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L'étoile a pâli

L'étoile a pâli

Le 12/06/2019 à 14:59Mis à jour Le 12/06/2019 à 15:00

QUALIFICATIONS EURO 2020 - Un an après son sacre, l’équipe de France a rencontré d’inattendues turbulences. En une saison, les champions du monde ont constaté les limites de leur réservoir. Jusqu’ici, rien ne presse mais certains résultats agissent comme des piqûres de rappel.

"La responsabilité est le prix à payer du succès". Il y a toujours une bonne raison d'écouter Winston Churchill, les mots sages du Vieux Lion auraient dû raisonner aux oreilles des Bleus depuis le 15 juillet dernier. Il n'en fut rien. Une saison après son sacre mondial, l'équipe de France n'a pas été tout à fait digne de son sacre du Loujniki. Les champions du monde ont navigué entre le très bon et le ridicule offrant un spectre très large que ne supporte désormais plus leur rang.

Ils ont raté plus d'un quart de leurs onze sorties avec, par ordre d’incommodité : un crash monumental en Turquie (2-0), un nul miraculeux arraché face à une faible Islande (2-2) et un revers incontestable aux Pays-Bas (2-0). Jusqu'ici, aucune raison de s'inquiéter outre mesure, l'essentiel a été préservé grâce à un mois de mars maîtrisé et flamboyant (Moldavie 1-4, Islande 4-0). La qualification est toujours à portée de crampons. Mais partager le leadership de sa poule après quatre journées reste une vraie contre-performance pour des Bleus qui auraient dû piétiner une concurrence très docile.

L'équipe de France a sombré en Turquie

L'équipe de France a sombré en TurquieGetty Images

Aucune nouvelle tête ne dépasse

La France en est là parce qu'elle n'a pas su surmonter les problèmes qui se sont présentés à elle en onze mois. Le premier d'entre eux, le renouvellement de son groupe. La plupart des Mondialistes, en particulier les remplaçants de Russie, ont raté leur saison. Didier Deschamps a mis du temps à renouveler son casting, les chevaliers de la Légion d'Honneur sont longtemps restés dans le rang pour service rendu à la Nation. Il a fallu que l'année 2018 se termine pour observer un vrai turnover. Ces dix mois ont affaibli, à des degrés divers, la place dans le groupe de Steve Mandanda, Adil Rami, Djibril Sidibé, Benjamin Mendy, Steven Nzonzi et Nabil Fekir.

Paradoxalement, en cette fin de saison, aucune nouvelle tête ne dépasse. Séduisant lors de ses premières sorties à l'automne, Tanguy Ndombélé a marqué le pas depuis. Lucas Digne a proposé une alternative crédible à Lucas Hernandez au printemps mais a sombré en Turquie. En dix mois, c'est un fossé qui s'est creusé entre les titulaires de l'été dernier et ceux qui essaient de leur chiper la place. Et ce n'est pas le résultat décroché sur la pelouse d'Andorre ce mardi (0-4) qui change profondément le constat. Oui, Florian Thauvin, Léo Dubois ou Kurt Zouma ont bien fini l'année mais la grande faiblesse de l'opposition ne permet pas d'en tirer des conclusions pour la suite.

Tanguy Ndombele (France) face à l'Uruguay

Tanguy Ndombele (France) face à l'UruguayGetty Images

Aujourd'hui, même les absents (Lucas Hernandez) sont tranquillement assis sur leurs certitudes. Et c'est sans doute la plus grande menace qui plane sur ce groupe : l'absence de challenger crédible aux places dans le onze. Parce que nous l'avons vu en Turquie, quand les Pogba, Griezmann ou Varane ont un gigantesque coup de pompe, Deschamps n'a pas de plan B efficace.

Matuidi, la rustine s'use

Voilà qui l'oblige à rester dans son schéma russe. Or ce qui a marché entre Kazan et Moscou n'est pas forcément exportable aux quatre coins de l'Europe. Blaise Matuidi fut une sacrée rustine, un point d'équilibre essentiel l'an dernier sur son côté gauche. En 2019, cette aile apparaît sinistrée face à des équipes (Moldavie, Islande, Turquie) recroquevillées et le Turinois a touché ses limites à ce poste. Les entrées de Kingsley Coman et la titularisation de Thomas Lemar face à la Bolivie offrent plus que des alternatives. Mais ce n'est pas tant leurs prouesses sous le maillot bleu que la solution Matuidi bancale à long terme qui doit pousser le sélectionneur à installer autre chose.

Pour le reste, cette saison a confirmé que Giroud n'avait pas de prétendant sérieux dans l'axe, que Mbappé va devoir encore patienter sur son aile, que Griezmann reste le patron de cette génération et Pogba le parfait baromètre de cette équipe. Les Bleus sont toujours plus à l'aise face à des équipes joueuses (l'Allemagne à l'automne) mais savent aussi faire exploser des blocs bas (Islande, Moldavie, Andorre) et l'équilibre de cette équipe ne tient que si chacun fait l'effort pour l'autre. En un an, rien n'a vraiment changé. Après tout, pourquoi en devrait-il être autrement quand on est champion du monde ? "Pour s'améliorer, il faut changer. Donc pour être parfait, il faut avoir changé souvent", disait aussi Churchill.

Turkey's defender Kaan Ayhan (R) vies with France's Midfielder Blaise Matuidi during the Euro 2020 football qualification match between Turkey and France at the Buyuksehir Belediyesi stadium in Konya, on June 7, 2019. (Photo by Bulent Kilic / AFP) (Photo

Turkey's defender Kaan Ayhan (R) vies with France's Midfielder Blaise Matuidi during the Euro 2020 football qualification match between Turkey and France at the Buyuksehir Belediyesi stadium in Konya, on June 7, 2019. (Photo by Bulent Kilic / AFP) (PhotoGetty Images

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