C'est un gigantesque retour en arrière. Jamais, depuis l'année de sa promotion en 2016, Max Verstappen n'avait accusé autant de retard sur le leader du Mondial après les trois premiers Grands Prix de la saison. Substantifique différence : il est le tenant du titre et cet écart de 46 points le séparant de Charles Leclerc n'a absolument pas la même valeur qu'à l'époque où le prodige batave n'était qu'un spectateur privilégié de la domination de Lewis Hamilton.
Autrefois chouchou de l'écurie Red Bull, le pilote de 24 ans en est aujourd'hui un patron officieux. Le Néerlandais n'a jamais eu la langue dans sa poche mais il s'autorise, maintenant, à appuyer là où ça fait mal. "On ne peut pas se permettre ce genre de choses quand on veut se battre pour le titre mondial, a-t-il lâché dimanche en Australie, après un deuxième abandon en trois courses. C'est inacceptable, ça ne pourra pas fonctionner comme ça."
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Le titre est-il la cause ?

Un mois aura donc suffi à faire fissurer un projet devenu gagnant au bout d'un combat à rebondissements, durable et pénible. Sans que l'on sache réellement s'il existe un lien de causalité entre ces deux constats. En fin de saison dernière, on imaginait volontiers que la course à l'armement qui avait opposé les Taureaux Rouges à Mercedes finirait par affecter leur préparation pour la nouvelle ère.

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Les essais hivernaux, conjugués à une confiance assumée par les dirigeants de l'écurie, avaient rapidement dissipé cette idée. Elle a refait surface : "Notre monoplace est bien trop lourde mais nous avons bouclé son développement tardivement, car nous étions dans la course au titre jusqu'à la fin de l'année dernière", a admis Helmut Marko, conseiller de la firme lors d'un entretien accordé à De Telegraaf.
Red Bull apportera des mises à jour lors des deux prochains Grands Prix, à Imola puis Miami, mais n'a pas encore défini clairement les causes du deuxième abandon de son leader. Les seuls indices pour le moment ? Cette nouvelle défaillance n'a rien à voir avec celle de Bahreïn, et elle avait pointé le bout de son nez… avant même le départ du Grand Prix.

L'amour et la raison

Pas de quoi renforcer la thèse la moins inquiétante du double accident. "Il ne semble pas qu'il y ait de solution claire, a confirmé Verstappen. Nous devons donc travailler dur pour essayer d'améliorer notre fiabilité." Champion du monde à 24 ans après avoir été le talent le plus précoce de l'histoire de la F1, le Néerlandais a logiquement mis sa patience de côté après avoir enlevé un titre qui, pour lui, n'avait rien d'une finalité.

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Dès son tour de gloire à Abu Dhabi, le champion oranje avait clamé son amour pour l'écurie qui l'a révélé, au point de souhaiter que cette collaboration dure "toute sa vie". Red Bull avait exaucé son vœu en lui offrant un contrat en or massif. Le risque d'un début de saison comme celui-ci est de ramener l'amour à la raison.
Comme à chaque fois qu'il s'est réengagé avec la marque de boisson énergisante, Verstappen a tenu à inclure une clause de sortie activable en cas de perte significative de performance. Jusqu'ici, il n'avait jamais réellement brandi cette menace, y compris lorsque Mercedes lui faisait la cour. Cette fois, tout autre résultat qu'un nouveau titre de champion du monde serait une forme de régression dans la carrière du Néerlandais. Et ça change tout.

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