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Ferrari | Arrivée de Lewis Hamilton en 2025 | L'Hamilton-mania embrase l'Italie
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Publié 08/02/2024 à 00:12 GMT+1
Le "transfert du siècle". Ou le futur "baronnet rouge", au choix. Une semaine après l'annonce du passage de Lewis Hamilton chez Ferrari en 2025, l'Italie continue de célébrer celui qui, pendant deux décennies, a été l'un des grands rivaux du Cavallino Rampante. Des médias aux tifosi, le Britannique suscite la curiosité, l'excitation et fait (presque) l'unanimité.
Hamilton chez Ferrari : pourquoi si vite, pourquoi si tôt ?
Video credit: Eurosport
L'adrénaline suscitée par une journée de vingt-quatre heures peut-elle, à elle toute seule, dépasser celle cumulée par 21 Grands Prix ? Avant jeudi dernier, les tifosi de la Scuderia Ferrari nous auraient certainement répondu que non. Mais plus maintenant. Tout au long du 1er février, le peuple rouge, qui se demandait alors s'il ne s'agissait pas plutôt de celui d'avril, a vécu au rythme des informations concernant la possible arrivée de Lewis Hamilton à Maranello. Le premier son de cloche était arrivé tôt dans la matinée, lancé par le très sérieux Corriere della Sera, quotidien généraliste le plus vendu de la Botte. "L'opération Hamilton est déclenchée pour 2025", pouvait-on lire dans ses colonnes. Mais pas de quoi alarmer, toutefois, des supporters habitués et immunisés aux rumeurs concernant une improbable arrivée du Britannique. Au fond, ce n'était qu'une de plus, venue s'ajouter aux centaines d'autres issues des dernières années.
Puis tout s'est accéléré. Vite, très vite. Le conditionnel a commencé à s'évaporer. Des médias aux journalistes spécialisés, tout le monde se voulait affirmatif : oui, Lewis Hamilton allait rejoindre Ferrari en 2025. Le transfert du siècle était en ordre de marche. Pour de bon. Sur les coups de 13h, la chaîne Sky Italia le confirmait dans son JT. "Nous pouvons envoyer la Breaking News, tout est bouclé", lançait Carlo Vanzini, voix de la F1 chez le diffuseur transalpin. "HAMILTON CHEZ FERRARI EN 2025", récitait en majuscules le bandeau affiché quelques minutes plus tard. L'édition spéciale était lancée. L'Hamilton-mania aussi. Épilogue de cette journée complètement folle : 20h, communiqué de Mercedes. 20h11 : communiqué de Ferrari. Une phrase ("La Scuderia a le plaisir d'annoncer la venue de Lewis Hamilton en 2025, pour un contrat de plusieurs années"), 30 millions de vues. Efficace, non ?
Le lendemain, tous les quotidiens transalpins, sportifs comme généralistes, titraient sur celui dont le titre de "Sir" refaisait soudainement surface. "Bienvenue champion", se félicitait La Gazzetta dello Sport dans ses neuf pages consacrées à "LH44". "Incroyable nouvelle : Sir Hamilton chez Ferrari en 2025. La team des rêves est née", s'émerveillait Tuttosport à l'idée de l'association entre le septuple le champion du monde, déjà surnommé le "baronnet rouge", et le "Principino" ("Petit prince") Charles Leclerc. "Le coup de dimension mondiale de Ferrari", soulignait encore le Corriere della Sera. Au pays où la Scuderia est considérée comme patrimoine national, ce transfert a donc été célébré à la hauteur de son immensité. Et il continue de l'être, d'ailleurs.
"Tous les jours, nous avons des auditeurs qui appellent pour en parler", nous confie-t-on au sein de la rédaction de Radio Sportiva, une radio où le sport est débattu tous les jours. "Il faut s'imaginer que la nouvelle est tombée à trois jours du choc entre l'Inter et la Juve, en Serie A, et après le sacre de Jannik Sinner en Australie, rembobine un journaliste de La Gazzetta dello Sport, quotidien sportif le plus vendu au pays. Le lendemain de l'officialisation, notre Une était sur Lewis. Le surlendemain, nous avions un encadré et plusieurs pages. Même chose dimanche. Ici, en Italie, la Scuderia appartient et rassemble tout le monde, contrairement au Calcio, où le clivage entre les tifosi est énorme. Ce mariage entre Hamilton et Ferrari suscite un énorme enthousiasme et une attente énorme. Le fantasme est devenu réalité. Maintenant, on aurait presque envie de passer directement à 2025..."
On imagine que John Elkann aussi. Actuel PDG de Ferrari, le petit-fils de Gianni Agnelli, qui a mené les négociations en première ligne, a toujours courtisé Hamilton. Entre les deux, le contact ne s'est jamais interrompu ces dernières années. Un message par ci, un appel par là... Et les voilà maintenant réunis. Le pilote aux 103 victoires en Grand Prix, qui a repoussé les limites de sa discipline en remportant sept sacres mondiaux, en 2008 et de 2014 à 2020, retrouvera également un certain Frédéric Vasseur, qu'il avait connu en 2005 et 2006 dans l'écurie ART et qui avait grandement contribué à son arrivée en F1 chez McLaren en 2007. "Hamilton va devenir fondamental dans le renforcement technique voulue par le duo Elkann-Vasseur, confirmait le magazine spécialisé Austosprint. C'est tout simplement le coup du siècle et un rêve qui se réalise." Qui l'eût cru ?
Une operation de marking "exceptionelle"
Entre le Britannique et la Rossa, l'histoire part de loin. Si les marques de respect ont toujours été plus ou moins réciproques entre les protagonistes, les tifosi, eux, ne l'ont jamais épargné à Monza. Un peu avec tout ce qui n'est pas rouge, d'ailleurs. Comme en ce jour de septembre 2018, où Hamilton était monté sur la plus haute marche du podium... accompagné des sifflets. "Je dois les accepter, réagissait-il dans la foulée. C'est pareil dans tous les sports (...) Au contraire, ces sifflets ont été une source de motivation." Trois ans plus tôt, il avait déjà vécu le même scénario. "Mais je n'ai rien entendu, évacuait-il. Et s'il y en a eu, je peux comprendre. Ce sont des supporters de Ferrari et ils voulaient voir leur écurie gagner. Moi, j'adore l'Italie. Et j'aime venir ici." Visionnaire, ce Lewis.
"C'est évident qu'il y a des tifosi qui ont des doutes sur l'arrivée d'Hamilton, mais c'est une minorité, assure-t-on du côté de Radio Sportiva. Ils craignent surtout le fait de mettre deux coqs dans le même poulailler, ce qui pourrait créer des frictions. Et ils espèrent surtout que Ferrari sera capable de lui apporter une monoplace à la hauteur." Une crainte partagée par divers médias. "Que Ferrari soit maintenant à la hauteur de Sir Hamilton", prévenait La Gazzetta dello Sport la semaine dernière, bien consciente que sa venue ne résoudra pas à elle seule les problèmes de la Scuderia, vainqueur d'un seul GP en 2023.
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Lewis Hamilton chez Ferrari, le fantasme devient réalité
Crédit: Quentin Guichard
Alors que certains tifosi pourraient également s'inquiéter de l'âge du futur pilote Ferrari (39 ans), Riccardo Ceccarelli, médecin du sport et fondateur du centre d'entraînement Formula Medecine qui travaille notamment avec Charles Leclerc, estime que non. "Lewis ne fait pas son âge et il a devant lui une carrière encore longue (...). Quand on pense au sport automobile, on croit de façon erronée que les qualités principales nécessaires sont la réactivité et les réflexes, mais ce qui compte le plus, c'est la motivation et Hamilton est super motivé", notait-il dans La Repubblica.
Si, pour l'heure, il est impossible de savoir qui de Leclerc ou Hamilton deux sera considéré comme le "numéro un" de l'équipe, il est déjà certain que Ferrari bénéficiera de l'expérience de son nouveau pilote. En plus de sa popularité, lui qui compte 36 millions de followers sur Instagram, contre moitié moins pour la Scuderia (13 millions). "Une marque qui a fait l'histoire de la course automobile s'unit avec un champion au prestige exceptionnel (...). Je m'attends à une aventure électrique, course après course, qui va susciter un intérêt universel", s'enthousiasmait Jean Alesi dans le Corriere della Sera.
"C'est une opération de marketing exceptionnelle", reconnaissait le quotidien Il Foglio, pendant que la Repubblica évoquait l'arrivée d'une véritable "icône" à Maranello. Au point que l'action du constructeur a grimpé de 10% à la bourse de New York jeudi dernier, jour de tout ce remue-ménage autour d'Hamilton. Assez pour redonner à l'écurie la plus titrée de l'histoire de la F1 ses lettres de noblesse, elle qui attend un titre depuis 2007 chez les pilotes et 2008 chez les constructeurs ? Le recordman de pole positions (104) l'espère, évidemment, lui qui rêve toujours de son huitième titre mondial. Une performance qui lui permettrait de dépasser dans l'histoire de la Formule 1 l'Allemand Michael Schumacher... passé par Ferrari de 1996 à 2006.
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