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Bonus-malus : Verstappen roi de la "course à la dure", Leclerc beau perdant

Bonus-malus : Verstappen roi de la "course à la dure", Leclerc beau perdant

Le 30/06/2019 à 23:41Mis à jour Le 01/07/2019 à 22:40

GRAND PRIX D'AUTRICHE - Guidé par la loi du plus fort dimanche, Max Verstappen (Red Bull) n'a pas fait de cadeau à Charles Leclerc (Ferrari) pour la victoire. Mais du côté de Sebastian Vettel, Ferrari n'avait pas non plus les bonnes ondes... Sans parler de Renault et Romain Grosjean (Haas), incapables de comprendre où était le problème...

La note : 4/5

Au moment où pas mal d'idées inadaptées à la F1 circulent en mode panique (handicap de poids, grille inversée...) pour redonner de l'intérêt au sport dans le seul but de casser l'hégémonie de Mercedes, ce Grand Prix a apporté la meilleure des réponses puisqu'elle a été purement sportive. Pilotes et écuries sont rarement contents mais Pirelli avait dans son offre des "medium" et "tendre" qui ont ouvert l'éventail des choix et mené à une cruelle déception chez Ferrari. On l'a découvert au fil d'un suspense qui n'a fait d'augmenter, pour déboucher sur le doublé de pilotes (Verstappen et Leclerc ont 21 ans) le plus jeune de l'Histoire de la F1.

Le vainqueur : Max Verstappen (Red Bull)

Il était avec les Mercedes boys l'un des trois partants du Top 10 en "medium". Il avait flairé la bonne stratégie et l'a fait payer à ses adversaires en "tendre, dont Charles Leclerc (Ferrari) fut le plus célèbre. Deuxième au signal de départ, il a été ralenti par l'anti-calage à cause d'un embrayage réglé de façon un peu trop agressive. Tombé septième, il a construit sa victoire sur un relais de 31 tours, car il s'est retrouvé en fin de course avec des "dur" qui avaient dix tours de moins que ceux de Valtteri Bottas (Mercedes) et Charles Leclerc (Ferrari).

Il est devenu intenable à 15 tours de la fin et Red Bull, qui était sur son circuit, l'a suivi dans sa démarche. C'était la victoire ou rien et elle lui a accordé toute la puissance du Honda jusqu'à la fin de la course.

On connait sa mentalité et on ne doutait pas de son agressivité vis-à-vis de Charles Leclerc. Le dépassement fut une exécution, un exemple de "course à la dure" comme il l'aime. Positionné à l'intérieur à l'arrivée sur le virage n°3, il devait forcément élargir sa trajectoire pour garder de la vitesse en sortie. Tout cela était convenu et il ne s'est pas privé… Les commissaires, conseillés par Tom Kristensen, ont confirmé une fois de plus que le blockpass fait partie de l'arsenal du pilote moderne.

Max Verstappen (Red Bull) au Grand Prix d'Autriche 2019

Le battu : Charles Leclerc (Ferrari)

Le Monégasque pourrait relativiser s'il n'avait déjà perdu une victoire toute faite à Bahreïn. Il ne faut jamais s'exposer à une attaque de Max Verstappen (Red Bull) et sa défaite est d'abord technique, car ce que Ferrari voyait comme un avantage de partir en "tendre" s'est avérée une réelle faiblesse.

C'est vrai, il tournait bien quand Valtteri Bottas a décidé de lâcher ses "medium" au 22e tour. Mais son patron Mattia Binotto l'a bien dit : il fallait surveiller la Mercedes. Le Finlandais était son premier adversaire et stopper était devenu une nécessité pour ne pas s'exposer à une neutralisation. Mener une course est un redoutable privilège.

Sur l'action du 69e tour, il est clairement une victime. Il prend bien l'extérieur et doit avoir la place de passer, comme au tour précédent. Il est aussi la preuve manifeste que la règle n'assume pas ses exceptions. Il s'est fait tamponner par Max Verstappen et pousser à l'extérieur.

"Dans l'ensemble, Red Bull était très rapide, meilleure que nous pour préserver ses pneus, a-t-il dit. Est-ce que je pense que le dépassement était dans les règles ? Je ne le pense pas mais je crois qu'à la fin le résultat aurait probablement été le même. C'est juste qu'on ne dépasse pas comme ça, je pense !"

Les survivants : Valtteri Bottas et Lewis Hamilton

La Flèche d'argent capable de gagner sur n'importe quel circuit dix fois de suite a révélé son insoupçonnable talon d'Achille : la chaleur et l'altitude combinées ne lui conviennent pas. Les techniciens ont ouvert au maximum la carrosserie de la W10 pour évacuer les calories mais ça n'a pas suffi. Ils ont bridé le V6 et Valtteri Bottas et Lewis Hamilton ont roulé "à l'économie". Sans pouvoir attaquer, ni se défendre.

Le cafouillage : Ferrari au stand

Radio HS, les mécaniciens n'étaient pas au courant de l'arrivée de Sebastian Vettel… 11 secondes envolées, et sûrement un podium puisque l'Allemand a échoué à 1"3 de Valtteri Bottas (Mercedes).

Le bonus : Alfa Romeo

Deux voitures dans les points pour la première fois depuis des décennies et une scène cocasse dans "l'hospitality" à l'arrivée : Frédéric Vasseur a poursuivi Antonio Giovinazzi avec une paire de ciseaux. Le directeur d'équipe avait promis de lui couper les cheveux dès qu'il marquerait ses premiers points.

Le malus : Renault

Nico Hülkenberg et Daniel Ricciardo 11e et 12e à un tour. Le Losange continue de chercher le loup sur la RS19... "Ce n'est pas un bon week-end, a avoué le directeur d'équipe, Cyril Abiteboul. Même si nous avions le rythme pour être un peu plus haut sur la grille, ce circuit a exposé les faiblesses de notre voiture, similaires aux courses précédentes, mais de façon plus exacerbée ce week-end. Nous devons identifier s'il y avait quelque chose de spécifique sur les réglages ou simplement une caractéristique du châssis sur laquelle nous devons travailler."

La news

Le virage n°1 du Red Bull Ring a été renommé Niki Lauda Kurve en l'honneur du triple champion du monde disparu en mai.

La stat : 9

Ce Grand Prix d'Autriche est seulement le neuvième de l'Histoire sans abandon.

La déclaration : Romain Grosjean (Haas)

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