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Liverpool, le pari risqué de la stabilité

Liverpool, le pari risqué de la stabilité

Le 13/08/2019 à 22:15

SUPERCOUPE D'EUROPE - Champion d'Europe en titre, Liverpool a brillé par sa discrétion sur le marché des transferts cet été. Les Reds ont choisi de miser sur la stabilité d'un groupe qui a prouvé sa qualité et sa compétitivité la saison passée. Avec les risques que cela implique.

Sepp van der Berg. Ce nom ne vous dit probablement pas grand-chose. Mais le défenseur central néerlandais de 17 ans est un symbole. L'exception qui confirme une règle dans le mercato de Liverpool. Son seul achat. Les Reds ont investi 1,9 millions d'euros pour s'attacher les services de l'ancien joueur de PEC Zwolle. Une somme qui correspond donc au montant total des dépenses du club anglais sur le marché des transferts cet été. Moins de deux millions d'euros déboursés pour renforcer un champion d'Europe en titre, c'est forcément surprenant.

Le contraste avec l'été 2018 est saisissant. Il y a un an, Liverpool était l'un des principaux animateurs du mercato. Les Reds n'avaient pas lésiné sur les moyens pour densifier leur effectif. Ils avaient déboursé plus de 180 millions d'euros pour attirer Alisson, Naby Keita, Fabinho et Xherdan Shaqiri sur les bords de la Mersey. Chelsea était alors le seul club anglais qui avait investi davantage que Liverpool sur le marché des transferts avec 210 millions d'euros dépensés. Cet été, les Reds ont été les moins dépensiers en Premier League. Leur mercato, c'est surtout l'éloge de la stabilité.

Un choix assumé

Le changement de stratégie est radical. Il est justifié par la qualité du groupe des Reds. L'effectif de Liverpool a largement fait ses preuves sur la durée la saison passée, en rivalisant jusqu'au bout avec Manchester City pour le sacre en Premier League avant de décrocher le premier titre de champion d'Europe du club depuis 2005. Et si la formation de Jürgen Klopp n'a pas enregistré de renfort (van der Berg évoluera avec les U23), c'est aussi parce qu'elle n'a pas eu de départ majeur à compenser. Celui de Simon Mignolet, pallié par l'arrivée d'Adrian, est là aussi l'exception qui confirme la règle.

Jürgen Klopp et Adrian, lors de Liverpool-Norwich

Jürgen Klopp et Adrian, lors de Liverpool-NorwichGetty Images

Le choix est assumé. Les dirigeants de Liverpool ont estimé que l'amélioration de l'effectif de Liverpool ne passait pas par des transferts. "Il n'y avait pas de solution sur le marché pour nous permettre de résoudre les problèmes que nous rencontrerons cette saison, c'est la vérité, a expliqué Klopp avant la défaite aux tirs au but face à Manchester City lors du Community Shield (1-1, 5-4 t.a.b.). Nous devons affronter ces problèmes, trouver des solutions en interne, à l'entraînement et continuer à aller de l'avant. C'est ce que nous essaierons de faire."

Une présaison délicate

Des problèmes qui ont déjà fait surface. Plusieurs joueurs de Liverpool ont été sollicités cet été lors de la CAN ou de la Copa America, dont quatre titulaires indiscutables de Klopp : Alisson, Sadio Mané, Roberto Firmino et Mohamed Salah. "On a été privé de six joueurs majeurs durant la présaison, c'est un peu délicat", a concédé l'entraîneur des Reds. Pour ne rien arranger, Alisson s'est blessé dès le match d'ouverture en championnat face à Norwich (4-1), laissant Adrian comme seule solution crédible au poste de gardien. Sans parler de l'impact du Brésilien sur les résultats des Reds l'an passé.

La stratégie de Liverpool n'est pas sans risque. Elle pose déjà un problème quantitatif. Même si les postes sont globalement tous doublés à Liverpool. Même si Klopp dispose de plusieurs éléments polyvalents pour procéder aux ajustements nécessaires en cas de pépin. L'effectif des Reds n'est cependant pas aussi fourni que celui de son principal rival pour le titre, Manchester City. Dans un championnat aussi exigeant que la Premier League, Liverpool paraît sensiblement moins bien armé que la formation de Josep Guardiola. Et dépendant des blessures qui émaillent toujours une saison.

L'exemple Tottenham

Le cas d'Alisson en est l'illustration. La double illustration même car la stratégie du club de la Mersey sur le mercato pose aussi un problème qualitatif. La réussite des Reds passe par des individualités essentielles dans l'équipe de Klopp. Le portier brésilien, décisif sur le sacre européen de Liverpool, en est une. Virgil van Dijk en est une autre. Joel Matip, Dejan Lovren ou Joe Gomez ne présentent pas les mêmes garanties en cas de souci avec le Néerlandais. Bien sûr, certains "réservistes" sont capables de se sublimer. Divock Origi l'a prouvé en Ligue des champions la saison passée.

Klopp comptera encore la capacité de ses hommes à se surpasser. Il est même condamné à cela. Liverpool n'a rien dépensé en misant sur la stabilité, mais ce pari a un prix. Il peut néanmoins s'avérer payant. Tottenham l'a confirmé en signant l'une des saisons les plus abouties de son histoire sans avoir recruté l'été dernier. L'alchimie d'un groupe reste la base du succès. Elle a poussé Liverpool jusqu'au toit de l'Europe. Elle sera encore son salut à l'aube d'une saison où les Reds ont misé sur la sagesse pour assouvir les plus grandes ambitions.

Vidéo - Liverpool - Klopp : "Mon équipe ne doute pas"

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