"La page est tournée"

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Sortis de la course à l'Euro 2007, les Espoirs repartent prématurément en campagne de qualifications vendredi à Brest contre la Roumanie. La France repart avec un groupe jeune et inexpérimenté que le sélectionneur René Girard annonce pourtant "fringant et

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RENE GIRARD, dans quel état avez-vous récupéré vos joueurs ?
R.G. : Je les ai trouvés bien. Ce n'est pas la fatigue physique qui me gênait le plus mais j'appréhendais plus la fatigue psychologique. En début de semaine, je leur ai donc filé un coup de booster pour tous les remettre dans le vif du sujet. La plupart sont dans une dynamique positive avec leur club, sauf Payet puisque Nantes a eu une saison difficile.
Pourtant plusieurs sont sollicités en clubs et ce ne doit pas être facile de composer avec cela...
R.G. : J'ai fait la tournée des popotes depuis un mois et demi. Cette période, je l'ai vécue en tant que joueur alors je peux l'anticiper. Ce n'est pas facile à gérer, pour les joueurs et pour moi. Ils doivent être avec nous. Certains ont besoin d'avoir des gens autour d'eux. Je pense qu'ils peuvent régler leurs problèmes avant ou après le rassemblement. Je sais qu'une bonne demi-douzaine sera sur le grill.
L'élimination d'octobre contre Israël a-t-elle été digérée ?
R.G. : La page est tournée. Dans le malheur, notre chance c'est que les cadres ont été renouvelés. On ne peut pas toujours être à l'arrivée et se lamenter. On repart fringants, pour faire un truc.
Dans l'optique de l'Euro2009, les matches de préparation vous ont-ils permis de voir plus clair ?
R.G. : On a tiré les enseignements de ce qui s'est passé lors de la double confrontation contre le Danemark (3-1) puis la Norvège (0-1). Dans le contenu, on n'était pas si mal que ça, mais contre une équipe qui ne joue pas on a eu du mal. Revenir au score, on n'était pas habitués à cette situation. Car on avait toujours été efficaces et là on était moins percutants (contre la Norvège, ndlr). De temps en temps, un petit rappel à l'ordre fait du bien".
Alors que votre équipe redémarre un cycle, le match contre la Roumanie est déjà un choc...
R.G. : Ce qui m'a gêné, c'est de jouer en juin. Dans la logique des choses, on aurait dû attaquer en septembre, après avoir eu cinq ou six matches pour trouver l'osmose, mais bon... Avec la Bosnie, ce sont les deux équipes qui peuvent poser des problèmes. Les Gallois aussi ne sont pas à négliger car eux, ils ne se posent pas de questions: ils peuvent être vulnérables ou intenables.
A quoi vous attendez-vous justement de la part de la Roumanie ?
R.G. : Contre eux, il faudra être humbles. J'ai pu les observer sur cassette. C'est un adversaire coriace, dont le football ne nous est pas si inconnu que ça. En plus du Nantais Keserü, ils ont beaucoup de bons techniciens. C'est une équipe qui aime bien toucher le ballon et subir. Je ne pense pas qu'ils voudront nous donner la leçon".
Côté Bleuets, impossible d'échapper au jeu des comparaisons de générations...
R.G. : Celle-ci, il faut la laisser grandir. La précédente était partie de loin puisque beaucoup n'étaient pas titulaires en clubs au début. Les 86 et 87 ont été champions d'Europe chez les plus jeunes donc ils ont de la qualité. Il faut simplement utiliser leur valeur individuelle pour la mettre au service du collectif".
Leur leader naturel, le Milanais Gourcuff, est-il déçu de n'avoir pas encore été appelé chez les A ?
R.G. : Il doit réagir positivement. Il n'a pas l'air si mal que ça. Sa saison n'est pas blanche du tout et on pouvait craindre qu'il ne joue moins. Il revient dans sa région, il a vu son père. Ce sont des petits détails sympas. Il a choisi la difficulté pour progresser mais le métier entre. Il doit réagir positivement car s'il se laisse aller, il est mort. Les Espoirs peuvent lui permettre de relancer la machine. Il a faim.
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