Pour la quatrième fois seulement de la saison, après Spielberg 1, Silverstone 1 et le Mugello, Ferrari a réussi à scorer avec deux voitures, dimanche à Portimao. Grâce à la capacité de résilience de Charles Leclerc, quatrième sur la grille de départ et à l'arrivée après une course débutée laborieusement mais conduite avec méthode, et au point symbolique mais ô combien important pour Sebastian Vettel, parti quinzième et dixième au drapeau à damier.

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S'il n'y a pas de quoi sauter au plafond ni pour l'écurie de Maranello ni ses tifosi, les 13 unités apportées permettent de résister à la pression d'AlphaTauri, qui a amassé 10 points avec la cinquième place de Pierre Gasly. Au classement du championnat du monde Constructeurs, Ferrari tient encore la sixième place, 16 longueurs devant l'autre Scuderia de Faenza.

Tirant les enseignements d'un Grand Prix de l'Eifel pénible, il y a deux semaines, les hommes de Ferrari s'étaient accordés sur un choix de gommes "medium" pour le départ. Au Nürburgring, les pilotes des SF1000 avaient été incapables de faire chauffer les "tendre" et ce n'était certainement pas vers cette solution qu'il fallait s'orienter. Mais dans le cas d'une ondée synchro avec le départ. Ce qui n'a pas manqué de perturber la majorité des concurrents qui avaient fait ce choix.

"Un week-end correct en qualification et une bonne course"

Avec ses gommes cerclées de jaunes, Charles Leclerc a perdu quatre places, chutant au huitième rang sur une piste déjà lisse sur le sec, et digne d'une patinoire en la circonstance. Pour le Monégasque, la prudence et la patience étaient le prix à payer pour revenir plus fort une fois les Pirelli à point. Ce que le pilote de la n°16 a fini par obtenir. En déposant successivement la Renault de Daniel Ricciardo, l'Alfa Romeo de Kimi Räikkönen, auteur d'un premier tour stratosphérique, et les McLaren de Lando Norris et Carlos Sainz, le "Petit prince" a retrouvé un Top 4 qu'il n'aurait jamais dû quitter.

Les "tendre" toujours exclus du schéma tactique à un arrêt, Charles Leclerc s'est donc rabattu sur les "dur", par ailleurs le choix le plus sécurisant. S'il a là encore mis du temps à les chauffer, il s'est retrouvé un moment dans la même gamme de chrono que les… Mercedes. Il est vrai chaussées en "medium" pour un long relais.

"Nous avons bossé dur sur le rythme de course et nous avons finalement fait un week-end à la fois correct en qualification et une bonne course, ce dont je suis ravi, a déclaré le vainqueur des Grands Prix de Belgique et d'Italie 2019. Le premier relais a été compliqué : dans les premiers tours, j'ai dû rester concentré car je perdais beaucoup de positions."

"J'étais très en difficulté, a-t-il ajouté au micro de Canal+. J'ai aussi été très perturbé car j'ai demandé à la radio s'il pleuvait, et il m'ont dit qu'il ne pleuvait absolument pas. Je voyais sur la piste qu'il pleuvait. Je pensais à un moment qu'une voiture devant moi perdait de l'eau, ou quelque chose. Finalement, j'ai compris qu'il pleuvait vraiment. C'était un peu la galère les premiers tours, mais après dès qu'on s'est mis dans le rythme c'est allé beaucoup mieux pour nous."

"Il n'y a pas eu de chance aujourd'hui, c'est juste notre performance en général donc c'est bien pour la confiance du team, ma confiance aussi, a-t-il poursuivi. Cela faisait quelques week-ends qu'on était très bien en qualification, mais en course on galérait pas mal. On était très rapides tout le long de la course, donc je suis très content." Et de conclure : "Si je regarde ma performance personnelle jusqu'à présent, c'est une bonne saison." Elle l'est : il est revenu à cinq points de Daniel Ricciardo (Renault), quatrième du championnat du monde.

"Nous devons maintenant confirmer les progrès"

S'il a été récompensé d'un point, Sebastian Vettel n'a toujours pas trouvé la façon de trouver du grip avec les pneus "medium". Ni encore profité de toute façon des nouvelles pièces qui ont apporté un petit plus du goût de son leader, mais pas du sien. "Je ne peux être satisfait d'une course que je finis avec un seul point, a avoué l'Allemand. Malheureusement, nous n'avons pas fait un bon départ, donc au lieu de gagner des places j'en ai perdu une, et pour nous cette saison ce n'est pas aisé de dépasser. Quand j'ai eu une piste dégagée devant moi, la vitesse était plutôt bonne, c'est le point positif que je retiens en repartant d'ici."

Dans son analyse, Mattia Binotto a insisté sur la nouvelle prestation de Charles Leclerc, dans la foulée d'un samedi parfaitement exécuté. "Charles a fait une excellente course, très mature, a noté le directeur d'équipe et directeur technique. Nous savions que le premier tour serait perfide, et il l'a été, pas seulement à cause des gouttes de pluie tombées juste à ce moment-là. Une fois ses pneus à température, il a pu regagner des places et se mettre dans la position que nous escomptions avant la course, consolidant sa quatrième place suivant un rythme solide."

"Nous devons maintenant confirmer les progrès vus lors des récentes courses car nous attaquons la dernière partie de ce championnat. Il nous reste du chemin à parcourir pour revenir au championnat du monde Constructeurs mais il est possible de regagner du terrain. C'est notre but", a-t-il rappelé.

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