Départ de Jürgen Klopp - Remplacer l'irremplaçable ? C'est impossible et pourtant, Liverpool n'a pas le choix

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Liverpool va s'attaquer dans les mois qui viennent à une mission impossible : remplacer l'homme de ses plus beaux succès depuis des lustres, celui qui a reconstruit le mythe, dépoussiéré les Reds et créé une nouvelle identité autour du club séculaire. Parce que personne n'est éternel et qu'il faut nécessairement, un jour ou l'autre, couper le cordon, d'autres ont déjà essayé. Bon courage aux Reds.

Pourquoi Klopp quitte Liverpool : "Annoncer son départ cinq mois avant l'échéance, ça interroge"

Video credit: Eurosport

"Ta personnalité inspire le club dans toutes ses composantes." Ce jour-là, Alex Ferguson est réveillé à 3h30 du matin. Mais il n'en veut pas à celui qui a eu l'outrecuidance de raccourcir sa nuit. Alors, même avec des heures de sommeil en moins, Sir Alex rend hommage à Jürgen Klopp, trop excité par le titre de champion qu'il vient de rafler avec Liverpool et incapable d'attendre pour partager sa joie avec l'un de ses mentors. "Jürgen, fantastique, confie alors Ferguson sur Sky Sports. Liverpool, qui a dû attendre 30 ans pour être champion, c'est incroyable. Tu le mérites vraiment. Le niveau de performance de ton équipe était remarquable. Et je te pardonne de m'avoir réveillé à 3h30 du matin pour me dire que vous aviez gagné le championnat."
Ces deux-là parlent le même langage parce qu'ils sont de la même espèce. Celle des coaches qui ont changé le destin d'un club séculaire. Pas seulement parce qu'ils ont gagné des titres à la pelle mais aussi, et surtout, comme le dit Ferguson, parce que leurs personnalités ont inspiré leurs clubs dans toutes leurs composantes. MU, c'était Ferguson. Liverpool, c'est Klopp. Voilà pourquoi aujourd'hui le défi qui s'élève devant les Reds est immense. Ils doivent simplement réussir l'impossible en remplaçant l'irremplaçable. D'autres clubs avant Liverpool ont coupé le cordon avec des entraîneurs installés depuis toujours ou presque, des hommes qui avaient façonné le club et l'équipe à leur image. Leur départ a toujours été une catastrophe. Aujourd'hui, Liverpool, c'est le cœur, l'énergie et le gegenpressing. Et demain ?
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Jürgen Klopp (FC Liverpool)

Crédit: Getty Images

En Angleterre, Alex Ferguson, 27 ans de banc à Manchester United, et d'Arsène Wenger, 22 ans à Arsenal, ont, eux aussi, bâti un empire durant de longues années. Voilà onze ans que Sir Alex a quitté les Red Devils et ceux-ci ne s'en sont toujours pas remis. Il a quitté la scène sur un titre de champion, le dernier du club, et ouvert le champ à un vaste désastre qui dure depuis plus d'une décennie. Les entraîneurs se sont succédé, tout a été essayé : des sommités (Mourinho, Van Gaal), des légendes du club (Solskjaer, Giggs) ou des techniciens en vogue (Ten Hag), personne n'a redressé le navire et MU a subi un sévère déclassement qui n'en finit plus. L'héritage est trop lourd, l'absence encore trop présente.
"Dans le football, il s'agit de gagner des trophées. Après ce que Sir Alex a fait avec Manchester United, il est très difficile de bien faire avec Manchester United", expliquait encore Erik ten Hag en novembre dernier. Thomas Tuchel, qui a entraîné Chelsea, va plus loin. Avant d'affronter MU en Ligue des champions à l'automne dernier, il avait une explication claire sur la chute des Red Devils : "J'ai l'impression qu'à United, il y a toujours beaucoup de bruit, beaucoup de consultants au Royaume-Uni sont d'anciens joueurs. L'héritage de Sir Alex crée beaucoup de pression et d'attentes". Parce qu'il est irremplaçable à Manchester, Ferguson n'a pas réussi à être remplacé.
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Ferguson et Wenger

Crédit: Getty Images

Xabi Alonso comme Arteta ?

Il a fallu beaucoup de patience et de temps à Arsenal pour trouver un successeur digne d'Arsène Wenger. Et encore, si Mikel Arteta fait aujourd'hui l'unanimité, il n'a finalement gagné qu'une Cup depuis 2019 et il lui a fallu deux grosses saisons pour qu'on le laisse en paix. Contrairement à celui de Ferguson, le mandat d'Arsène Wenger a trop traîné en longueur et les Gunners se sont enlisés en même temps que leur technicien, qui courait après sa gloire passée. La transition avec Unai Emery fut complètement ratée. La Ligue des champions s'est même échappée durant cinq saisons, ce qui avait longtemps semblé inimaginable sous le règne de Wenger. Voilà désormais 20 ans qu'Arenal court derrière un titre de champion.
Mais Arteta a fini par trouver la lumière, sans doute parce qu'il regroupait deux qualités indispensables pour assumer l'héritage et le dépasser : il fut un soldat de Wenger mais s'est nourri aussi d'autres influences, celle de Pep Guardiola par exemple, qui lui ont permis de digérer cet héritage et d'aller au-delà. A Liverpool, un homme pourrait accomplir le même miracle. Xabi Alonso n'a pas connu Klopp mais reste une figure essentielle de Liverpool au XXIe siècle. Mais lui aussi a beaucoup voyagé et s'est inspiré des meilleurs, au Real Madrid ou au Bayern Munich. Suffisant pour assumer l'héritage de Klopp s'il venait à lui succéder ? Bon courage tout de même…
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