Tour 53 : Mercedes a-t-il fait une erreur de ne pas faire rentrer Lewis Hamilton ?

Non. Nicholas Latifi (Williams) vient de déclencher une voiture de sécurité en se crashant au virage n°14 et à cet instant, Lewis Hamilton, leader, possède 11"8 d'avance sur Max Verstappen (Red Bull). Pas de quoi rentrer car le délai pour un pit stop s'élève à 14 secondes.
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L'Anglais le comprend en secouant la tête dans sa voiture. "On ne rentre pas !", lui confirme Mercedes. Il vient de laisser pour la deuxième fois à Max Verstappen l'opportunité de tirer parti d'une neutralisation pour chausser des gommes neuves. Des "tendre" qui pourraient s'avérer un atout imparable en cas de restart…

Tour 53 : Fallait-il stopper la course ?

La piste est jonchée de débris dans le virage où le Canadien a tapé, et Michael Masi, le directeur de course, a deux options : stopper la course au drapeau rouge car il juge qu'évacuer l'épave du bolide et nettoyer des débris va nécessiter plus de cinq tours, ou laisser la voiture de sécurité en piste car il est persuadé que l'intervention va être rapide.
S'il déploie le drapeau rouge, il offre la chance à Lewis Hamilton de chausser des gommes neuves pour le nouveau départ. Mais il a la conviction de pouvoir redonner le départ sans interrompre la course. Sur ce point, la suite va lui donner raison.
"C'est incroyable !", se plaint Lewis Hamilton, qui comprend que ses chances de titre dépendent de la direction de course.

Tour 55 : Que faire des retardataires ?

Cinq voitures de retardataires sont intercalées entre Lewis Hamilton et Max Verstappen : la McLaren de Lando Norris, les Alpine de Fernando Alonso et Esteban Ocon, la Ferrari de Charles Leclerc et l'Aston Martin de Sebastian Vettel.
L'ingénieur de Lewis Hamilton indique à son pilote que ça va "prendre du temps pour s'occuper de ça". Les commissaires n'ont effectivement pas encore indiqué si ces cinq concurrents à plus d'un tour sont autorisés à se dédoubler pour rejoindre la queue du peloton, afin de reconstituer sur la piste la hiérarchie des pilotes situés dans le même tour. Pourquoi cela ? Parce que par le passé, les équipes de leaders se sont plaintes du trouble créé par des voitures moins compétitives au milieu des plus rapides, et que cela faussait les restarts.
Champion du monde 1997 devenu consultant pour Canal+, Jacques Villeneuve résume le dilemme des officiels de la Fédération internationale de l'automobile : "Ce sont les commissaires qui vont décider du Championnat : un drapeau rouge ou une relance, un nouveau départ comme cela a été le cas à Bakou, pour deux tours. Vu qu'il y a eu un précédent, il est fort possible qu'ils prennent cette décision". En fait, la décision appartient à Michael Masi, et ce précédent ne l'inspirera pas.
A la fin du 55e tour, la Williams est dégagée et les débris balayés. A la radio, Lewis Hamilton demande que la voiture de sécurité aille plus vite. Pour augmenter les chances d'arriver à la limite des 58 tours sans avoir à redonner le départ.

Tour 56 : Étonnement chez Red Bull

La surprise est totale, jusque dans les rangs de Red Bull quand la décision tombe au 56e tour, sur les écrans. "Les commissaires ont décidé de ne pas laisser les voitures se dédoubler, ce qui n'est pas prévu par le règlement", souffle Helmut Marko, le conseiller sportif de Red Bull Racing.
Au volant, Max Verstappen croit à cet instant que tout est terminé : "Décison logique !, lâche-t-il ironiquement à la radio. Ça n'arrive jamais !" En début de course, la FIA n'a pas estimé justifié d'ouvrir une enquête que sa passe d'arme du premier tour avec Lewis Hamilton, au virage n°6, et il pense qu'aucun jugement fédéral ne lui sera favorable ce dimanche.

Tour 56 : Pourquoi Red Bull a demandé à Sergio Pérez d'abandonner ?

Sergio Pérez vient d'avoir un problème de pression d'huile. A cet instant, Red Bull fait un choix clair. "A cet instant, nous avons laissé tomber le titre Constructeurs, révèle Helmut Marko. Il y avait un danger que notre seconde voiture ne s'arrête (en piste) et ne prolonge la voiture de sécurité jusqu'au drapeau à damier."

Tour 57 : Masi change d'avis

Christian Horner s'étonne auprès de Michael Masi que les retardataires ne sont pas autorisés à se dédoubler. Le directeur de Red Bull Racing pense que c'est une fin de non-recevoir mais le directeur australien de la course, visiblement en pleine hésitation, lâche quand même un énigmatique "Donne-moi une seconde…"
30 secondes plus tard, les cinq voitures retardataires sont autorisées à s'échapper et faire le vide entre Lewis Hamilton et Max Verstappen.
Mais un sujet de polémique en chasse un autre lorsque Max Verstappen (Red Bull) se porte à la hauteur de Lewis Hamilton (Mercedes), derrière la voiture de sécurité. Dépasser n'est pas autorisé dans ces circonstances ? Non selon la FIA, qui rejète la réclamation posée par Mercedes.

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Tour 58 : Max Verstappen double Lewis Hamilton pour le titre

Le départ va être redonné, lancé, et avec ses pneus "dur" usés, Lewis Hamilton n'a aucune possibilité de résister à Max Verstappen qui a des "tendre" neufs. C'est tellement facile pour le Batave qu'il passe au freinage de l'épingle au n°5. Dans la ligne droite suivante, il fait le "coup du dragon" en zigzaguant pour casser l'aspiration dont pourrait profiter son rival.
Un seul changement de ligne est autorisé dans le cours normal d'une course, mais la défense du Néerlandais est compréhensible et tolérée, vu l'enjeu.
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