Est-ce le contre-effet Cristiano Ronaldo ? La Juventus s'est allégée durant l'été en lâchant son Portugais avec son salaire mirobolant pour des raisons essentiellement économiques. Elle s'est aussi rajeunie en laissant partir le joueur de 36 ans. Et pourtant, elle a pris un sérieux coup de vieux ces derniers mois. A tel point qu'elle est méconnaissable dans ce début de saison italien, même pour ses plus fidèles suiveurs. Si le départ de CR7 a peut-être contribué à cette situation, il n'est pas la seule explication des maux d'une équipe turinoise en plein doute. Et scotchée dans les profondeurs du classement, à une 18e place indigne de son statut !
Ce n'est pas la véritable Juve, cela ne peut pas l'être
Leur bilan est catastrophique. Il n'y a pas d'autres mots. Après quatre journées de championnat, les Bianconeri sont toujours en quête de leur première victoire. C'est seulement la quatrième fois de leur histoire que cela leur arrive à ce stade de l'épreuve, la première depuis soixante ans ! Pire peut-être quand on connaît l'ADN du club : la Juve reste sur une série de 18 matches sans parvenir à garder sa cage inviolée, à trois unités de son record historique (ndlr : 21 en 1955). Le mal est donc profond. Et ne date pas seulement de cette saison.
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Depuis le coup d'envoi de cet exercice, le problème est cependant encore plus criant. "Ce qu'on a vu jusqu'ici, ce n'est pas la véritable Juve, cela ne peut pas l'être", avait résumé Leonardo Bonucci la semaine passée avant de commencer la C1. Un constat qui tient encore. Et le match de dimanche face à l'AC Milan l'a encore illustré : après une première période intéressante, les Turinois se sont contentés de jouer bas avant de se faire punir (1-1). Encore une fois. Pour la troisième fois en quatre matches, la formation du Piémont, toujours en quête d'un but après la pause cette saison, a encore cédé après avoir ouvert le score.

Comment l'expliquer ?

Les raisons de cette fébrilité inhabituelle sont bien sûr multiples. Les erreurs personnelles contribuent par exemple à ce début de saison manqué. Mais alors que la Juve affiche régulièrement une incapacité à construire collectivement, c'est aussi et peut-être surtout une question de mental et d'état d'esprit. "Cela passe par ces 15 dernières minutes où il faut comprendre que vous devez être méchants, cela fait partie de l’apprentissage chez certains joueurs", s'est agacé l'entraîneur Massimiliano Allegri après le nul contre Milan. "Ici, on joue pour gagner le championnat. Et pour remporter un championnat, ce genre de match ne doit pas se terminer par un match nul".
Revenu aux affaires cet été pour solder le pari manqué Andrea Pirlo, Allegri se retrouve d'ailleurs dans le viseur de certains. Déjà ! S'il a régulièrement été pointé du doigt dans le passé pour son jeu trop frileux et pragmatique, les résultats plaidaient pour lui. Aujourd'hui, ce n'est pour le moment pas le cas. Dans la Botte, on s'interroge alors sur certaines de ses décisions, comme le fait de laisser Matthijs de Ligt sur le banc au coup d'envoi contre Naples et Milan ou encore de limiter les minutes de Dejan Kulusevski. Et son discours "offensif" fait aussi jaser.
Dès sa première conférence de presse pour son retour, l'entraîneur bianconero à l'accent toscan avait par exemple mis un tacle à Leonardo Bonucci : "Leonardo est parti à Milan (à l'été 2017, ndlr) puis il est revenu. S'il veut le brassard, il peut aller en acheter un et jouer avec dans la rue." Et dimanche, c'est sa petite phrase sur son choix d'avoir lancé Federico Chiesa à la 72e qui a fait couler de l'encre : "Sur les changements, je me suis trompé. À ce moment du match, j’aurais dû mettre des joueurs plus défensifs", a-t-il glissé avant de lancer : "J'avais besoin de lui pour amener le ballon dans le camp adverse. Il doit grandir et prendre conscience de ce qu'il peut faire car nous sommes à la Juventus". Une saillie surprenante au sujet d'un joueur comme Chiesa.

Allegri, le bon choix ?

Connu pour pouvoir être piquant avec ses joueurs tout en étant assez autoritaire dans la gestion de ses groupes mais aussi pour avoir une foi sans limite dans le résultat avant l'esthétique, Massimiliano Allegri peut actuellement donner l'impression de se caricaturer lui-même. Or des doutes existent sur sa capacité à relever le défi que lui a proposé la Juve. Aujourd'hui, il n'est plus à la tête d'une formation de sénateurs, rodés aux joutes de la Serie A et capables de maîtriser un match ou leurs émotions.
Si le board turinois est allé le chercher et lui a offert des pouvoirs élargis mais aussi un long contrat, c'est pour mener à bien son nouveau projet, marqué par des investissements sur des jeunes à fort potentiel. Il doit les aider à progresser tout en gagnant. Mais une question demeure : la philosophie pragmatique et le style de l'ancien entraîneur qui a permis à la Juve d'écraser le football italien avec cinq titres de championne mais aussi quatre Coupes d'Italie et deux Supercoupes sont-ils compatibles avec cette "opération jeunes" ? Pour le moment, cela ne saute pas aux yeux. Pour le moment… Car il faut lui laisser du temps, ce qui ne ressemble pas vraiment à la Juve là non plus.
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