Grand Prix d'Abu Dhabi | Ocon - Alpine : Pour l'élégance, on repassera
Par Julien Pereira
Mis à jour 03/12/2024 à 01:16 GMT+1
Esteban Ocon ne roulera plus pour Alpine. Alors qu'il reste un Grand Prix à disputer en 2024, l'écurie d'Enstone a décidé d'écarter le pilote français avec effet immédiat. Une décision peu élégante, prise pour des raisons qui ne le sont pas beaucoup plus et par un homme, Flavio Briatore, pas franchement réputé pour sa classe. Mais Alpine n'avait pas besoin de lui pour manquer de tact.
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Ce sont trois mots, "Thank you Esteban", et une courte phrase : "Nous avons partagé des souvenirs spéciaux ensemble et nous te souhaitons le meilleur pour ton nouveau chapitre". C'est ainsi qu'Alpine a officialisé, sur ses réseaux sociaux, lundi, ce que tout le monde savait déjà dimanche soir après le Grand Prix du Qatar. Esteban Ocon ne participera pas au dernier Grand Prix de la saison, à Abu Dhabi. La nouvelle avait été préalablement annoncée au principal concerné quelques heures avant la course. Etrange méthode. Drôles de manières.
On avait bien compris que le retour de Flavio Briatore dans une écurie qu'il avait envoyée dans le mur, il y a 15 ans, ne s'accompagnerait pas d'une bonne dose d'élégance. Ce n'est pas franchement sa qualité première et les décisions qu'il a prises, depuis que Lucas De Meo en a fait le "conseiller exécutif" d'Alpine, l'ont démontré. Il y a moins d'un mois, l'Italien s'était vanté d'avoir réalisé un grand "ménage de printemps" après avoir viré 300 personnes au sein de l'écurie, et verrouillé la fermeture du site historique de Viry-Chatillon.
La mise à l'écart d'Esteban Ocon ne répond à rien d'autre qu'une logique sournoise. L'écurie d'Enstone va ainsi offrir un test grandeur nature à Jack Doohan, successeur du Normand pour 2025 promu par Briatore lui-même, et s'assurer que le jeune pilote australien peut effectivement faire l'affaire. Dans le cas contraire, le fils du quintuple champion du monde de moto pourrait immédiatement être mis de côté au profit de Franco Colapinto qui, en plus d'avoir réussi des débuts intéressants chez Williams, présente l'avantage d'être soutenu par des sponsors aux moyens non négligeables. Élégance, on vous dit.
Ocon n'est pas le premier, et sans doute pas le dernier
Bien sûr, Briatore n'est pas l'unique caution cynique. Ni en F1, où les enjeux financiers et marketing sont si importants qu'ils pourraient bien faire bouger d'autres baquets dans les prochains jours et semaines. Ni même chez Alpine, qui n'avait pas attendu le grand manitou du "crashgate" pour oublier de faire les choses décemment. Souvenez-vous, lorsqu'elle avait fait comprendre à Fernando Alonso, via des déclarations publiques, qu'il n'avait plus l'âge pour réclamer un contrat de deux ans.
L'Espagnol avait alors décidé d'aller voir ailleurs et mis la firme au A fléché dans l'embarras. A tel point qu'elle avait décidé d'annoncer la promotion de son petit prodige maison, Oscar Piastri, sans l'en avoir informé. C'est ainsi qu'elle avait finalement décidé de faire d'Esteban Ocon son nouveau fer de lance.
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L'Ebroïcien n'a pas toujours tout bien fait : ses relations avec ses coéquipiers n'ont pas toujours fait une bonne publicité. Mais avec une victoire (Hongrie 2021) et deux autres podiums depuis (Monaco 2023, Sao Paulo 2024), le pilote tricolore a bien mieux rentabilisé son passage que ses prédécesseurs. "C'est un homme respecté et respectable", ont insisté plusieurs membres, et ex-membres, de l'écurie. Comme s'il fallait désormais les compter.
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