Un désastre, il n'y a pas d'autre mot. La Ferrari SF1000 n'a pas permis à Charles Leclerc d'aller chercher mieux qu'une septième place sur la grille de départ de la première manche du championnat, samedi, et elle a refusé l'accès de la Q3 d'un Sebastian Vettel il est vrai pas exempt de tout reproche.

Le fait est que les pilotes rouges ont subi c'est un sacré déclassement : le Monégasque était parti de la pole position il y a un an sur le Red Bull Ring. Pour ce qui est de l'Allemand, c'est plus difficile à juger : il avait essuyé un problème de moteur en Q3.

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Néanmoins, c'est le pire début de saison de la Scuderia en qualification depuis 2012 avec les douzième et seizième places de Fernando Alonso et Felipe Massa. Et encore, la voiture n'était pas en cause comme aujourd'hui : l'Espagnol avait fini dans les graviers après un tête-à-queue, et le Brésilien, perdu dans les réglages, n'avait pas eu un tour clair. Et s'il faut seulement prendre en considération les faillites techniques, le dernier fiasco comparable remonte à 1990 à Phoenix, avec les septième et dix-septième places d'Alain Prost et Nigel Mansell.

Nous pensions avoir encore sous la pédale

"Nous avons besoin aujourd'hui de travailler pour construire une meilleure machine pour le futur", a déclaré Charles Leclerc à La Gezzetta dello Sport. Il a été relégué à 0"984 du poleman Valtteri Bottas (Mercedes), sur l'un des circuits les plus courts de la saison en termes de temps au tour. Mais pour ça, il faudra être patient : la Scuderia est arrivée en Autriche en avouant que la première évolution sur la SF1000 serait pour le troisième Grand Prix de la saison, dans deux semaines, en Hongrie…

"Les points seront en jeu dimanche, c'est difficile de faire des miracles, mais nous essaierons d'obtenir le meilleur résultat, a-t-il poursuivi. Nous ne devons pas nous démoraliser. Nous ne sommes pas là où nous voudrions mais nous devons continuer de travailler en groupe pour trouver les petits détails qu'il est possible d'améliorer. La chance peut tourner, certes pas pour lutter contre les Mercedes, mais nous allons tout donner pour essayer de nous retrouver plus haut."

"Bien sûr, c'est une surprise, nous pensions avoir encore sous la pédale mais les autres ont probablement roulé avec un peu plus d'essence ou alors nous avons été plus conservateurs lors des essais libres, a déclaré Sebastian Vettel, au micro de SkySports. Je n'étais pas tellement content de la voiture : elle avait plus de survirage en entrée que je ne l'aurais voulu." Ce fut manifeste lors de son tour décisif en Q1, gâché dès le premier virage négocié au-delà de la bordure jaune, ce qui a déstabilisé sa machine.

"Vettel va leur échapper complètement, il va faire ce qu’il veut"

Vettel pris dans un survirage infernal datant d'un an…

C'est un détail qui n'en est pas un : le quadruple champion du monde a un pilotage avec un naturel sous-vireur, et il a toujours apprécié les monoplaces dotées d'un train avant précis, avec du grip. Et le problème qu'il décrit là n'est pas nouveau. Il date même d'un an. En juin 2019, au Grand Prix de France, Ferrari avait installé un nouveau kit sur la "rossa", avec notamment un aileron avant allant dans le sens inverse de la direction de développement qu'il espérait. Et qui au contraire convenait parfaitement à Charles Leclerc.

Cela avait marqué le début d'une mauvaise passe en qualification, soldée par sept défaites en onze séances officielles du samedi jusqu'à la conclusion de la saison. Et apparemment, Mattia Binotto, le directeur technique, qui s'est chargé en mai dernier de l'appeler pour lui signifier la non-reconduction de son contrat, n'a rien fait pour arranger les choses…

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