"Je fais à peine 20 tours par an au simulateur. Je n'y trouve aucun intérêt". Ces propos définitifs de Lewis Hamilton datent du temps de sa splendeur sereine. Juste après le coup de stratégie magistral qui lui avait permis de souffler la victoire à Max Verstappen au Grand Prix d'Espagne, le 9 mai à Montmelo. Depuis, c'est le désastre rampant. Le Britannique a pris quatre coups sur la tête de suite. Il a lâché sa place de n°1 mondial et même un peu perdu de vue le Néerlandais, l'incontestable homme fort du championnat qui le domine désormais de 18 longueurs.
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"C'est vraiment très dur pour nous depuis Monaco, qui a été un désastre. Pareil à Bakou, a-t-il confié jeudi en conférence de presse. C'était mieux en France, mieux la semaine dernière. Mais quand même, Red Bull a une longueur d'avance sur nous.""Nous n'avons pas d'amélioration ici", a-t-il rappelé, en échos à ses propos de dimanche.
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Un outil pas très agréable

Plus inquiétant, il avait avoué à l'arrivée du Grand Prix de Styrie de ne pas se souvenir de la dernière fois que Mercedes avait greffé de nouvelles pièces sur sa W12. Et ignorer où et comment son équipe pourrait trouver un surcroit de compétitivité dans les Grands Prix à venir. Mais sans tout attendre d'elle, il avait promis de "faire le meilleur boulot possible".

Lewis Hamilton (Mercedes) au Grand Prix d'Autriche 2021

Crédit: Getty Images

Lewis Hamilton a toujours eu la même attitude : il crédite son équipe dans les bons moments et se remet en question avec elle dans les mauvais. Sans a priori. A tel point qu'il vient de passer outre son aversion pour le simulateur, un outil coûtant au bas mot 30 millions d'euros, dont nombre de pilotes contestent l'apport ou détestent tout simplement la sensation de "mal des transports" ou cinétose qu'il procure.
Ce n'est pas lui qui en a parlé en premier, mais James Allison. Dans le podcast F1 Nation, l'ex-directeur technique et nouveau chef du Bureau technique a confié que le Britannique a fait "beaucoup de tours au simulateur" cette semaine, en se montrant "impliqué comme tout le monde pour s'assurer de trouver les détails dont le team a besoin pour mettre la pression sur Red Bull".
Ce que l'intéressé à confirmer, sans enthousiasme quand même. "Je ne peux pas dire que j'ai forcément aimé, a avoué l'Anglais de 36 ans. J'y suis allé juste pour voir s'il y avait une quelconque façon d'aider plus l'équipe. Je pense qu'on a trouvé un ou deux trucs bien mais rien de bouleversant, je vais donc continuer de travailler avec Anthony (Davidson, le pilote du simulateur) et d'autres pilotes. Nous allons travaillons sur la façon de communiquer avec eux pour être sûrs de tester les bonnes choses. Dans l'ensemble, cela a été positif."

Bientôt à pied comme Alonso ?

Et de rappeler que rien n'est perdu à ce stade de la saison. "Nous n'avons même pas fait la moitié de la saison, nous restons dans la bagarre et dans la course au titre", a-t-il martelé.
En mai dernier, lorsqu'il s'était confié sur sa méthode de préparation, le septuple champion du monde avait aussi mentionné l'inutilité pour lui de la reconnaissance du circuit. La veille des essais, beaucoup de pilotes se plient au rituel d'un tour en compagnie de leurs équipes rapprochées. S'il leur permet de se rendre compte de l'état des bordures, des dégâts que peuvent faire les abords de la chaussée et de la façon de recourir aux échappatoires pour revenir en piste, ce tour est généralement perçu comme une mise en condition pour le week-end, un moment d'échanges avec l'équipe sur des sujets variés.

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"J'avais l'habitude de parcourir le circuit à pied quand j'étais jeune, mais j'ai découvert que, pour moi, c'était un exercice inutile, avait expliqué Lewis Hamilton. C'est bien différent quand on l'approche à haute vitesse. Ce que j'ai découvert, c'est que c'est un gaspillage d'énergie ; tout mon week-end consiste à garder l'énergie et la maintenir pour que je fasse mon travail."
On ne sait pas s'il va aussi reconsidérer aussi cet aspect de la préparation de son week-end, mais le double champion du monde Fernando Alonso, bientôt 40 ans, vient d'avouer qu'il y trouvait à nouveau un intérêt.
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