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F1 - Grand Prix d'Abu Dhabi - Supporter du PSV, Néerlandais sans romantisme : Max Verstappen, l’orange à part
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Publié 09/12/2021 à 23:56 GMT+1
GRAND PRIX D'ABU DHABI - Ne parlez pas à "Mad Max" de la lose romantique des Pays-Bas. Max Verstappen est un supporter du PSV Eindhoven. Avec le style qui va avec : gagneur, direct, fonceur et bastonneur… C'est ce personnage détonant qui va tenter de décrocher son premier titre de champion du monde en Formule 1, dimanche à l'occasion du Grand Prix d'Abu Dhabi.
Max Verstappen, avec le drapeau des Pays-Bas
Crédit: Imago
"Confiants comme Max Verstappen". A la veille du match crucial des Pays-Bas contre la Turquie de septembre dernier en qualif du Mondial 2022, Louis Van Gaal avait carrément exalté le Verstappen spirit : "La chose la plus importante que Max possède aussi, c'est d'avoir confiance en soi. Une très forte confiance. Vous venez d'entendre Memphis (Depay), il a aussi une très forte confiance dans l'équipe. J'en suis heureux parce que j'ai aussi beaucoup de confiance en moi. Donc, nous sommes tous sur la même longueur d'onde". Et les Oranje ont gagné à la Verstappen : en trombe ! Sur le score expéditif de 6-1…
Louis Van Gaal - qui déteste pourtant la F1 - avait actionné les bons ressorts psychologiques pour galvaniser ses gars, dont la plupart sont fans de Max, tels Bergwijn ou Frenkie de Jong. Louis-le-terrible a surtout surfé sur la hype monumentale autour de celui qui tient la baraque du sport néerlandais depuis le moment précis où la sélection de foot, porte-étendard de prestige à l’international, a zappé l’Euro 2016 et la Coupe du monde 2018. La fameuse Oranje Army s’est ainsi rabattue très tôt sur Max Verstappen, le surdoué des circuits, drainant partout une meute parfois impressionnante de joyeux supporters, souvent peu connaisseurs de la F1. Mais l’orgueil national est à ce prix…
Max, c'est le PSV
Le choix de Van Gaal de convier Memphis Depay à sa conf de presse plutôt que son capitaine Virgil van Dijk n’était sans doute pas anodin. Memphis est d’abord estampillé PSV (2006-2015). Or, Max Verstappen est un supporter déclaré du club d’Eindhoven qui ne perd jamais une occasion de revendiquer son soutien aux Rood-witten (les Rouge et Blanc). Invité d’honneur en tribune VIP dès avril 2017 au Philips Stadion, il avait reçu l’année suivante, celle de ses 21 ans, un superbe maillot dédicacé par toute l’équipe et floqué MAX avec le numéro 21. D’autres maillots lui parviendront, tel celui du jeune Bergwijn en 2018, prétextes à bien entretenir sa flamme PSV sur les réseaux sociaux.
Mais dans un pays où l’Ajax demeure la fierté du sport national, Max avait habilement manifesté son empathie très œcuménique envers les fans d’Amsterdam au soir de leur défaite tragique contre Tottenham en mai 2019 en demie de C1 (3-2) : "Je suis un fan du PSV mais cependant j'aurais aimé que l’Ajax l’emporte", avait-il tweeté. En mars 2016, au moment du Grand Prix de Barcelone, Johan Cruyff était venu en personne adouber celui qui, déjà, commençait à l’égaler en termes de popularité sportive mondiale : "Ce fut agréable de rencontrer un grand talent et compatriote comme Max Verstappen ici, à Barcelone", déclara le dieu ajacide, peu de temps avant sa mort.
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Hamilton et Verstappen à la lutte
Crédit: Getty Images
En tentant d’associer Foot et Formule 1, nos confrères de L’Equipe avaient fait offert à Max Verstappen en mars 2018 le livre Brilliant Orange : The Neurotic Genius of Dutch Football. Le remarquable ouvrage du journaliste anglais David Winner y évoque la lose magnifique des Oranje, leur flamboyance teintée d’arrogance… Tout faux, les cocos ! Car ce livre est essentiellement axé sur l’Ajax, pilier du foot batave. Or, Max Verstappen est PSV ! Et Eindhoven, c’est une tout autre mentalité que celle trop solaire des footballeurs artistes d’Amsterdam-la-bourgeoise.
Pragmatisme "rural"
Le style de jeu du PSV emprunte au pragmatisme "rural" du sud-est des Pays-Bas (de Boeren : les paysans, les pécores) à l’opposé de l’esthétisme de l’axe Amsterdam-Utrecht ou du foot prolo du Feyenoord. Au PSV, le jeu y est plus "allemand", physique et engagé. La mentalité y est aussi différente : "L’important n’est pas de défendre la culture hollandaise du beau jeu mais de gagner !", professe l’excellent journaliste anglais Simon Kuper.
Dans le foot néerlandais, on apprécie le côté allemand (winner, efficace, réaliste) du PSV qui complète bien chez les Oranje le versant artistique de l’Ajax. L’Euro 1988, seul titre des Pays-Bas, avait été gagné grâce à l’esprit puncheur du PSV. Quatre warriors d’Eindhoven, vainqueur de la C1 cette année-là, figuraient dans le onze type : Vanenburg, Koeman, Van Aerle et Van Breukelen. Aux Pays-Bas, on gagne avec la classe artistique de l’Ajax mais surtout avec le tempérament du PSV. Cette synthèse avait aussi structuré l’équipe des Pays-Bas finaliste du Mondial 2010 avec sa charnière Sneijder-Van Bommel, soit Ajax-PSV…
Max Verstappen a grandi dans le Limbourg hollando-belge (côté Belgique), quasi mitoyen du Brabant Septentrional où se niche Eindhoven. Or, on retrouve beaucoup chez "Supermax" ce mix de force, d’abord, mais aussi de finesse, des grands joueurs emblématiques du PSV : Mark Van Bommel, natif du Limbourg, pour le style rentre-dedans (et attention à la casse !), Arjen Robben (révélé au PSV) pour sa vitesse supersonique, Georginio Wijnaldum pour la vision très tacticienne du jeu (et donc de la course, chez Max) et Memphis Depay pour la précocité (Memphis a commencé à 17 ans chez les A), l’individualisme… et l’arrogance !
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"Si ça se termine mal entre les deux, les officiels sauront en tirer les conclusions..."
Video credit: Eurosport
Voilà pourquoi après avoir lu Brilliant Orange, Max, peu concerné par la lose magnifique hollandaise, avait ainsi répliqué aux confrères de L’Equipe : "C’est plus une histoire de malchance, ces échecs répétés des Pays-Bas dans les grandes finales. Et puis, même si l’hypothèse du livre est la bonne, je m’en fiche, je suis à moitié belge (par sa mère, ndlr)" Et toc !, de la part de celui qui est aussi très pote avec Kevin de Bruyne…
Tout aussi étranger à la lose romantique, son père, Jos Verstappen, lui avait emboîté le pas d’un cinglant : "Max se moque du passé et de la culture sportive des Néerlandais. Il est là pour gagner. Pour lui."
Toujours dans L’Equipe, Erik van Haren, du Telegraaf, avait toutefois tempéré cette vision lapidaire : "Max veut aussi gagner avec la manière. Un peu comme nos équipes de foot". La proximité professionnelle de Jos, ex-pilote et très présent dans la logistique mécanique dès les premiers pas de son fils à 5 ans en karting, rappelle aussi le samenwerking (le "travail en commun") qui caractérise le sens aigu du boulot bien fait, très collectif, typique du Brabant. Max Verstappen est bien sûr un individualiste forcené mais qui sait aussi louer le travail d’équipe de son team. Enfin, Eindhoven, la cité soi-disant "provinciale", abrite avec la prestigieuse société Philips un fleuron de la haute technologie mondiale. Tout comme Max Verstappen et Lewis Hamilton incarnent parfaitement l’évolution de plus en plus high-tech de la Formule 1… Max est PSV et Lewis est Arsenal : dimanche, les Rood-witten ou alors les Gunners seront symboliquement champions du monde. Faîtes vos jeux !
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