Formule 1 - Pierre Gasly "surpris", Albon en sursis, Horner gêné : malaise chez Red Bull

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GRAND PRIX D'EMILIE-ROMAGNE - Red Bull est dans l'embarras. L'écurie arrive au bout d'une saison où elle a encore constaté que Max Verstappen ne pouvait lutter seul contre l'armada Mercedes… et au cours de laquelle Pierre Gasly, pilote qu'elle avait rétrogradé de manière hâtive, s'est offert un joli rebond. La voici dans l'impasse.

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Crédit: Eurosport

Tout ne tourne pas toujours rond dans la galaxie Red Bull. À un mois de la fin de saison, la deuxième force du plateau vit dans la pesanteur d'une situation peu commode après avoir acquis deux certitudes. Primo, son deuxième baquet est toujours un problème. Secundo, elle ne peut désormais plus certifier que le talent de ses pilotes en est la cause. Confirmé chez AlphaTauri en milieu de semaine, Pierre Gasly ne s'est donc pas gêné pour mettre son ancienne écurie face à ses responsabilités.
"En 14 ans, Toro Rosso n'a gagné qu'une autre course, avec Sebastian Vettel. Je suis le seul autre pilote à avoir gagné avec eux, a rappelé celui qui s'était brillamment imposé à Monza au début du mois de septembre. Seb a été promu et a remporté quatre titres de champion du monde avec l'équipe. Donc je suis juste surpris de ne pas avoir été considéré."
En réalité, le Rouennais savait depuis bien longtemps qu'il ne pouvait espérer un retour au sein de la maison-mère, très peu adepte des retours en arrière. Mais pour le pilote de 24 ans, rétrogradé à la hâte en plein cœur de la saison 2019 au profit d'Alexander Albon, c'était l'occasion de souligner les incohérences du Taureau Rouge.

Juste une question d'environnement ?

Le Français a tous les arguments de son côté : au championnat, il talonne le Thaïlandais (63 points contre 64) avec un matériel moins performant. Il l'a même devancé lors de quatre des cinq derniers grands prix, grâce à quelques performances remarquables. Face à cette implacable réalité, Christian Horner s'est défendu comme il a pu.
D'abord en assurant que les aspirations d'AlphaTauri avaient changé à tel point qu'il était impossible de lui ôter son meilleur élément. Ensuite en sous-entendant que Gasly y avait trouvé un environnement plus favorable. "Il est à l'aise dans cette voiture, avec peut-être moins de pression qui va avec cet environnement aussi, et moins d'attente", a confié le directeur de l'écurie Red Bull.
Oui mais voilà, Albon n'a pas fait beaucoup mieux que son prédécesseur dans ce baquet. Ce qui ne veut pas forcément dire qu'il est devenu moins talentueux que Gasly en quelques mois, tout comme il était difficile d'assurer qu'il était un bien meilleur pilote que le Français au moment de sa promotion, en 2019.
"Quand il a récupéré ce volant, il a surclassé Pierre de manière significative ensuite, a soutenu Horner, un peu maladroit. Donc, pourquoi serait-ce différent si nous les échangions ?" De quoi entrapercevoir le vrai problème : pour Gasly, Albon ou un autre, difficile d'exister dans une équipe entièrement dévouée à Max Verstappen...
Le Néerlandais dispose des pleins pouvoirs. Et il y a bien longtemps que Red Bull assure une monoplace sur-mesure à son chouchou. Là non plus, Horner n'a pas dit autre chose : "Notre monoplace est plus difficile à piloter que l'AlphaTauri. Elle est plus sensible à l'arrière. Max s'en sort incroyablement bien, d'autres ont eu plus de difficultés."
Preuve, peut-être, que l'environnement a bon dos. Mais pour l'écurie, pas question d'y voir une anomalie : "C'est aussi quelque chose que l'on observe chez Ferrari avec Leclerc et Vettel, ou chez Mercedes avec Hamilton et Bottas." Certes. Mais c'est oublier que l'Allemand, partant, n'a plus accès aux développements de la Scuderia. Et en tant qu'écurie dominante, Mercedes a, elle, largement de quoi s'accommoder d'une telle situation.

Gasly n'a pas d'autre choix que de patienter

Dans l'impasse, Red Bull pourrait conserver le même duo de pilotes en 2021. Ou abattre une dernière carte : s'offrir un pilote plus expérimenté, quitte à bafouer sa politique, pour bénéficier de nouveaux axes de développement. Sur le marché, Sergio Pérez a admis ne pas "écarter cette possibilité."
Problème, le Mexicain est un hargneux et n'a jamais apprécié le rôle de faire-valoir. "Les statuts se font sur la piste, a-t-il dit. Je serais très surpris qu'une équipe vous embauche en vous disant clairement que vous serez N.2. Mais, bien entendu, je ne sais pas comment ça se passe chez Red Bull..." Malin.
Red Bull s'est donnée l'air d'une broyeuse de talents et il lui sera bien difficile de se défaire de cette image dans un avenir proche. Albon est dans un cul-de-sac. L'horizon n'est pas beaucoup plus dégagé pour Gasly. "Je ne suis pas déçu, a-t-il certifié. Je suis en capacité de montrer mon potentiel, ma vitesse, mes talents. J'ai 24 ans, mon objectif à terme est de me battre aux avant-postes et pour un titre mais, pour le moment, je dois donner mon meilleur dans l'équipe dans laquelle je suis." Sa victoire inattendue à Monza ne lui a offert qu'un droit : patienter.
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