Une deuxième place au goût de revanche. Esteban Ocon savoure. En tout logique. Ce premier podium en carrière, décroché au Grand Prix de Sakhir dimanche à Bahreïn, est un soulagement. "Je n'ai pas de mots. J'étais tellement ému que j'ai pleuré en passant la ligne", a tout de suite confié le Français de 24 ans à la descente de sa voiture. "Ça a été une saison difficile mais je n'ai pas arrêté de pousser. Quand de moins en moins de gens croient en toi, il est important de continuer à le faire. Le travail a payé ! (…) Je n'avais encore jamais vraiment pleuré pour quelque chose mais, aujourd'hui, les larmes sont venues pour une bonne raison."
A deux Grands Prix de la fin, il était en effet temps de frapper un joli coup. Histoire de calmer les critiques. Et de se rassurer avant de couper pour préparer une nouvelle saison, où il découvrira un autre coéquipier en la personne de l’illustre Fernando Alonso. "C'était une année difficile pour nous. Ça n'a pas toujours fonctionné dans notre sens, ça n'a pas toujours payé, mais finalement on a réussi à décrocher ce podium", a encore glissé le Normand au micro de Canal +. Son discours reflète une sincérité marquante, presque touchante. Et rappelle toute la difficulté rencontrée tout au long de cette année 2020 si particulière en raison de la pandémie du coronavirus.

Renault's French driver Esteban Ocon (L), Racing Point's Mexican driver Sergio Perez (C) and Racing Point's Canadian driver Lance Stroll (2nd-R) stand on the podium after the Sakhir Formula One Grand Prix at the Bahrain International Circuit in the city o

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Il y a forcément beaucoup de gens qui se délectent quand vous n'êtes pas au top
Titulaire dans une équipe d'usine pour la première fois de sa carrière et avec un coéquipier Daniel Ricciardo en confiance ("Daniel est tellement fort en ce moment que ça doit être compliqué pour lui", a reconnu Alain Prost cette semaine) -, Esteban Ocon a accumulé les frustrations. A l'image en fait de son parcours chaotique, qui l'a vu revenir en F1 après ne pas avoir eu de volant la saison passée. "Quel parcours, se remémore-t-il. Tellement de sacrifices depuis les premiers jours (ndlr : ses parents ont hypothéqué leur maison pour financer sa carrière, ndlr). Pas facile d'arriver jusqu'en F1 (en 2016, ndlr), puis une saison d'arrêt l'an dernier, pas facile de revenir cette année, dans une nouvelle équipe, avec un équipier très fort... Jusque-là, les choses ne tournaient pas en notre faveur, ce qui était frustrant".
Entre ses quatre abandons (ndlr : contre un seul pour l'Australien) et cette saison atypique avec 17 courses en moins de six mois, il n'a ainsi pas vraiment pu trouver ses marques sereinement. Et forcément, les doutes sont apparus au fil des semaines. "Il y a forcément beaucoup de gens qui se délectent quand vous n'êtes pas au top de votre performance. Mais ce que je garde de cette année, c'est notre progression", a-t-il lâché.

Second placed Esteban Ocon of France and Renault Sport F1 and third placed Lance Stroll of Canada and Racing Point celebrate on the podium during the F1 Grand Prix of Sakhir at Bahrain International Circuit on December 06, 2020 in Bahrain

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C'était super sympa
Plus confiant dans sa voiture depuis Monza début septembre, Esteban Ocon, 12e du championnat du monde à 38 points de Ricciardo, a finalement réussi à traduire de la plus belle des manières cette évolution bienvenue, alors qu'Alain Prost lui avait mis un coup de pression quelques heures avant : "Les deux derniers Grands Prix de la saison sont importants, avant l'arrivée de Fernando (Alonso). Il faut qu'il soit aussi régulier que Daniel en course", avait lancé le directeur non exécutif de Renault.
En profitant des erreurs de Mercedes et avec sa stratégie à un arrêt aux stands, Ocon, 11e sur la grille, a répondu idéalement avec cette deuxième place, trois rangs devant Ricciardo (5e). "Ce fut une course solide, lors de laquelle on a très bien géré la stratégie, très bien géré tous les incidents", applaudit-il avant de se remémorer avec bonheur son duel avec Lance Stroll (Racing Point) : "Les Racing Point avaient plus de vitesse que nous, mais on a essayé de stopper avant pour faire l'undercut. On a passé les pneus 'tendre', et j'ai réussi à passer Lance à l'extérieur du virage n°4. Ça a touché à moitié mais c'était super sympa car c'est un ami". La course presque rêvée en clair. Une course surtout idéale pour préparer la suite plus sereinement. Enfin.
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