Zinédine Zidane nouveau sélectionneur de l'équipe de France : et le jeu, dans tout ça ?
Par Julien Pereira
Mis à jour 29/07/2026 à 08:51 GMT+2
On sait à quoi ressemblaient les Bleus version DD, bien malin celui capable d'imaginer ce que sera l'équipe de France version ZZ. Mardi, Zinédine Zidane est resté très vague concernant le projet de jeu qu'il souhaite développer à la tête de l'équipe de France. Mais il a surfé sur le besoin de nouveauté... et une réputation de coach flatteuse.
Zinédine Zidane lors de sa présentation en tant que sélectionneur de l'équipe de France
Crédit: Imago
De notre envoyé spécial au siège de la FFF,
Disons-le d'entrée : nous ne sommes pas plus avancés. Malgré une bonne quarantaine de minutes de conférence de presse, mardi, lors de sa présentation en tant que nouveau sélectionneur de l'équipe de France, Zinédine Zidane n'a rien dit, ou presque, sur les contours de son projet sportif. "Là, on a juste le temps de présenter, mais on aura le temps de reparler de tout ça", a-t-il répondu, d'emblée, à la première question sur le sujet.
Nous ne sommes plus à quelques semaines près ; durant les quatorze années de mandat de Didier Deschamps, il fut parfois difficile d'approfondir ce thème. Dans l'exercice médiatique, l'ancien coach des Bleus était un coutumier des chemins de traverse et sur ce plan, ses choix de communication l'ont sans doute desservi. "DD" a évolué avec l'étiquette de coach "défensif" alors que la réalité fut, longtemps, bien plus complexe et subtile.
Zidane, lui, s'est construit une réputation opposée. Ses trois titres consécutifs en Ligue des champions avec le Real Madrid l'y ont sans doute aidé bien que, là non plus, ses Merengues ne furent pas aussi spectaculaires que ce que cette incroyable série pourrait laisser penser. Son passé de joueur gracieux, son incarnation de meneur de jeu extrêmement créatif, ont évidemment, eux aussi, participé à bâtir cette sorte de mythe.
Au Mondial, Zidane a aimé ce qu'il a vu
Et malgré cinq saisons passées dans l'ombre, à attendre que le job de ses rêves se libère, "Zizou" a continué à surfer dessus. "Ce que je peux vous dire, c'est que je suis animé par le jeu, a-t-il souri face à un auditoire qui n'avait pas franchement besoin de ça pour être conquis. J'étais un numéro 10. Moi, ce qui m'anime, c'est d'aller marquer des buts." On se demande bien quel entraîneur aurait été capable de dire le contraire.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/07/17/image-15592fd9-71e2-4da6-8dad-e6f1c5130328-85-2560-1440.jpeg)
Deschamps aurait-il vraiment pu mieux faire ?
Video credit: Eurosport
Le sujet est évidemment bien plus profond que cela, et Deschamps s'y est cassé les dents en fin d'aventure. Après un Euro 2024 où il a atteint les demi-finales avec une équipe au jeu ultra-minimaliste, il s'est arrêté en demi-finale de Coupe du monde avec une philosophie bien plus enthousiasmante. "Le parcours de l'équipe de France était magnifique, a glissé ZZ lorsqu'il a été interrogé sur la prestation bleue au Mondial. Le jeu pratiqué, magnifique. [...] J'ai pris du plaisir à les voir."
DD, c'est DD. Zizou, c'est Zizou
L'ancien numéro 10 des Bleus va-t-il chercher à poursuivre les travaux de son prédécesseur, achevés sur un non-match face à l'Espagne (2-0) ? "On va faire différent, sincèrement, a-t-il rétorqué. DD, c'est DD. Laurent Blanc, c'était Laurent Blanc. Zizou, c'est Zizou." Punchline. Sourires dans la salle. "Je vais essayer de faire ce que je sais faire, a-t-il poursuivi. Il n'y a pas de rupture, je crois que c'est une continuité. Je veux simplement tout mettre en place pour que l'équipe de France continue à gagner. C'est mon seul objectif."
Voilà pour le cap. Reste donc à connaître le chemin : "Je ne peux pas vous expliquer comment on va gagner, comme ça, en deux mots. Ce que je sais et ce qui est le plus important, c'est qu'on a la matière, car on a des joueurs extraordinaires." Joueurs extraordinaires qui, lorsque Zidane entamera sa première grande compétition à la tête des Bleus, n'auront gagné aucun trophée majeur durant une décennie. Ce qui est à la fois peu à l'échelle du football de sélection, mais aussi beaucoup au regard des attentes générées par ce vivier de talents.
Zidane peut-il importer la réussite espagnole ?
Le seul modèle garantissant plus de succès est celui de l'Espagne et le véritable enjeu de la prise de pouvoir de Zidane concernera sa capacité à s'en inspirer. "Il faut un équilibre d'équipe, c'est forcément le plus important, a-t-il soufflé lors du seul moment où il s'est épanché sur le sujet. Mais ce qui m'anime, c'est le jeu. J'ai vécu 25 ans en Espagne. Vous savez ce que ça veut dire."
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/07/19/image-2829e4ce-e0ec-4ed6-ba6d-0444798f2978-85-2560-1440.jpeg)
"Deschamps ne méritait pas cette bouillie de football en première période"
Video credit: Eurosport
Derrière ce sous-entendu se cache une promesse au moins aussi grande que les limites auxquelles elle risque d'être confrontée. La recette espagnole prend racine dans la formation, sur laquelle Zidane n'aura aucune prise. Et à l'exception de Luis De La Fuente, qui bénéficie de ce terreau, tous les autres sélectionneurs du monde se sont heurtés à l'étroitesse des fenêtres internationales pour ancrer une véritable idée de jeu.
Mais Zidane l'a certifié : il travaille "depuis un petit moment" à la préparation de ses quatre premiers matches à la tête de l'équipe de France qui, cette fois, se dérouleront durant une trêve de trois semaines. "C'est génial pour pouvoir être avec les joueurs et préparer quelque chose", s'est réjoui le nouveau coach des Bleus. Ça paraît court, quand même, pour faire des miracles. Mais s'il existe un homme capable de cela, c'est peut-être lui.
Sur le même sujet
Publicité
Publicité