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L'Ukraine, son champion, son Euro
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Publié 26/10/2012 à 10:37 GMT+2
A quelques semaines de son Euro, l'Ukraine a encore de nombreux problèmes à régler, selon notre expert Loïc Tregoures. A commencer par sa sélection, mais aussi hors terrain, au niveau de son organisation et de la politique nationale.
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Parlons d'Ukraine, avant l'Euro, et de son championnat lointain. Une fois n'est pas coutume, un suspense relatif a égayé la fin de la saison, puisqu'à deux journées de la fin, le Dinamo Kiev et le Shakhtar Donetsk, double tenant du titre, étaient à égalité de point. C'était avant que le Dinamo ne se saborde sur la pelouse de Luhansk, chez la modeste équipe de Zoria. Un match nul et vierge tandis que le Shakhtar devait jouer une grosse partie chez la troisième équipe qui monte en Ukraine, le Metalist Kharkov.
Bien que rapidement menés au score, les Oranges mécaniques sont revenus grâce à deux buts de leurs Brésiliens, Adriano et Fernandinho, leur offrant la possibilité de conclure une semaine plus tard à domicile contre la lanterne rouge déjà reléguée, Olexandria (tiens, comme Montpellier). Un match remporté sans trembler 3-0 qui a permis au Shakhtar de faire un deuxième doublé consécutif, après une finale de coupe acquise lors d'une finale-derby contre le Metalurg Donetsk.
Lors du dernier match, Yevhen Seleznov a inscrit le dernier but de son équipe, son quatorzième de la saison en championnat, faisant de lui le meilleur buteur de la Ligue. Pas mal pour un joueur qui doit faire face à la très forte concurrence des Brésiliens en attaque. D'ailleurs, sur la dernière feuille de match établie par Lucescu, il y avait presque autant de Brésiliens (7) que d'Ukrainiens (8). Pas étonnant, alors, que ce soit le Dinamo Kiev qui fournisse, avec neuf éléments, le plus gros contingent de joueurs sélectionnés par la légende Oleg Blokhine pour disputer l'Euro à domicile. La Shakhtar en place tout de même six, c'est-à-dire les cinq titulaires du dernier match en l'absence de Chygrynskiy, blessé, ainsi que Taras Stepanenko.
Au-delà du foot, d'autres menaces
Mais le vrai problème de cette sélection demeure le poste de gardien de but avec les graves blessures de Shovkovskiy et Dykan, qui ne laissent que le seul Pyatov comme gardien avec un peu d'expérience. Ajouté à l'absence de Chygrynskiy, cela risque de poser problème, dès le premier match contre la Suède d'Ibrahimovic. Un match capital puisqu'une victoire permettrait aux Ukrainiens d'avoir déjà un pied en quarts de finale, et ne pas connaître l'affront d'être éliminé au premier tour d'une compétition que l'on accueille. Une issue d'autant plus humiliante qu'elle n'offrirait pas la porte de sortie espérée pour Andriy Shevchenko, 35 ans, qui disputera sa dernière grande compétition, accompagné de Voronin et Milevskiy en attaque.
En attendant, l'Ukraine doit faire face en urgence à deux autres problèmes bien plus graves. Le premier concerne la sévère mise en accusation de Michel Platini concernant les voleurs et les mafieux qui tentent de profiter de l'Euro pour multiplier par dix les prix des hôtels, et des taxis, au risque de repousser tous les supporters d'Europe, et de faire de cette compétition un gouffre financier pour les autorités. Le second problème est relatif aux demandes de boycott qui se multiplient partout dans l'Union Européenne de la partie de la compétition qui aura lieu en Ukraine, en raison des conditions, tant de jugement que de détention de l'ancienne Premier ministre Ioulia Timoshenko.
Moins d'un mois avant le début du tournoi, aucun de ces deux problèmes n'est réglé, et si l'on ajoute le très grand risque lié aux hooligans en Pologne avec un groupe A particulièrement "savoureux" de ce point de vue (Pologne, Russie, République Tchèque, Grèce), ainsi que tous les retards accumulés par les deux pays ces trois dernières années, on peut craindre qu'à l'avenir, plus aucun pays ou groupe de pays de l'Est ne jouisse plus de la confiance de l'UEFA pour l'organisation d'un tel événement, quand bien même ce sont eux qui ont fait l'élection de Michel Platini. Heureusement que la Roumanie est venue rassurer tout le monde sur ce point, avec l’organisation optimale et saluée par tous, de la dernière finale de l’Euopa League 100% espagnole. Elle aurait d’ailleurs rapporté quelques 10 millions d’euros de devises sur trois jours grâce aux touristes-supporters espagnols.
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