Un premier grand chelem en carrière et un K.-O. assené à son rival dans la course au titre. Charles Leclerc a bouclé un week-end parfait, dimanche à Melbourne. Après la pole position, le Monégasque de Ferrari a tout pris : victoire, meilleur tour en course et domination sur l'intégralité du Grand Prix d'Australie. Un coup énorme, avec le point bonus en prime et, surtout, l'abandon sur problème technique de Max Verstappen, qu'il devance de 46 points au championnat du monde.
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Grand Prix d'Australie
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16/06/2022 À 11:55
Auteur d'une magnifique pole position samedi, 0"286 devant le Néerlandais de Red Bull, le natif de Monte-Carlo devait terminer le travail en prenant soin de ses pneus. Suite au drapeau rouge déployé vendredi lors des essais libres 2, les équipes partaient avec une inconnue de taille dans l'équation des 58 tours de la troisième manche du Mondial, faute d'avoir pu effectuer une simulation de relais de course. Mais la Scuderia avaient encore une fois de la marge de ce point de vue. Plus grande même que celle montrée à Sakhir et à Djeddah.
Impeccable au coup d'envoi, le pilote de la F1 75 n°16 a immédiatement mis une distance de sécurité entre lui et la RB18 n°1, et l'a contrôlée sans jamais paraître forcer. Son seul moment d'inquiétude a été le restart du 27e tour, après l'accident de Sebastian Vettel (Aston Martin). Sorti en glissade du dernier virage, il a maintenu de justesse la monoplace autrichienne dans ses rétroviseurs. Puis il a repris sa chevauchée jusqu'au coup de tonnerre du retrait du Batave, qui pointait au 39e à 5"2 de lui. Propulsé à la deuxième place, le second pilote de Red Bull, Sergio Pérez, n'a jamais représenté une menace pour lui.

71 points sur 78 possibles

A l'aise à bord de sa Ferrari comme il l'avait souligné samedi, il s'est même permis de désobéir pour aller chercher le point bonus dans le dernier tour. "On peut essayer de faire le meilleur tour avant qu'il n'y ait trop de trafic ?", a-t-il demandé, à Xavier Marcos. "Négatif. On a le meilleur tour et on ne pense pas que quelqu'un le battra", lui a répondu son ingénieur de course. "Ok, ok…", a ajouté sur l'instant le pilote, qui s'est quand même fendu d'une petite charge finale.
Avec les trois points bonus en trois courses et 71 points sur 78 possibles, Charles Leclerc a attaqué la saison sur un rythme de champion, à n'en pas douter. Et son plus proche suivant est l'inattendu George Russell (Mercedes) avec 37 points. Alors que Max Verstappen (Red Bull) patine sérieusement au sixième rang avec 25 points.
"A Bahreïn, on avait déjà eu le contrôle de la course, mais là honnêtement, on était vraiment très rapide, a-t-il réagi au micro de Canal+. On a bien géré les pneus, on n'a pas eu de grainage. On avait un peu peur de ça à l'avant sur le premier relais. Après, la voiture était juste parfaite. Je suis trop content. C'est encore une première place, même si on n'est qu'à la troisième course du championnat, ça fait plaisir. Il faut continuer de pousser un max."

"On n'a pas de problème"

Avec désormais 46 points d'avance sur Max Verstappen, il a de quoi voir venir, même si l'attentisme n'est pas une option pour lui ni les Rouges. Et son but est de gagner ses galons de champion en piste, au contact des pilotes les plus renommés. "Très honnêtement, c'est dommage, a-t-il poursuivi pour la chaîne française, à propos de cet écart qui le laisse un peu seul au monde pour l'instant. Les gens pourraient penser que je suis content d'avoir cette avance. C'est sûr que c'est toujours mieux mais ce n'est pas la façon dont je veux gagner. Aujourd'hui, dans tous les cas, comme à Bahreïn, on aurait gagné, mais on n'aurait pas cette avance-là. Ça montre que ça reste proche entre les voitures mais encore une fois ça souligne le grand boulot de Ferrari. On a vraiment fait un énorme pas en avant en performance comparé à l'année dernière, surtout du point de vue du moteur. Mais on n'a pas de problème. C'est surtout grâce aux personnes à Maranello et je ne peux que les remercier."
"On n'a pas de problème", Carlos Sainz aimerait en dire autant. Trahi pour son volant samedi en Q3, qualifié neuvième, l'Espagnol n'a pas décollé de son emplacement dimanche. A la fin du premier tour, il pointait quatorzième, et à vouloir forcer dans le peloton, l'histoire s'est terminée dans un bac à graviers, dans la désillusion et l'amertume. "On a eu un problème de volant, le même que samedi. Il aurait fallu le changer", a regretté le Madrilène, qui a enregistré son premier abandon en rouge.

N°1 mondial devant les tifosi à Imola

Invité à se prononcer sur le statut de Charles Leclerc chez Ferrari, en raison des maigres points (33) amassés par son coéquipier au championnat, le directeur d'équipe Mattia Binotto a botté en touche. Il est trop tôt pour installer le fils du double champion du monde des rallyes dans un rôle de pilote n°2 et Imola arrive. Devant son public, dans deux semaines, Ferrari veut avoir ses deux pilotes pleinement mobilisés pour célébrer son retour au premier plan. "A Imola, ça va être incroyable comme à chaque fois, s'est réjoui Charles Leclerc. Mais ce sera la première fois que j'arriverai en Italie en tête du championnat du monde et en ayant de vraies chances de me battre pour le championnat. Ça va être vraiment spécial."
"Charlot" sera effectivement le premier pilote de la Scuderia à rouler en n°1 mondial sur un circuit italien depuis Sebastian Vettel en 2017 à Monza. Mais si l'Allemand avait perdu sa place de leader au soir de la course dans le "Temple de la vitesse", Charles Leclerc est assuré de repartir d'Italie en tête du championnat du monde.
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