Grand Prix de Grande-Bretagne 2026 | Charles Leclerc (Ferrari) a acté sa renaissance : "Je n'étais pas devenu un mauvais pilote"
Par Julien Pereira
Mis à jour 06/07/2026 à 09:58 GMT+2
Charles Leclerc revit. Après une longue disette, après une période de crise profonde durant laquelle son coéquipier Lewis Hamilton a brillé, le pilote de la Scuderia a acté son retour au premier plan en remportant le Grand Prix de Grande-Bretagne. Le Monégasque a bâti sa victoire sur des changements qui laissent penser que ce renouveau pourrait durer.
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Video credit: Eurosport
La dernière fois que Charles Leclerc avait remporté un Grand Prix, Donald Trump n'était pas en mesure de passer un coup de fil à Gianni Infantino depuis la Maison Blanche et Paul Seixas était à peine un coureur professionnel. C'était il y a 37 courses, ou 623 jours, et cette attente-là était une anomalie pour un pilote de son statut et de son talent.
Elle a pris fin, dimanche, à Silverstone, là où l'on imaginait bien plus volontiers son coéquipier briller. Ces dernières semaines, les performances de Lewis Hamilton étaient effectivement devenues encombrantes pour le Monégasque. Le septuple champion du monde était (re)devenu un leader, showman spectaculaire et mort de faim, au moment où "Il Principino" plongeait dans une profonde crise de confiance.
On passe du statut de héros à celui de zéro...
Alors qu'il a régulièrement été protégé par la presse italienne, dont l'influence est énorme, le timing de l'annonce de sa prolongation de contrat chez Ferrari, début juin, ne lui avait pas franchement rendu service. "Lorsque les choses deviennent difficiles - ce qui a littéralement été le cas pour moi lors des dernières courses, il y a forcément beaucoup de négativité autour de soi, avec des histoires qui se créent, a-t-il développé en conférence de presse. Ce n'est jamais un environnement agréable pour travailler."
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Charles Leclerc (Ferrari) au Grand Prix de Grande-Bretagne
Crédit: Getty Images
D'autant que le Monégasque n'est pas du genre à se protéger. Ses séances d'auto-flagellation face à la presse ont toujours fait de lui un pilote à part. Mais elles avaient fini par se retourner contre lui. "On essaie de faire abstraction du bruit ambiant autant que possible, a-il expliqué en conférence de presse. J'essaie de ne pas regarder mon téléphone et de me concentrer sur l'essentiel pour garder une vision juste de la situation ; dans ce sport, les choses se disent vite et l'on passe du statut de héros à celui de zéro - et inversement - en l'espace de deux jours à peine".
"Mon objectif était donc simplement d'ignorer ce bruit, de ne rien regarder ni écouter, a-t-il ajouté. Je savais que je n'étais pas devenu un mauvais pilote du jour au lendemain ; il s'agissait simplement de retrouver les bonnes sensations au volant." À Monaco, il avait identifié l'une des causes de ses difficultés, provoquant même une petite crise diplomatique, au sein de son écurie, en remettant en cause la qualité des freins Brembo, l'un des partenaires historiques de Ferrari.
Entre le Sprint et la qualification, Leclerc a trouvé la clé
Le coup de gueule était nécessaire. Depuis, le Monégasque a adopté un système alternatif que l'écurie italienne avait importé pour offrir plus de confort à Hamilton. Après deux nouvelles courses délicates, en Catalogne et en Autriche, Leclerc a entrevu la lumière samedi, entre le Sprint et la qualification, grâce à un changement d'ordre "philosophique" dont il a refusé de donner les détails. Mais qui a entraîné un sacré bond de performance.
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"Quand je parle d'aspect 'philosophique', il s'agit plutôt de petits détails qui correspondent un peu mieux à mon pilotage à un stade précis du virage, a-t-il confié. Ce sont simplement quelques éléments que j'ai repérés dans les données vendredi soir. Je me suis dit : 'OK, c'est peut-être ce qui ne colle pas avec mon style de pilotage.' Nous avons donc modifié ces quelques points [...] et le résultat a été bien meilleur." En course, Leclerc a su contenir le très tranchant Kimi Antonelli durant l'essentiel de la course, poussant même le leader du Championnat à envisager un décalage stratégique, avant que l'Italien paie un incident mécanique.
"J'étais donc très fier du travail accompli pour identifier cela, s'est réjoui le Monégasque. Car ce genre de changement n'est pas toujours évident ou tranché. On ne se contente pas de regarder les données en se disant : 'Bon sang, c'est ça qu'il faut changer.' C'est un mélange d'intuition et de ressenti. Nous avons tenté le coup, et la direction prise s'est avérée très payante pour moi." Au pays du roi Lewis, le Prince Charles a acté sa renaissance.
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