Dans une saison ne ressemblant à aucune autre et compressée par un calendrier dont l'exigence rendra compte jusqu'à la fin, la hiérarchie anglaise pouvait très bien se voir bousculée. Et les attentes aussi. Si certaines tendances semblent se confirmer (City solide leader et plus que probable futur champion, MU et Chelsea pour une place dans le top 4), des invités-surprises se sont mêlés à la fête en haut du classement. Leicester n'en est pas vraiment un. West Ham si. Comment les Hammers en sont-ils arrivés à vivre une fin de saison palpitante ?

David Moyes, homme en action

La première réponse se trouve sur le banc. David Moyes vit son deuxième passage dans l'est de Londres, et, comme le premier (2017-2018), terminé par un maintien mais sans offre de prolongation, ses débuts ont dû faire face à la défiance des fans et au doute médiatique. Bien présente lors des premiers mois suite au naufrage Pellegrini, la question de sa présence dans la zone technique des Hammers ne se pose plus depuis longtemps, alors qu'il a réussi à sauver le club de la relégation. Après une vilaine défaite en ouverture à domicile contre Newcastle (0-2), l’Ecossais a tout remis à plat et réfléchi à comment agencer un collectif dominant sur le terrain. Depuis, tout (ou presque) lui réussit.
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West Ham : Declan Rice et David Moyes

Crédit: Getty Images

"Il a mal commencé, dans la lignée de la saison dernière, puis il a remis de l'ordre. Les résultats sont là et surtout le jeu aussi. Il est redevenu un taulier et les comparaisons avec son passage plus que réussi de 11 ans à Everton (2002-2013) commencent à émerger. On doit vraiment lui donner le crédit qu’il mérite", affirme Roshane Thomas, correspond de West Ham pour The Athletic. Le jeu ? Dans le mille. Moyes a su s'adapter et se montrer créatif tactiquement. On l'a vu plusieurs fois osciller sans difficulté entre une animation à 3 ou 4 derrière suivant l'opposition alors que sa demande de prises d’initiative dans les circuits a porté ses fruits. Son apport et son flair vont bien dans le sens qu’il souhaite pour une équipe solide, exigeante et spectaculaire.

Recrutement malin

Si l'Ecossais sait quelle direction prendre, il le doit aussi à un processus de recrutement (auquel il participe) bien senti depuis son retour au London Stadium. Si les contestations des fans et la campagne de protestation #GSBout (qui vise David, David Sullivan, les deux copropriétaires et Karren Brady, vice-présidente) sur la manière dont est géré le club continuent de fleurir, concernant le sportif, tout baigne.
Les mercatos sont mieux préparés. Débarqués du Slavia Prague, Thomas Soucek est monté en puissance et s'impose comme l’un des meilleurs milieux en Angleterre tandis que Vladimir Coufal est devenu une véritable assurance sur le flanc droit. Craig Dawson, arrivé de Watford pour faire au début le nombre dans l’axe, vit une seconde jeunesse. Mais les profils techniques éclairent aussi le jeu.
Le coup Jarrod Bowen, signé il y a 18 mois, s’est avéré payant. Après avoir émerveillé les pelouses de Championship avec Hull, le virevoltant ailier s'éclate à l'étage supérieur. Ses dribbles et ses changements vifs de direction en font un vis-à-vis redoutable. Tout comme Saïd Benrahma. L'Algérien avait déjà mis la D2 à ses pieds avec Brentford et montre qu'il constitue une vraie solution sur les ailes ou dans le cœur du jeu. Et que dire de Jesse Lingard ? En décrépitude à MU, le milieu offensif, prêté, connaît une véritable renaissance dans l'est londonien (6 buts, 3 passes décisives en 8 matches) au point d'avoir été rappelé par Gareth Southgate chez les Three Lions lors du dernier rassemblement.

Jarrod Bowen (West Ham)

Crédit: Getty Images

Esprit de corps

Positif chez les entrants mais aussi chez les sortants : West Ham s'est enfin débarrassé de son "bois mort" (Anderson, Snodgrass, Wilshere, Reid, Sanchez, Ajeti). Tout en n'hésitant pas à vendre cet hiver, Sébastien Haller, sa recrue la plus chère, constat d'un échec d'adaptation. Roshane Thomas : "Je ne vais pas dire que depuis son arrivée [Moyes], West Ham s'est transformé mais il y a enfin une direction prise dans laquelle tout le monde souhaite aller. Sur le terrain, ça marche. Le recrutement est bon. Il bâtit une équipe qui lui ressemble en choisissant les joueurs qui vont l'accompagner. Le club dispose enfin d'une vision à plus long terme". Et ses joueurs le lui rendent bien. En présentation du match capital face aux Foxes dimanche, Sky Sports n'a pas hésité à qualifier le groupe de Moyes de "band of brothers", classé 4e au mois d'avril (et donc qualifié virtuellement pour la C1). Une première depuis 1986.
Intraitables à domicile, où ils présentent le 2e meilleur bilan derrière City, les Hammers sont en mission. Soucek est le joueur de Premier League qui a couvert le plus de distance (364 kms), Cresswell n'a raté aucune minute en championnat et reste une valeur sûre à gauche, tout comme Fabianski, toujours fiable dans la cage. "Les garçons sont au diapason. Il y a un vrai esprit d’équipe et c’est très bon pour un manager. Cela vous aide dans les moments difficiles", se satisfait Moyes.
Mais il devrait malheureusement faire sans son nouveau leader et repère Declan Rice et le poison offensif Michail Antonio, blessés pour environ un mois. Pour sa dernière mission de la saison : tout faire pour ne pas voir sa machine se dérégler à l'approche de la dernière ligne droite.

Jesse Lingard (West Ham)

Crédit: AFP

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