Wonderkid à Monaco hier, joueur moyen de Premier League ensuite et attaquant qui tente de rebondir à Séville aujourd’hui : le parcours d’Anthony Martial n’a pas exactement suivi le tracé escompté. Sifflé lors de son entrée contre West Ham ce samedi (victoire 1-0), il était même en passe de devenir quasi indésirable aux yeux des supporters de Manchester United.
Peut-être que le soleil de l’Andalousie et le football de Juan Lopetegui feront du bien à l'attaquant de 26 ans, après six saisons et demie dans le brouillard mancunien. Autopsie d’une semi-torpeur qui n'a que trop duré, pour celui que certains décrivaient comme le nouveau Thierry Henry.
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Une arrivée flamboyante

Anthony Martial arrive à l’été 2015 en Angleterre. En cette dernière journée de mercato estival, Manchester United cherche un numéro 9 à tout prix (littéralement) et dégaine le chéquier à la dernière minute. Les Anglais déboursent 80M€ (50 + 30 de bonus) pour arracher un gamin qui compte 11 buts en Ligue 1 avec Monaco.
Preuve, s’il en fallait une, de la démesure des attentes autour de ce petit prince du Rocher, une clause assez particulière est incluse dans son contrat. Si le Français se retrouve dans la liste des trois finalistes du Ballon d’Or, United devra verser un bonus de 10M€ au club de la principauté.

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Des sommes qui ne font pas rougir Anthony Martial. Pour son premier match, il est lancé dans le grand bain par Louis van Gaal, à domicile face à Liverpool. Quelques minutes lui suffisent à faire danser Martin Skrtel et enrouler une frappe dans le petit filet de Simon Mignolet. Un but à la Thierry Henry, qui ne manque pas de faire fleurir les comparaisons.
Si bien que l’ancien Gunner finit par l’encenser un mois plus tard : “Ce que j’aime chez lui, c'est son calme. Il semble qu’il ne soit pas impressionné, il ne se soucie pas de ce que les gens disent, des attentes, de l’environnement où il joue. [...] Quand il arrive devant le but, il agit comme un attaquant qui joue depuis six-sept ans”.

Difficulté à se créer un statut

Il boucle cette première saison avec 11 buts pour 31 matches en Premier League, plus qu’honorable pour un joueur de 21 ans, débarqué outre-Manche sur le tard. Mais le natif de Massy peine à confirmer et à évoluer, que ce soit dans la participation au jeu ou dans les statistiques. Les deux exercices suivants, il totalise 4 et 9 buts en championnat.
Le plus frustrant reste l’espoir qu’il suscite. De retour en forme par touches, il donne régulièrement l’espoir de voir arriver le moment de son éclosion au plus haut niveau. A tort. Seule saison vraiment aboutie, l’exercice 2019/2020 avec 17 réalisations en Premier League. C’est d’ailleurs cette année-là que Manchester United fait le choix de prolonger son contrat. La saison suivante, il retombe à 4 pions seulement.

Anthony Martial warms up ahead of the Carabao Cup Third Round match between Manchester United and West Ham United at Old Trafford on September 22, 2021 in Manchester, England.

Crédit: Getty Images

Pas de quoi gagner un statut d'intouchable au sein d’un club mythique comme Manchester United. Que ce soit dans le vestiaire ou auprès des supporters. Même s’il conserve un certain temps de jeu, il dispute toujours au moins 20 matches de championnat chaque saison. Faute de constance, il n’est pas considéré comme un cadre de l’attaque.

L’extra-sportif n’a pas aidé

Dès son arrivée, les dirigeants ne lui donnent pas tous les gages de confiance et de respect que pourrait attendre un joueur issu d’un tel transfert. En témoigne une anecdote, lors de l’arrivée de Zlatan Ibrahimovic chez les Red Devils en 2016.
Alors qu’Anthony Martial a travaillé son image et dépensé en marketing pour monter sa marque “AM9”, le géant suédois débarque et United lui donne le numéro 9, changeant celui du Français pour le 11, sans lui demander son avis. Un choix qui irrité le joueur formé à Lyon. Il choisit tout de même de publier les visuels sur ses réseaux sociaux et d’unfollow son club sur Twitter. Pas les meilleures bases pour mettre en confiance un jeune joueur arrivé un an plus tôt.

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Ses déboires extra-sportifs n’ont pas aidé Martial à obtenir plus de reconnaissance au sein du club, ni auprès des supporters et amateurs de football. Encore moins à avoir les idées claires sur le terrain. Entre la fuite de ses infidélités en 2018, la publication de messages explicites échangés avec son ex-femme sur les réseaux sociaux et les passes d’armes publiques entre son ex et sa compagne actuelle depuis 2015, il n’a rien épargné à son image.

Une déception en Angleterre comme en France

Les attentes ont été grandes en France également. Non pas que l’Hexagone compte des millions de fans des Red Devils. Mais plutôt parce que Martial a incarné, avant Kingsley Coman et Ousmane Dembélé, la possibilité d’un vent de jeunesse pour l’attaque des Bleus. Parfois appelé, parfois non, selon les fluctuations de ses performances, le résultat on le connaît.
Doublé successivement dans la hiérarchie des attaquants par Valbuena, Payet, Dembélé, Coman, Griezmann, Lemar, Mbappé, et même Thauvin par moments, il totalise aujourd’hui 30 sélections pour deux buts. Symbole de son échec en Bleu, le deuxième match de poule de l’Euro 2016 face à l’Albanie. Un match abordable pour l’équipe de France, Didier Deschamps choisit d’aligner ses jeunes pousses Coman et Martial sur les ailes de son 4-2-3-1. Une rencontre à oublier pour les deux attaquants, encore plus pour le Mancunien. Fantomatique, il est remplacé à la mi-temps. C’est finalement Antoine Griezmann qui débloque la situation de la tête à la 90e minute.

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Inconstant en club et souvent entre deux eaux en sélection, Anthony Martial voit se présenter une belle chance de rebondir avec le FC Séville. Les Andalous manquent d’un profil de buteur, d’un attaquant capable de scorer régulièrement. Si ce n’est plus arrivé au Français depuis un moment, Monchi, le directeur sportif sévillan, ne s’y est pas mépris. À 26 ans, l’ancien monégasque est loin d’être fini et pourrait se relancer. A la fin de son prêt il lui restera deux ans de contrat avec Manchester, mais pour quoi faire ? Cette pige espagnole arrive à point nommé pour, peut-être, redessiner la suite de sa carrière.
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