les joueurs de Copenhague ne font plus peur

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Dépossédé du titre de champion du Danemark, pour la quatrième fois seulement en douze éditions, Copenhague a perdu de sa superbe.

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23 mai 2012, coup de tonnerre au Danemark. Pour la quatrième fois seulement sur les douze dernières éditions, le titre de champion échappe au FC Copenhague. Cela a beau ne pas être la première fois, les supporters du FCK n’en reviennent pas. Leur équipe semblait si forte, tellement au-dessus des concurrents que le coup est terrible. Quelques mois plus tard, Copenhague s’est repris grâce à l’affaiblissement de ses adversaires, mais, intrinsèquement, n’offre guère plus de certitudes avant d’affronter Lille. Petit point sur un lion en pleine sieste digestive.
L’inexorable exode
Bien qu’il soit le plus grand club actuel de Scandinavie, le FC Copenhague n’échappe pas à la saignée chaque année. À chaque intersaison, de nombreux clubs viennent au self-service scandinave et demandent du rab. La faute à une puissance financière limitée et à un niveau de jeu lui aussi largement inférieur à certains voisins européens, à commencer par l’Eredivisie, terre d’accueil des Danois en quête de gloire médiatique et salariale.
En l’espace de deux saisons, le FCK a perdu l’équivalent de toute une équipe avec des joueurs de grand talent comme les quatre défenseurs Pospech, Antonsson, Zanka et Wendt, les milieux Kvist, Nørregaard, Hutchinson et Grønkjaer, ainsi que les attaquants Ailton, N’Doye et Zohore. C’est évidemment beaucoup. Beaucoup trop puisque parmi ces joueurs, beaucoup étaient des leaders techniques mais aussi dans le vestiaire, élément qui manque cruellement en ce moment.
Même avec ces départ, on ne peut pas parler d’exploit après la deuxième place de l’année passée car l’effectif des Lions reste en quantité et en qualité le meilleur de la Superliga. Mais une mauvaise surprise n’est jamais très loin quand un tel turn-over est mis en place.
Une saison 2011-2012 très décevante
La surprise s’appelle donc le FC Nordsjaelland. Un club dont le nom est composé de sa position géographique : le Sjaelland est une région et Farum, la ville qui accueille le club, est située dans le Nord de cette région. D’où Nordsjaelland. Un peu comme si en France on avait le "OuestBretagne" pour Brest. Bref, ce club au nom bizarre s’est permis le luxe de devancer l’ultra-favori de la saison, et de belle manière.
Copenhague n’a rien vu venir, le club était tranquillement en tête du championnat avant de s’écrouler sur la fin, deux défaites, deux nuls et deux victoires sur les six dernières journées, dont une défaite préjudiciable face à … Nordsjaelland.
Il y a plusieurs raisons à cet échec. Le premier, et il a été évoqué ci-dessus, c’est le départ de nombreux cadres (Kvist, Antonsson, Wendt, Pospech, Grønkjaer). Le second est la N’Doye dépendance. L’attaquant sénégalais a sauvé le club à de nombreuses reprises et les autres joueurs se sont trop reposés sur lui. Il y a ensuite eu un manque clair d’ailiers de talent capables d’apporter le danger, et le milieu est composé de trop de joueurs irréguliers.
Et il y a eu la crise en coulisse avec le licenciement du Suédois Roland Nilsson, pourtant excellent entraîneur, appréciant le travail avec les jeunes joueurs, champion d’Allsvenskan avec Malmö en 2010. Le Suédois a été viré car il n’a pas atteint la phase de groupes de la Ligue des Champions (défaite contre Plzen en playoff) alors qu’il obtenait de bons résultats en Superliga.
Pour prendre la suite… le directeur sportif Carsten Vagn Jensen a nommé… "lui-même" à la tête de l’équipe. Autant par souci d’économie (il cumulait les deux postes, Copenhague a eu quelques soucis financiers), que par égocentrisme. Un réel fiasco qui l’a conduit à retourner dans son bureau au Parken (siège du club) et laisser le poste vacant.
Det lille København
"Le petit Copenhague" dans le texte. Rien à voir avec Lille qui sera pourtant son adversaire mardi soir, mais simple constatation de son effectif. Le FC Copenhague a certainement l’un des groupes les moins talentueux de ces dernières années. Il a perdu son serial buteur Dame N’Doye mais a certes récupéré un entraîneur compétent, le belge Ariël Jacobs, champion avec Anderlecht en 2012.
L’effectif est encore conséquent en nombre (beaucoup de joueurs sous contrat, postes doublés) mais il manque de créativité et de régularité. La défense n’est vraiment pas rassurante et l’axe islandais Sigurdsson-Ottesen est régulièrement montré du doigt pour ses boulettes (mauvaises anticipations notamment). À droite, Lars Jacobsen n’est plus le même que celui de 2007 qui avalait le côté droit sans problème, alors qu’à gauche, Bryan Oviedo, l’une des rares satisfactions, pourrait bien quitter le club entre le match aller et retour car il est très courtisé.
Le milieu est intéressant mais irrégulier : Vingaard et Delaney sont régulièrement blessés, le brésilien Claudemir régresse depuis des semaines alors qu’il avait tout pour exploser, seul Kristensen est à la hauteur. Sur les côtés, le jeune Nicolai Jørgensen (prêté par Leverkusen) fait énormément de bien et se montre très décisif. De l’autre côté, Bolanos enchaîne les bonnes et mauvaises performances.
Enfin, devant, César Santin et le jeune Andreas Cornelius (19 ans, formé au club) forment un duo très intéressant même si le Brésilien pourrait lui aussi quitter le navire avant la fin du mercato. Très puissant, le gaucher Cornelius est encore juste techniquement et auteur de quelques approximations mais il excelle dos au but et en remise. À ses côtés, Santin prend la profondeur, tourne parfois autour de lui, et ce duo a déjà marqué 9 buts en six matchs de championnat danois.
D’ailleurs, le début de championnat est plutôt bon mais ceci s’explique aussi avec l’affaiblissement des adversaires : Nordsjaelland a perdu Bjelland (Twente), Mikkelsen (Fürth) sans oublier Nielsen parti l’hiver dernier (Pescara) tandis que Brøndby est en crise depuis des années, et l’OB a mal négocié sa bonne période de résultats.
À quoi peuvent s’attendre les Lillois ? Des longs ballons. Beaucoup. Encore plus qu’à l’époque Gravgaard-Hangeland-Allbäck. Le jeu très axial l’année passée passe plus sur les ailes grâce à l’arrivée de Jørgensen et à Ariël Jacobs qui insiste sur ce point. La défense n’est pas des plus rapides et le milieu manque de puissance et de créativité. L’équipe excelle en contre-attaque car plusieurs joueurs sont capables de faire la différence une fois lancés et il faut faire très attention sur les coups de pieds arrêtés. C’est un peu cliché mais le FCK (FC København en danois) a toujours aimé cette phase de jeu et a toujours eu les joueurs pour faire la différence.
Les Danois ne voudront pas hypothéquer leurs chances dès le match aller, en espérant ne pas se retrouver sous l’eau rapidement, dans le port de Copenhague, aux côtés de la petite sirène…
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