C’est un refrain communément chanté le 1er février de chaque année. Inutile, le mercato d’hiver n’est qu’un marché de seconde zone où des joueurs démonétisés cherchent simplement à se relancer. Des prêts à gogo, des transferts au rabais pour compléter les lignes…. Voilà ce à quoi nous a longtemps habitué le mercato. En somme, un mercato d’ajustement, seulement destiné à mettre des pansements de court-terme sur des effectifs en difficulté.
Mais ça, c’était avant. Car ce mercato 2018, s’il n’a rien révolutionné sur le fond, a confirmé qu’il était désormais au cœur de la stratégie des clubs. Bien plus qu’avant. Et que, janvier ou juillet, rien ne changeait réellement pour certains : une affaire est une affaire, quelle que soit la saison.

Des recrues XXL

Transferts
Aubameyang, Giroud, Batshuayi : les gagnants et les perdants d'un coup de billard à trois bandes
01/02/2018 À 08:04
Il suffit de se pencher sur les grands mouvements de ce mois de janvier : Philippe Coutinho au Barça, l’échange Alexis Sanchez-Henrikh Mkhitaryan, Pierre-Emerick Aubameyang chez les Gunners, Aymeric Laporte avec le City de Guardiola, Virgil Van Dijk chez les Reds ou Olivier Giroud chez les Blues. Comparé au mercato 2017, les noms sont plus ronflants. Et d’un autre calibre que les Payet, Oscar ou Schneiderlin qui avaient été les animateurs du mois de janvier 2017.
Et, forcément, les sommes ont suivi. Comme une confirmation d’un mercato d’été annonciateur de la tendance, les montants dépensés cet hiver ont encore passé un cap. 160 millions pour Coutinho, près de 80 pour van Dijk : des sommes devenues "normales" en période de mercato. Mais des chèques d’un tel montant étaient surtout signés en été. Pas cette fois-ci.
Souvenez-vous de l’hiver 2011 où le transfert de Fernando Torres à Chelsea pour 58,5 millions d’euros marquait un coup de Trafalgar et devait rester pendant de longues années le transfert le plus marquant d’un mercato d’hiver. Et bien sachez qu’après ce mercato 2018, Fernando Torres n’est plus que le 7e joueur le plus cher d’un mercato hivernal. Le top 5 ? Uniquement des transferts de 2018.
Et, dans ce flot de dépenses, la lucrative Premier League n’a pas failli à sa réputation : 492 millions d’euros claqués. Record évidemment. Et de très loin… En 2017, les clubs anglais n’avaient investi "que" 246 millions.

Corriger l’été... mais avec de la qualité

On vous voit venir. Oui, de nombreux transferts réalisés cet hiver ne sont que des suites logiques de ce qu’il s’est passé cet été. Le transfert de Coutinho à cet égard est le plus symbolique : si le Barça n’a pu boucler l’opération avant la fin août, il est rapidement revenu à la charge. Même idée pour Diego Costa dont le transfert est officiel dans les instances espagnoles depuis le 1er janvier mais entériné depuis septembre dernier.
Mais c’est aussi la logique primaire du mercato d’hiver : renforcer de manière ciblée son effectif. Alors qu’auparavant on était sur une rustine d’appoint, les pansements sont clairement d’un autre niveau cette fois-ci. Liverpool n’a pas réussi à obtenir un défenseur central de talent cet été ? Pas de problème, Virgil Van Dijk débarque. City cherche défenseur pour compléter sa base arrière ? Plutôt que de miser sur un quatrième choix, 65 patates sont posées sur Laporte.

Si Laporte a rejoint City, c'est pour progresser avec Guardiola

En Ligue 1, on prépare l’avenir

Et la Ligue 1 dans tout ça ? En volume, elle est restée tranquille. Peu de mouvements sauf à Saint-Etienne où le mauvais début de saison et l’été catastrophique des Verts a laissé place à un marché so 2013 pour tenter de relancer des joueurs confirmés en fin de course ailleurs (Subotic, M’Vila, N’tep, Debuchy). Bordeaux n’a pas été en reste et a utilisé la fenêtre de tir pour offrir davantage de choix à son nouvel entraîneur.
A l’OM, on est resté calme même si un attaquant aurait pu aider tandis qu’au PSG, l’arrivée Lassana Diarra a comblé un trou tandis que le départ de Lucas aura permis au club parisien d’avancer sur le dossier du fair-play financier. Quant à Monaco, ils ont encore réussi une plus-value impressionnante sur Carrillo tout en mettant 25 millions d’euros sur le jeune Pellegri, promis à un grand avenir.
Mais c’est finalement à Lyon que le mercato d’hiver aura été le plus intéressant. Car c’est déjà celui d’été qui a commencé. C’est d’ailleurs une tendance qui risque encore de grandir dans les années qui viennent : pour s’éviter des batailles immenses en été, l’OL s’est penché très rapidement sur Martin Terrier et Léo Dubois pour des signatures cet hiver mais des arrivées effectives en juillet. Gouverner, c’est prévoir.
Florian Maurice et Jean-Michel Aulas l’ont compris en utilisant la fenêtre légale non pas pour corriger l’effectif mais pour déjà construire celui de l’année prochaine. Bien plus qu’un simple ajustement. Comme ce mercato hivernal, presque devenu désormais incontournable.
Transferts
Morel rejoint Rennes
16/07/2019 À 20:43
Transferts
Pourquoi le 6 est devenu une espèce rare ? "C'est le numéro 10 que l'on recherchait avant"
15/07/2019 À 14:26