André Villas-Boas a pris l'habitude de répéter sa petite chanson avant chacune des conférences de presse qui précèdent un choc face au Paris Saint-Germain. Pourtant, "Le milliard et demi d'euros d'investissements" séparant le club de la capitale version QSI de son rival phocéen est un leitmotiv qui ne reflète peut-être pas toute la pensée du Portugais. Dès le début de sa carrière de coach, AVB a pu constater, de lui-même, que l'argent ne faisait pas tout. Qu'il n'achetait surtout pas les idées, essentielles d'un point de vue économique. Et sportif.

Mais sur le terrain, il y a bien longtemps que l'OM semble en manquer. Le constat a encore sauté aux yeux samedi dernier, lorsque le club phocéen est rentré bredouille ou presque d'un déplacement à Dijon (0-0) dans le cadre de la 19e journée de Ligue 1.

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En réalité, il a fait son petit bonhomme de chemin dès le début de la saison, avant même que Florian Thauvin finisse par dire tout haut ce que beaucoup pensaient tout bas, au soir d'un autre match nul face à Reims (1-1). "On a la possession du ballon mais on ne joue que latéralement ou vers l'arrière, confiait le meilleur joueur olympien avant les fêtes, au micro de Téléfoot. On ne prend pas de risque, il n'y a pas assez de mouvements. Il y a trop de choses qui ne vont pas."

Benedetto, presque un faux débat ?

"On ne pouvait pas faire grand-chose parce qu'ils fermaient le jeu, lui avait alors répondu Villas-Boas, qui ne partageait pas l'avis de son joueur. Mais évidemment quand les joueurs clés comme Payet et lui ne trouvent pas les espaces, ils deviennent frustrés."

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Ce manque de créativité renforce pourtant en grande partie l'impression que l'OM ne maîtrise pas tout à fait son sujet. Et qu'il lui sera bien difficile d'être un sérieux candidat au titre malgré sa position (6e à huit points de l'OL) et ses deux matches de retard, ou un adversaire capable de poser des problèmes au Paris Saint-Germain lors du Trophée des champions ce mercredi (21h00).

Le sujet est central puisqu'il est au coeur des différentes problématiques rencontrées par le technicien phocéen. À commencer par l'efficacité de son attaquant, Dario Benedetto, largement remise en cause ces dernières semaines. La part de responsabilité du buteur argentin existe mais elle est aussi partagée : l'équipe phocéenne abreuve beaucoup moins sa pointe en ballons exploitables.

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Depuis le début de la saison, elle ne délivre en moyenne que huit passes clés - passes amenant une occasion de but - par match. Douze équipes de Ligue 1 font mieux dans ce domaine. La saison dernière, l'OM y était le meilleur des autres derrière le Paris Saint-Germain.

Ni Payet ni les autres

Ces maux sont aussi et surtout liés au manque d'impact de certaines individualités dont le rôle est justement de trouver des brèches. Voilà pourquoi Villas-Boas tente par tous les moyens de relancer Dimitri Payet, et ne cesse de répéter que l'OM "a besoin de lui à un top niveau". Dans sa meilleure forme, l'international français est capable de transfigurer le jeu de son équipe par la passe, le dribble ou ses déplacements naturels de la gauche vers l'axe.

Jusqu'ici, les solutions alternatives n'ont pas été franchement convaincantes. Parfois aligné au poste de meneur de jeu, Mickaël Cuisance y a souvent manqué d'ambition. Pape Gueye et Valentin Rongier sont beaucoup plus à l'aise dans un registre de relayeur, même si l'ancien Havrais progresse dans le jeu vers l'avant. Morgan Sanson, blessé, n'a plus joué depuis le 12 décembre dernier.

Dimitri Payet au milieu des joueurs de Reims

Crédit: Getty Images

Et pour surprendre une nouvelle fois le Paris Saint-Germain, quatre mois après sa victoire au Parc, pas sûr que l'agressivité et l'intensité suffisent cette fois-ci : "Il faut qu'on gagne en profondeur", a justement souligné Villas-Boas lundi. Comment les Marseillais pourraient y parvenir ? C'est encore un mystère. "Tu ne peux pas acheter la créativité à la pharmacie" disait le Portugais en novembre 2019. Plus d'un an plus tard, elle n'est toujours pas en vente.

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