Etre libre n'est pas forcément une aubaine : "Certains joueurs se retrouvent à devoir accepter moins"

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TRANSFERTS – Les joueurs libres ont souvent l'opportunité de faire des bonnes opérations pour signer un nouveau contrat. Mais ça, c'était surtout vrai avant même si cela demeure réel pour les stars du ballon rond. Comme nous l'explique Laurent Schmitt, agent sportif, la situation actuelle n'est pas vraiment idéale pour tous les joueurs libres. Car la crise est passée par là.

Younes Belhanda viré par Galatasaray pour avoir critiqué le club.

Crédit: Getty Images

Être libre sur le marché des transferts est souvent considéré comme une situation alléchante. Notamment pour les joueurs. Les clubs peuvent en effet être amenés à accepter de nombreuses concessions pour attirer un nouvel élément sans payer d'indemnité de transfert. "Pour séduire les joueurs libres, des clubs sont tentés d'utiliser une partie de l'argent qu'ils auraient dû consacrer au club vendeur en cas de transfert", nous confirme Pierre Rondeau, économiste. Cependant, il ne faut pas s'arrêter aux situations les plus médiatisées. Car la planète football ne tourne pas qu'avec des stars comme Memphis Depay, Gianluigi Donnarumma ou Sergio Ramos. Et dans la situation actuelle, ce n'est pas forcément idéal pour tout le monde d'être sans contrat.
Alors que le monde du ballon rond a été touché de plein fouet par la crise liée à la pandémie du Covid-19, tous les joueurs ne sont pas forcément en position de force s'ils sont libres. "Dans la conjoncture actuelle, c'est certes un avantage car certains clubs n'ont pas les moyens de faire de gros transferts et les joueurs libres deviennent alors prioritaires", nous explique Laurent Schmitt, agent sportif. "Le souci, c'est qu'il y en a beaucoup. Et certains joueurs n'ont pas encore intégré que la conjoncture ne permet pas d'obtenir les mêmes conditions qu'avant".

Le cas de Younès Belhanda en dit long sur le marché

Pour les stars, ce n'est bien sûr pas forcément un souci. "Il faut considérer que cette catégorie de joueurs n'est pas touchée. Ils sont toujours en position de force car ils ont toujours un marché qu'importe la crise", résume Laurent Schmitt. Mais pour d'autres, l'histoire peut être bien différente. "Certains joueurs s'étaient dit il y a deux ans : 'Je ne prolonge pas pour aller au bout du contrat'. Et ils se retrouvent à devoir accepter moins que ce qu'ils avaient car la crise est passée par là. Une crise générale en Europe et qui est double en France avec l'affaire des droits TV", constate encore notre expert du marché. Confrontés à la crise et des finances dans le rouge, les clubs sont plus prudents. Et donc moins à même de tout accepter, même pour un joueur sans contrat.
Le cas de Younès Belhanda, qui est libre après avoir rompu son contrat à Galatasaray, l'illustre bien. Alors que le milieu de terrain international marocain était évoqué proche d'un retour à Montpellier, le club héraultais a préféré stopper les négociations en attendant de passer devant la DNCG début juillet. Malgré l'intérêt sportif de récupérer un tel joueur. "Montpellier a dû renoncer il y a quelques jours à Younes Belhanda, qui voulait pourtant venir et avait consenti des efforts. Or c'est un club très bien géré avec une situation financière stable. Malgré cela, les dirigeants montpelliérains ont préféré faire machine arrière car ils n'avaient pas de visibilité", ajoute Laurent Schmitt.
Cet exemple en dit long sur la situation des clubs français. Et la réalité actuelle du marché, où la concurrence peut être plus rude que prévue. "Pour ne rien arranger, il y a aussi beaucoup de joueurs laissés libres par leur club en raison des conditions économiques. Et ça fait une concurrence en plus pour les joueurs qui étaient déjà en fin de contrat", remarque encore Laurent Schmitt. En clair, on est loin de la situation idyllique pour certains joueurs, qui rêvaient il y a encore quelques mois d'être en position de force pour signer un joli nouveau contrat. Mais la crise est passée par là.
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Video credit: Eurosport

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