Ligue 1 | Renato Sanches, histoires d'un corps perdu au Paris Saint-Germain et aux quatre coins de l'Europe

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Il appartient encore au Paris Saint-Germain. Mais au sein du club champion d'Europe, comme dans toutes les autres écuries où il est passé, personne n'a trouvé les causes des blessures à répétitions subies par Renato Sanches. Au SL Benfica, où il a été prêté la saison dernière, un petit espoir est né, juste avant la Coupe du monde des clubs. Mais il est très fragile.

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C'était il y a neuf ans, déjà. Une vie à l'échelle d'une carrière de joueur de football. Une éternité pour celle de Renato Sanches. Car celui qui s'était révélé au monde, alors qu'il n'avait que 18 ans, lors d'un Euro 2016 où il fut l'élément le plus spectaculaire d'un collectif portugais qui avait misé sur d'autres atouts, n'est aujourd'hui plus qu'un souvenir. Un joueur qui se cherche lui-même, dont les rêves de grandeur ne pèsent plus rien, et dont le seul objectif est de pouvoir, simplement, exercer son métier.
Depuis cette fameuse compétition et son départ, dans la foulée, pour le grand Bayern Munich, Renato a affolé les compteurs, mais pas ceux auxquels on pense habituellement. Plus d'une trentaine de blessures, environ 170 matches manqués et près de 1000 jours à l'écart des terrains, sans compter les nombreuses semaines de réathlétisation et de travail invisible nécessaires pour tenter, à chaque fois, de redevenir un joueur normal.
Le milieu portugais est un cas quasi unique. Des très grands talents gâchés, il y en a eu beaucoup. Et parmi eux, nombreux sont ceux qui n'avaient pas mesuré l'importance de prendre soin de leur outil de travail - leur corps - pour atteindre le niveau qui leur était promis. Mais tous ceux qui ont suivi le phénomène formé au Benfica, que nous avons régulièrement interrogés ces dernières années, l'assurent : Sanches a très vite saisi l'intérêt d'une hygiène de vie saine.
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Aujourd'hui, alors qu'il devait être, à 27 ans, au pic de sa carrière, aucun staff médical n'a percé le mystère. Pas même ceux qui comptent pourtant parmi les plus performants d'Europe. "Renato est toujours exposé au risque de blessures et c'est difficile à comprendre, résumait José Mourinho à l'époque où il était son entraîneur à la Roma. Ils n'ont pas compris pourquoi au Bayern, ils n'ont pas compris pourquoi au PSG et maintenant, c'est à notre tour d'essayer." En vain.

Problèmes de masse musculaire et de... dentition

À Munich, une première hypothèse avait été émise : le joueur avait supposément développé une masse musculaire trop importante pour son âge, avant la fin de sa croissance. Un très haut taux de testostérone, mêlé à son héritage génétique, en auraient été à l'origine. Le tout aurait créé des fragilités musculaires et ligamentaires sur toute la moitié inférieure de son corps. Sans que tout cela soit corroboré par différentes analyses médicales.
Une très grande partie des blessures subies par Sanches a effectivement touché ses cuisses, ses ischios, ses genoux et ses adducteurs. À Rome, le club a lui soupçonné des problèmes liés à sa mâchoire, et trouvé un lien de causalité entre des poussées dentaires et certains de ses pépins musculaires. Cette thèse avait suscité curiosité et espoir jusqu'au sein du staff médical parisien.
Ces dernières années, plusieurs sujets, dont l'ancien Monégasque Gelson Martins, avaient obtenu des résultats encourageants après traitement de dents diagnostiquées enflammées. Pour l'ancien Golden Boy, l'espoir n'avait été que de courtes durées. Moins de deux mois après son arrivée en capitale italienne, le Lisboète s'était claqué la cuisse. Résultat : 45 jours à l'infirmerie.
Quelqu'un m'a sûrement jeté un sort
En début d'année, après une nouvelle moitié de saison largement perturbée par les soucis physiques, cette fois-ci à Lisbonne, le joueur avait passé du temps avec Joaquin Juan, un physiothérapeute espagnol qui avait notamment accompagné Cristiano Ronaldo à l'Euro 2016. Le spécialiste, contacté par Jorge Mendes, est notamment réputé pour ses connaissances sur la régénération plasmatique. Encore raté.
En avril dernier, Renato Sanches a contracté une nouvelle blessure à la cuisse gauche et manqué près de deux mois de compétition. Les passages à l'infirmerie se sont empilés sans que l'on sache, désormais, à quel point les nombreux déséquilibres causés par certaines lésions entraînent d'autres blessures.
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Sans que l'on connaisse, non plus, le rôle du cercle vicieux sur le plan psychologique : lors de son passage à la Roma, des caméras de télévision avaient capté une discussion qu'il avait eue avec Jonathan Ikoné, à la mi-temps d'un match face à la Fiorentina. Son ancien coéquipier à Lille était venu l'interroger sur des douleurs qu’il avait ressenties lors de la première période. "Je ne sais pas, avait répondu Sanches. Quelqu'un m'a sûrement jeté un sort."

Le collagène comme nouvel espoir

Alors que le joueur appartient toujours au Paris Saint-Germain, qui devrait sans douter continuer à l'envoyer en prêt jusqu'à la fin de son contrat, en juin 2027, un dernier espoir existe. Lors de ses toutes dernières semaines au SL Benfica, où il avait été envoyé la saison dernière, le staff lisboète a émis l'hypothèse qu'un déficit en collagène, une protéine produite par l'organisme, pourrait être la cause de tous ses maux, selon Record.
Un traitement de supplémentation aurait même déjà produit des effets. A la Coupe du monde des clubs, le milieu relayeur a disputé les trois rencontres de la phase de groupes, pour 168 minutes de jeu, soit seulement 25 de moins que sur l'ensemble de sa saison en championnat... De quoi remettre un peu d'optimisme autour de l'international lusitanien, et donner envie au club lisboète de retenter sa chance. Même si tout cela paraît bien fragile.
"Scientifiquement, l'intérêt d'une supplémentation en collagène dans le cadre d'une prévention des blessures n'a jamais été prouvé, nous assure Fabrice Michel, ancien médecin en chef de l'AS Monaco. Si certains joueurs prennent du collagène et se sentent mieux, tant mieux. Mais aujourd'hui, dans les études scientifiques, il peut y avoir jusqu'à 30% d'effet placebo. L'impact psychologique est énorme." La solution miracle n'est donc pas encore trouvée. Le superbe joueur qu'était Renato Sanches il y a près de dix ans, non plus.
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