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Renault ne peut avoir qu'un objectif : challenger Red Bull pour le podium

Renault ne peut avoir qu'un objectif : challenger Red Bull pour le podium

Le 13/03/2019 à 15:38Mis à jour Le 14/03/2019 à 16:04

GRAND PRIX D'AUSTRALIE - Avec Daniel Ricciardo et un nouveau V6 qui a fait une grande partie de son retard sur le Ferrari et le Mercedes, Renault a désormais de vrais arguments pour menacer Red Bull. Au moins ponctuellement.

Renault ne peut plus se cacher. L'entrée proclamée dans la "Phase 2 " de son projet F1 est l'aveu d'une ambition qui doit désormais pleinement s'assumer. Le Losange tournait jusque là autour d'objectifs pragmatiques : se financer, recruter, reconstruire Enstone sur les ruines de Lotus. Devenir crédible en somme.

Depuis 2016, il a sagement tiré les leçons de la piste en repoussant son rêve de titre mondial de 2020 à 2021. A l'origine, une campagne 2017 décevante sur laquelle l'écurie avait abattu un joker. Elle s'était acheté du temps médiatique en expliquant l'abandon précoce du développement de sa RS17 par des ressources transférées massivement sur la machine de 2018. Un grand classique du genre dilatoire qui n'aura débouché sur rien d'autre qu'un châssis erratique, pointu comme on dit pudiquement, et un moteur à la fiabilité dénoncée à sa façon par Red Bull.

La présentation de la Renault RS19 le 12 février 2019 à Enstone

On se posait logiquement la question des ressources et de l'orientation du projet. Cyril Abiteboul y avait répondu par l'engagement polémique - c'est toujours bon signe - de Marcin Budkowsky, génie de la technique enfermé à la FIA dans un projet pas assez grand pour lui. Ce gros calibre que les autres teams n'avaient pas songé à débaucher est devenu le directeur exécutif de l'usine d'Enstone, concrètement le "Monsieur Production et Qualité" qui manquait au dispositif.

Si Petrov l'a fait, Ricciardo peut le faire

Et puis, Carlos Ghosn, qui n'était pas encore le président déchu de l'Alliance Renault - Nissan, a donné l'été dernier un coup d'accélérateur aux ambitions de Renault en acceptant de proposer à Daniel Ricciardo un salaire de 15 millions d'euros - près du triple de ses émoluments chez Red Bull - pour faire de l'Australien le troisième pilote le mieux payé de la Formule 1, à égalité avec son ex-coéquipier Max Verstappen.

Changement de braquet donc en 2019. "Dan The Man" arrive avec sa bonne humeur contagieuse, sans baguette magique, mais il est bien là pour faire entrer l'équipe dans une autre gamme de performances. Il pèse sûrement 0"3 ou 0"4 de plus qu'un Nico Hülkenberg et sa mission est de remettre la machine jaune sur le podium pour la première fois depuis Melbourne 2011. Et si Vitaly Petrov y est parvenu, il peut bien le faire au moins une fois, en surfant sur les circonstances qu'offrira l'un des 21 Grands Prix à l'agenda 2019. Il est très opportuniste, ce qui en fait un pilote excitant. Il ne baisse jamais les bras, utilise 100% d'une machine. Sa victoire sans MGU-K au dernier Grand Prix de Monaco en a apporté la splendide démonstration. D'ailleurs, Melbourne en dira plus les freins de la RS19, son talon d'Achille. Il serait étonnant le pilote de Perth s'en lamente ou s'en trouve désemparé autant qu'un Romain Grosjean.

Nico Hülkenberg, Cyril Abiteboul et Daniel Ricciardo (Renault) au Grand Prix d'Australie 2019

Abiteboul, un réaliste sans complexe

"Le podium est toujours possible", a annoncé Cyril Abiteboul, et il faut se réjouir de cette approche à la fois réaliste et volontariste. Pas d'angélisme : Renault doit et va s'attaquer tôt ou tard à Red Bull, qui en termes de prise de risques a toujours été à bonne enseigne avec Adrian Newey. En atteste l'intégration trop agressive du Honda dans sa RB15 autour d'une carrosserie étouffante.

Dans cette veine, le directeur de Renault F1 Team - la nouvelle appellation de l'équipe - a lancé la guerre des chiffres en avançant un gain "de 20 à 50 chevaux" sur le nouveau moteur de Viry-Châtillon, qui aurait comblé la plus grande partie de son retard sur le Ferrari et le Mercedes. En coupant la poire en deux, ça nous met à 35 chevaux, soit à peu près le gain maxi d'une saison complète de développement.

Mais ça ne suffisait pas. Cyril Abiteboul a envoyé la deuxième lame en estimant que le duo composé par Daniel Ricciardo et Nico Hülkenberg "est peut-être l'un des plus fort de la grille". Un "peut-être" qui permet de se faire plaisir. L'Allemand n'a jamais vu un podium que d'en bas - il détient le record fascinant de 156 participations sans Top 3 - et Ferrari aligne quand même Sebastian Vettel et Charles Leclerc. Mais c'est bien connu, plus c'est gros mieux ça passe.

Mais la clé de succès, c'est Nick Chester qui la détient pour avoir conçu la RS19. "D’année en année, l’environnement compétitif évolue, et on ne peut plus compter sur les faiblesses de nos adversaires directs", a prévenu le directeur technique châssis. C'est quand même sur les problèmes de fiabilité du Honda que Renault devrait capitaliser dans un premier temps.

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