"Pour être honnête, on ne le connaissait absolument pas". L’histoire de Mauricio Pochettino au PSG commence comme ça : une arrivée discrète, comme l’a raconté Edouard Cissé à L’Equipe. Dans une saison 2000-2001 chaotique, l’Argentin arrive par la petite porte, recruté par Luis Fernandez au mercato d’hiver pour devenir à court terme le patron de la défense parisienne.
Par la petite porte, c’est encore comme ça que Pochettino, devenu capitaine du PSG, quittera le club à l’été 2003, poussé dehors par un Vahid Halilhodžić qui ne veut plus du soldat de "Luis" dans son équipe. Deux ans et demi, voilà le court laps de temps qu’aura joué l’Argentin aux coupes changeantes dans la capitale. Insuffisant pour en faire une légende du club. Mais largement assez pour participer à certaines pages d’or du club parisien.
Notamment face à l’OM. A l’époque, Canal + a réussi à faire du choc le match le plus suivi de l’année. Souci : dans ce duel, Paris vit par procuration. Le dernier fait d’armes parisien ? Avoir privé l’OM du titre un soir de mai 1999 en perdant à domicile face à Bordeaux (2-3), après avoir battu les Phocéens au Parc trois semaines plus tôt, une première depuis 1995. Autrement, le bilan parisien face à l’OM reste léger. Jusqu’à l’époque Pochettino. Car son passage à Paris correspond clairement à une nouvelle ère dans ce duel médiatique.
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Des défaites mais deux récitals : les six duels face à l'OM de Pochettino, le joueur

Octobre 2002 et le rapport de forces s’inverse

En réalité, une date est fondatrice : le 26 octobre 2002. Avant cela, l’Argentin a déjà mordu la poussière face au club phocéen à deux reprises pour un nul. Un bilan qui s’inscrit dans un spectre plus large : c’est simple, depuis 1990, la moitié des confrontations sont tombées dans l’escarcelle marseillaise contre seulement quatre au PSG. On est loin d’un PSG conquérant dans le choc du championnat.
Après octobre 2002 ? Le rapport de forces s’inverse. 10 victoires parisiennes contre seulement six marseillaises sur les vingt confrontations suivantes. La bascule, en somme. Alors, que s’est-il passé ? Ronaldinho, tout simplement.
Le bilan des matches entre l’OM et le PSG depuis 1990 avant octobre 2002 (20 matches) :
  • 10 victoires de l’OM
  • 6 matches nuls
  • 4 victoires du PSG
Le bilan des matches à partir d’octobre 2002 jusqu’en février 2010 (20 matches) :
  • 10 victoires du PSG (dont 7 consécutives entre 2002 et 2004)
  • 4 matches nuls
  • 6 victoires de l’OM
En cette saison 2002-2003, Pochettino a le brassard vissé au bras et mène une équipe parisienne bien moribonde. De cette saison, on ne retient qu’un nom : Ronaldinho. Parce que le Brésilien va vampiriser la saison du PSG. Pour le meilleur, comme lors de ses duels face à l’OM. Mais aussi pour le pire avec ce conflit latent avec Luis Fernandez et ses prestations inégales.
De cette saison, il ne reste donc que deux matches. Les deux plus importants, serait-on tenté d’écrire. Ceux face à l’OM. En octobre 2002, c’est un PSG encore serein qui reçoit les Phocéens l’OM dans un Parc des Princes bouillant. Une affiche de gala où l’astre Ronaldinho va capter toute la lumière.

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Ronaldinho : "J’ai peut-être réalisé mon meilleur match au PSG"

Son doublé (coup franc puis pénalty) met le PSG rapidement à l’abri mais permet surtout une montée en puissance technique ahurissante pour le Brésilien. Sur un de ses célèbres "elastico", Manuel Dos Santos rentre dans la postérité de Youtube, après avoir mordu dans le dribble chaloupé de son bourreau. "J’ai peut-être réalisé mon meilleur match au PSG", raconte Ronnie après coup, conscient d’avoir régalé un Parc acquis à sa cause. Mais aussi un Fernandez conquis : "Ronaldinho a été ce soir un vrai génie, un artiste, il a beaucoup donné. Il a survolé tout le monde et a montré ce que c’est qu’un champion du monde", estime l’entraîneur parisien.
Mais l’OM n’est pas au bout de son calvaire. Au match retour, le Brésilien remet ça. Malgré la tension autour de Luis Fernandez, escorté par des gardes du corps pour entrer sur le terrain. Malgré l’historique qui pèse largement en faveur de Marseille. Et malgré un Daniel Van Buyten bien décidé à ne pas lui laisser d’espace. Deux contres éclairs plus tard, dont une chevauchée légendaire de cinquante mètres conclue par un piqué plein de vista, Ronnie a mis le Vélodrome dans sa poche (0-3). Paris s’impose à Marseille pour la première fois depuis 1988 et ne le doit qu’à un homme : "Pour moi, ce soir-là, c’était Ronaldinho. Juste lui. Rien d’autre", témoignait encore récemment Fabio Celestini.

La joie des Parisiens, dont Mauricio Pochettino et Ronaldinho, après la victoire face à l'OM en octobre 2002

Crédit: AFP

Pochettino joueur ressemblait déjà au manager

Et Pochettino là-dedans ? Par sa grinta et son association avec Gaby Heinze dans l’axe parisien, l’Argentin fixe le degré d’exigence attendu. C’est d’ailleurs l’un des traits de caractère qui ressort le plus lorsque l’on se penche sur le caractère du joueur devenu entraîneur. "Cela faisait longtemps que je n'avais pas vu un tel charisme, mais il ne se la racontait pas, il en imposait simplement, confessait Edouard Cissé à propos de l’Argentin. C'était un capitaine de vestiaire, et c'est la première fois que j'entendais cette expression : il m'avait dit qu'il y avait deux types de capitaines, un pour les supporters, un pour le groupe. C'est mieux évidemment quand c'est le même".
Le constat est similaire pour l’entraîneur : mieux vaut réussir son premier PSG-OM pour se mettre les supporters dans la poche. "Bien sûr, c'est un match très spécial pour Paris et pour moi, rejouer contre Marseille", expliquait-il d’ailleurs samedi. Dans l'affaire, Pochettino peut faire coup double : s’inviter plus rapidement dans les cœurs parisiens mais aussi remporter le premier trophée de sa carrière d’entraîneur, lui dont le palmarès reste désespérément vierge. Lors de son premier passage au club, il était reparti sans le moindre titre. Cette fois-ci, au bout de trois matches, il a l'occasion de faire mieux. Histoire d’être un peu plus reconnu, presque vingt ans après.
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