Neuf ans que Renault attendait ça, depuis la troisième place de Nick Heidfled au Grand Prix de Malaisie en 2011. Dimanche, Daniel Ricciardo a remonté le temps pour le Losange, réparé un oubli, corrigé ce qui était devenu une véritable anomalie, et est monté sur la troisième marche du podium du Grand Prix de l'Eifel, au Nürburgring. En Allemagne, ce qui n'est jamais mauvais non plus d'un point de vue commercial.

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Jusqu'à présent cette saison, McLaren et Racing Point avaient réussi deux top 3 chacune, et AlphaTauri était même parvenue à gagner. Autant d'équipes présentées comme des rivales pour Renault dans la course au Top 5, voire au Top 4 2020, et auxquelles il fallait donner le change.

L'Australien avait été jusque-là le premier recalé du cérémonial post-course à Silverstone 1, à Spa-Francorchamps et au Mugello. Sans que ce soit une injustice. A chaque fois, sa RS20 avait été loin de mériter la place des Mercredes de Lewis Hamilton et Valtteri Bottas, de la Red Bull de Max Verstappen ou Alexander Albon, ou de la Ferrari de Charles Leclerc. Mais samedi, "Dan The Man" était à l'affût sur le sixième emplacement de la grille de départ de la onzième manche du Mondial. Prêt à bondir au départ pour s'offrir une vraie perspective de résultat. Ce qu'il fit en passant d'entrée le Thaïlandais de Red Bull pour la cinquième place, puis le Monégasque de la Scuderia pour la quatrième, au 6e des 60 tours.

En capitulant sur un ennui technique au 19e passage, Valtteri Bottas lui a ouvert la voie du podium. Sur laquelle il est resté jusqu'à bout. En dépit de la pression en fin de course de Sergio Pérez (Racing Point) et Carlos Sainz (McLaren).

Daniel Ricciardo (Renault) au Grand Prix de l'Eifel 2020

Crédit: Getty Images

"C'est comme un premier podium"

Pour Daniel Ricciardo, arrivé dans l'équipe d'Enstone en 2019 en provenance de Red Bull, cette récompense avait presque un parfum de l'inédit. Depuis sa victoire au Grand Prix de Monaco en 2018, il avait perdu le goût du champagne et du "shoey", invitation à boire dans sa chaussure pas toujours appréciée de ses "victimes" et mise en sommeil.

"Ça fait longtemps ! Pour tout vous avouer, c'est comme un premier podium, a-t-il lancé. Le feeling est vraiment agréable. Je suis tellement heureux. Ils attendent ça chez Renault depuis longtemps !"

"Merci Renault pour la saison qu'on vit jusqu'ici, a-t-il précisé pour Canal+. Ce résultat est consécutif à tout ce qu'on a mis en place. On a souvent fait des quatrième, cinquième places. Là, enfin, c'est un sentiment incroyable de remonter sur le podium. Il faut qu'on trouve quelque chose de traditionnel pour se souvenir que c'est ici qu'on a fait ce podium."

Heureux, et joyeux, car son patron, Cyril Abiteboul, va devoir honorer l'engagement fait de se tatouer un motif de son choix pour ce podium. "C'est un vrai pari, on va l'honorer !, a-t-il confirmé. Ce sera probablement quelque chose qui aura rapport avec moi. Et peut-être une petite touche allemande. On va essayer de trouver quelque chose de typique en Allemagne…"

Le choix de l'Australien risque d'être redoutable, il pourrait ressemble à un cocktail "bière et saucisse", avec peut-être une mention du Nürburgring... "Ce que j'ai appris, c'était la connotation allemande, ce qui n'est pas nécessairement ce que j'aurais préféré, s'est exclamé le manager français, sur Canal+. J'aurais préféré Monza, je suis plus latin… On en discutera tranquillement avec Daniel, mais je suis un homme de parole."

Daniel Ricciardo (Renault) au Grand Prix de l'Eifel 2020

Crédit: Getty Images

"On reste à une seconde en moyenne des Mercedes"

Le plus important est que cette histoire de tatouage avait apaisé les relations entre le pilote et Renault, après son départ annoncé en mai dernier chez McLaren en 2021. "Si c'est devenu une blague, une running joke dans le paddock mais aussi au sein de notre équipe, c'est important, a expliqué Cyril Abiteboul. On a aussi eu quelque fois des symboles extrêmement motivants dans notre équipe, on a besoin de ça." Avant d'ajouter qu'il faudrait vite sortir de cette légèreté : "Il va maintenant falloir très rapidement se projeter sur le prochain objectif fédérateur." La troisième place au Championnat du monde des constructeurs par exemple, avec laquelle flirte l'équipe. A quelques longueurs de Racing Point et McLaren.

Mais pour cela il faudra saisir les opportunités, car à la régulière, ce n'est pas encore ça. Et au passage ne pas finir avec une seule voiture comme dimanche, suite au problème hydraulique qui a stoppé Esteban Ocon. "La progression est visible, a noté Cyril Abiteboul, devant la caméra de la chaine cryptée. Elle a été aidée par l'abandon de Bottas, parce qu'on sait qu'aujourd'hui la voiture n'est pas capable d'être sur le podium complètement à la régulière. Mais c'est un jalon dans la vie de l'équipe, pour des milliers de personnes, y compris Nico [Hülkenberg, venu féliciter ses ex-coéquipiers]. Chaque personne dans cette équipe, ces cinq dernières années, a contribué à ce résultat. Il faut rester calme : on reste à une seconde en moyenne des Mercedes. Le chemin a été long pour arriver jusqu'ici, mais il va être sacrément long pour aller plus loin." Il est sacrément long, mais il est de plus en plus balisé de certitudes.

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