenir les partenaires d'Hugo Lloris contre Cardiff trois semaines plus tôt (1-0).
Du côté du club, certains n'ont pas hésité à exprimer leur mécontentement. Fin octobre, Pochettino avait expliqué être dans la période la plus difficile qu'il n'ait jamais vécue à Tottenham. "Je ne sais pas pourquoi. C'est compliqué à expliquer. Les circonstances… Beaucoup de choses se sont passées. Je suis déçu que nous attendions encore le nouveau stade alors que nous espérions y être au début de la saison. Durant l'été, il s'est passé des choses qui font que je ne suis pas de bonne humeur", avait-il lancé à la presse.
Ces choses, quelles sont-elles ? Difficile d'être affirmatif. Mais le fait que les Spurs n'aient recruté personne durant le mercato estival n'est peut-être pas étranger au mal-être de l'Argentin, qui a notamment affirmé que son équipe "n'avait pas le niveau de City" après le revers face à la bande de Pep Guardiola. Un temps lié au Real Madrid, l'ancien joueur du PSG a cependant déclaré début novembre qu'il souhaitait "rester toute [sa] carrière" à Tottenham. Un message on ne peut plus clair.

"La pelouse ? De la merde"

Au-delà de la déception liée à l'absence de déménagement, difficile également pour Harry Kane et les siens de composer avec les problèmes de pelouse rencontrés à Wembley. Les Spurs ont été forcés de jouer contre Manchester City sur un gazon ravagé par un match de football américain entre les Jaguars et les Eagles disputé le dimanche 28 octobre. Soit 28 heures avant l'affiche de Premier League. Forcément, le spectacle s'en est fortement ressenti entre deux équipes qui développent habituellement un football attrayant.
Une grosse semaine plus tard, la pelouse était un peu plus présentable lors de la rencontre de Ligue des champions contre le PSV, remporté par les Anglais (2-1). Mais cela n'a pas convaincu Mark van Bommel, l'entraîneur d'Eindhoven. Interrogé sur l'état du terrain, le Néerlandais a répondu, avec cette diplomatie qui le caractérise : "C'est de la merde." Avec des mots plus choisis, Christian Eriksen a délivré un message finalement assez similaire mardi dernier au Sun : "Nous voulons jouer sur un terrain de meilleure qualité que celui sur lequel nous nous entraînons. Mais parfois, le terrain d'entraînement est meilleur que celui en match. C'est difficile."

Un déménagement en mars ?

La prouesse, c'est qu'en dépit de l'absence de nouveau stade et d'un recrutement inexistant, Tottenham est quatrième du classement, à cinq points du leader. En lice pour une place en Ligue des champions à défaut d'être compétitif pour le titre. Et c'est tant mieux, car le déménagement vers le "Tottenham Hotspur Stadium" n'aura lieu qu'en 2019.
A ce stade, deux dates sont étudiées pour l'inauguration de l'enceinte, d'après le Times. La rencontre du 13 janvier face à Manchester United. Et celle contre Arsenal, le 2 mars prochain. C'est cette dernière qui serait aujourd'hui privilégiée selon le média britannique. Pour Mauricio Pochettino et ses joueurs, il faudra donc encore probablement patienter trois bons mois.
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité