Il suffit de se souvenir du statut d'Eduardo Camavinga à l'automne 2020 pour saisir toute la fragilité d'un destin international. Les Bleus se sont qualifiés pour la Coupe du monde 2022 et, à un an de l'échéance, le groupe est encore ouvert aux audacieux. En octobre 2020, le jeune Rennais incarnait le présent et l'avenir après trois premières sélections réussies. Huit mois plus tard, après une saison ratée, il regardait l'Euro de son salon. Les 23 de novembre 2021 ne seront évidemment pas ceux de novembre 2022.
D'autant que pour la première fois de l'histoire, un an sépare la fin de la phase qualificative du début de la compétition. Les candidats au Qatar auront trois rassemblements et huit matches pour convaincre Didier Deschamps entre mars et septembre. Là où, d'habitude, seul le mois mars sert de séance de rattrapage. Le groupe s'est déjà copieusement rafraîchi depuis l'Euro, et bien sûr, la Coupe du monde. Ils ne sont plus que neuf incontournables champions du monde (Lloris, Pavard, Varane, Kimpembe, Lucas Hernandez, Kanté, Pogba, Mbappé, Griezmann) auxquels on peut désormais ajouter Mike Maignan, Adrien Rabiot, Kingsley Coman et Karim Benzema.

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Encore 7 places à prendre

De nouveaux visages sont apparus à la rentrée et parmi eux, trois ont particulièrement convaincu : Jules Koundé, Théo Hernandez et Aurélien Tchouaméni. S'il fallait aujourd'hui déterminer une équipe-type, les deux premiers cités auraient sans doute leur place au coup d'envoi et ils sont les grands gagnants du passage au 3-4-3. Il reste donc sept places à distribuer même si les spectaculaires méformes, et l'exemple de Camavinga est particulièrement parlant, les mauvais choix de carrière ou les blessures pourraient encore ouvrir la liste finale.

Theo Hernandez

Crédit: Getty Images

Il y a tous ceux qui n'ont pas encore totalement convaincus (Benoît Costil, Alphonse Aréola, Léo Dubois, Dayot Upamecano, Kurt Zouma, Lucas Digne, Wissam Ben Yedder, Anthony Martial), ceux qui ont vu leur statut se dégrader (Clément Lenglet, Corentin Tolisso, Thomas Lemar, Olivier Giroud), ceux qui manquent de fiabilité (Ousmane Dembélé) et les petits nouveaux encore verts (Moussa Diaby, Mattéo Guendouzi, Jordan Veretout, Nordi Mukiele). Ils forment une zone grise, un entre-deux où naviguent une grosse vingtaine de joueurs dont certains n'ont plus été appelés depuis quelques mois (Marcus Thuram, Ferland Mendy, Houssem Aouar, Jonathan Ikoné ou… Eduardo Camavinga).
Mais les largesses du calendrier et l'interminable année qui s'annonce ouvrent surtout le champ des possibles à ceux qui n'ont jamais mis les pieds chez les A. Si par définition, il n'est jamais facile de distinguer celui qui va renverser la table et forcer son destin, cinq profils semblent aujourd'hui se détacher après avoir identifier les besoins de ces Bleus.
  • Pierre Kalulu, à droite, c'est ouvert
Même si Kinglsey Coman a convaincu en piston droit, cette aile droite de la défense reste le poste faible. Un homme pourrait débarquer dans l'année. Pierre Kalulu gagne de plus en plus de temps de jeu à l'AC Milan et Davide Calabria, le titulaire du poste, vient de se blesser pour un mois. Très heureux de ses débuts, Milan lui fait confiance. A 21 ans, l'ancien Lyonnais, qui a déjà joué en Ligue des champions contrairement au Lensois Jonathan Clauss, apporte des garanties des deux côtés du terrain même s'il n'a pas de référence au poste de piston. Mais s'il gagne en épaisseur à Milan, le défenseur droit des Espoirs pourrait vite grignoter son retard sur Léo Dubois.

Pierre Kalulu, buteur avec Milan

Crédit: Getty Images

  • William Saliba et Ibrahima Konaté, deux candidats pour la défense à trois
C'est mathématique : en passant à une défense à trois centraux, Didier Deschamps a besoin de plus de ressources à ce poste. Derrière Raphaël Varane, Presnel Kimpembe voire Jules Koundé, tout reste ouvert. Aujourd'hui, Dayot Upamecano et Kurt Zouma ont un peu d'avance mais deux hommes sont à la porte des A. D'abord William Saliba, auteur d'un début de saison canon à Marseille. Rayonnant depuis ses débuts chez les professionnels à l'ASSE, il évolue désormais dans un contexte brûlant auquel Didier Deschamps est particulièrement sensible. A Liverpool, Ibrahima Konaté se frotte lui au plus haut niveau. Il n'a débuté que trois matches de Premier League cette saison mais fut titulaire lors de deux des trois dernières sorties des Reds. S'il continue d'enchaîner, les portes de l'équipe de France finiront par s'ouvrir.

Saliba lors d'OM-PSG

Crédit: Imago

  • Christopher Nkunku, l'évidence
Avec onze buts et sept passes décisives, l'ancien Parisien casse tout avec Leipzig. Il est aujourd'hui l'un des attaquants français les plus efficaces de la saison et Wissam Ben Yedder aura bien du mal à lutter si l'année de Nkunku se poursuit sur de telles hauteurs. D'autant que, lui, joue la Ligue des champions. Parmi tous ceux qui n'ont jamais joué avec les A, c'est Nkunku qui en semble le plus proche en ce mois de novembre. S'il fallait miser sur un petit nouveau à Doha, vous aurez compris sur quel nom se porterait notre choix.

Christopher Nkunku

Crédit: Getty Images

  • Amine Gouiri, la vraie doublure de Benzema ?
Derrière Kylian Mbappé, Antoine Griezmann et Karim Benzema, personne ne se détache. De Martial à Diaby, les profils sont nombreux. Les déceptions aussi. Deschamps pourrait être tenté d'essayer Amine Gouiri. Le Niçois épouse parfaitement les contours du costume de doublure de Benzema, avec lequel il partage le profil d'attaquant complet, et sa constance en Ligue 1 va bien finir par convaincre le sélectionneur. Reste une limite : il n'a jamais joué au très haut niveau international. Si Nice finit l'année sur le podium, Gouiri pourrait bien filer au Qatar en novembre prochain.

Amine Gouiri avec l'équipe de France espoirs, ici contre la Macédoine du Nord au Mans, le 2 septembre 2021

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