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Un arrière-goût de Mondial, un avant-goût d'Euro

Un arrière-goût de Mondial, un avant-goût d'Euro

Le 15/10/2019 à 23:34Mis à jour Le 16/10/2019 à 11:12

QUALIFICATIONS EURO 2020 – Les deux matches en Islande (0-1) et face à la Turquie (1-1) ont rapproché les Bleus de ce qu’ils proposent en compétition internationale. Ce double rendez-vous est un parfait avant-goût de l’Euro pour rappeler ce qui fonctionne toujours et mettre le doigt sur les limites actuelles des champions du monde.

Ce n’était pas vraiment une tornade mais une petite brise rafraîchissante. Elle avait accompagné la rentrée des Bleus en septembre bien entretenue par les envolées des ouragans Kingsley Coman et Jonathan Ikoné. Un mois plus tard, tout s’est resserré. Parce que l’Islande et la Turquie représentent les deux principales menaces dans le groupe H. Et ce qu’on a vu en cette semaine internationale se rapproche déjà des Bleus du mois de juin et juillet en compétition internationale.

Moins d’envolées, moins d’audace. Blaise Matuidi, en Islande, et Moussa Sissoko face à la Turquie, ont rappelé que rien n’était plus important que l’équilibre pour Didier Deschamps. Rien de neuf sous le soleil mais un simple rappel à l’ordre.

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Rien de nouveau, vraiment ? Les deux rassemblements de septembre et octobre ont tout de même dessiné deux vraies nouveautés à huit mois de l’Euro :

1. Une charnière reconstruite autour de Raphaël Varane et Clément Lenglet. Le premier reste la référence et a vu un nouveau partenaire déboulé après Mamadou Sakho, Laurent Koscielny et Samuel Umtiti. Solide, sobre, serein et efficace dans la relance, Lenglet semble s’être installé pour de bon. S’il ne faut jamais insulter l’avenir, celui des Bleus à moyen terme s’écrira autour de ce duo.

2. L’évidence Kingsley Coman. Aucun Bleu n’a fait plus de différences que le bolide de Munich depuis la rentrée internationale. S’il n’a pas étoffé ses statistiques en octobre, sa relation technique avec Lucas Hernandez et Antoine Griezmann a semé de sacrées promesses. Que ce soit à gauche ou à droite, on voit mal comment Didier Deschamps pourrait s’en passer à l’avenir. Il faudra sans doute repenser le quatuor offensif avec le retour de Kylian Mbappé. Même si la titularisation des deux dragsters va forcément se heurter aux principes de Didier Deschamps. Démarrer l’Euro avec Giroud, Griezmann, Mbappé et Coman ? Tentant sur le papier, difficilement envisageable pour le sélectionneur.

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Retour des vieilles recettes

Voilà pour la nouveauté. Mais l’Islande et la Turquie ont surtout remis au goût du jour les vieilles recettes : personne n’est plus précieux qu’Olivier Giroud en pointe de l’équipe de France, Antoine Griezmann reste le patron incontestable et le cerveau de cette équipe de France. Deux évidences qui ne le sont pas toujours. Et les mêmes débats reviendront en novembre, si les deux hommes continuent de piocher à Londres et Barcelone, à la faveur d’une amnésie collective qui épargnera, n’en doutons pas, Didier Deschamps.

Corentin Tolisso, Blaise Matuidi et Moussa Sissoko ont beau, chacun à leur manière, offrir un gros volume de jeu, ils n’ont pas réussi à faire oublier N’Golo Kanté et Paul Pogba lors de ce rassemblement. Leurs retours face à la Moldavie et l'Albanie seront les bienvenus. Les Bleus s’en étaient sortis indemnes en septembre mais plus l’adversité monte, plus leurs absences coûtent cher. L’Islande et la Turquie sont un avant-goût de ce qui se passera selon toute vraisemblance en juin prochain. Une répétition générale qui appuie là où ça fait mal et rappelle que la marge de manœuvre est mince. Surtout sans la colonne vertébrale de Moscou (Lloris, Kanté, Pogba, Mbappé). Le réservoir semblait inépuisable en septembre, il a montré ses limites un mois plus tard et le onze russe (plus Lenglet, moins Umtiti) a encore de beaux jours devant lui.

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Pas de filet au milieu et marge réduite

Le Mondial avait été traversé avec une réussite offensive parfois insolente et les Bleus auront bien du mal à supporter une baisse de rendement dans ce secteur précis sous peine de voir leur marge sur la concurrence réduite à néant. "Il faut faire attention à ces petits détails car c'est ce qui peut te mettre dehors dans un Euro ou une Coupe du monde", a prévenu Antoine Griezmann après la rencontre regrettant autant la saute de concentration sur le but turc que les occasions ratées. 44 tirs en deux matches, c’est beaucoup, deux buts, c’est très peu. L’ADN des Bleus est plus proche des copies rendues cette semaine et il ne fallait pas s’habituer à la tornade de septembre et à son orgie de buts. Ou vous risquez d’être déçu l’été prochain.

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