Eurosport
Grand Prix d'Autriche - Ça chauffe entre Leclerc et Sainz : Bagarre tendue en piste et entente de façade
Par
Publié 09/07/2022 à 19:12 GMT+2
GRAND PRIX D'AUTRICHE - Charles Leclerc et Carlos Sainz (Ferrari) n'étaient pas là pour s'entendre afin de mettre en échec Max Verstappen (Red Bull). Il aurait pourtant fallu, car à s'écharper, risquer l'accrochage, ils ont laissé le Néerlandais filer vers une victoire tranquille en course sprint, samedi à Spielberg. A l'arrivée, c'était encore la paix armée mais…
Carlos Sainz et Charles Leclerc (Ferrari) après la cours esprint du Grand Prix d'Autriche 2022
Crédit: Getty Images
Une lutte intéressante pour les spectateurs, encore destructrice pour Ferrari. L'écurie italienne ne s'en sort pas. Dimanche dernier à Silverstone, Mattia Binotto, directeur d'équipe de la Scuderia, n'avait pas voulu choisir entre ses pilotes, et le succès des Rouges dans le Grand Prix de Grande-Bretagne était plus apparu comme une défaite de Charles Leclerc qu'une victoire de Carlos Sainz.
Ce non-choix, particulièrement dommageable dans la course au titre mondial Pilotes, n'a fait qu'exacerber la frustration du Monégasque et décupler les ambitions de l'Espagnol, qui s'est découvert une stature de prétendant à la couronne.
Avec seulement 11 points de retard sur son coéquipier, le Madrilène n'a pas hésité à saisir sa chance lors de la deuxième course sprint de la saison, samedi à Spielberg, où se tient le Grand Prix d'Autriche. Et à mener bataille contre l'autre "rossa". Jusqu'à oublier de gérer ses pneus, et laisser filer le Néerlandais pour de bon.
"Je pensais que la bataille se passait devant..."
Charles Leclerc mal positionné derrière le poleman Max Verstappen (Red Bull), le fils du double champion du monde des rallyes s'est engouffré dans la brèche au premier virage, et a crânement challengé la RB18 n°1 au traditionnel point chaud du virage n°3. Redoublé par la F1 75 n°16 à l'intérieur au n°4, il n'a pas perdu de vue sa cible et il a fait peur à tous les tifosi en retardant son freinage au n°6. La manœuvre ne fut pas aussi risquée que l'assaut grotesque du pilote de la Principauté contre Sebastian Vettel à ce même endroit en 2019, mais on a eu une certitude à cet instant : les couteaux étaient de sortie chez les Rouges.
Encore attaqué au virage n°3 au 7e passage, Leclerc a repiqué à l'intérieur pour reprendre sa position, et a surtout verrouillé sans ménagement au tournant suivant. Ce dont Sainz s'est ému calment, en lâchant à la radio : "Je pensais que la bataille se passait devant.."
Ferrari n'a pas bougé, et la suite a montré que les deux monoplaces rouges avaient tapé dans leurs pneus plus que de raison. En tous les cas suffisamment pour s'interdit de rêver à un renversement comme l'avait opéré Verstappen à Imola.
Leclerc s'est accroché au mince espoir d'une faute du leader, et a fini ses 23 tours à 1"6, tandis que Sainz a complètement perdu pied, en finissant troisième à 5"6.
Après ce moment de franche tension, on attendait de voir l'attitude des deux hommes à l'arrivée. Leclerc, réfugié dans une conversation avec Verstappen, a vu Sainz passer devant lui pour aller chercher sa médaille. L'Espagnol a tendu la main, "Charlot" l'a empoignée sans croiser son regard mais chacun aura remarqué la petite tape qu'il a donnée dans le dos de l'Ibère, comme il le fait souvent. Et puis, ils ont échangé quelques propos pendant que Max Verstappen expliquait sa course au micro de Formula 1.
Cet épisode laissera-t-il des traces ? Leclerc et Sainz ont préservé l'essentiel. Ils ne se sont pas touchés, mais on senti que leur relation était peut-être désormais en sursis, et que l'esprit de collaboration en avait peut-être souffert.
"Cela a été assez compliqué, a raconté Leclerc, à chaud. La première partie de course a été de la gestion. Max a attaqué avec ses pneus, et moi à la fin, mais il y a eu la bataille avec Carlos. J'ai commencé à pousser pour me rapprocher mais c'était trop serré entre nous en termes de rythme."
"Dimanche, j'espère faire un bon départ afin de mettre la pression sur Max", a-t-il ajouté. Pour cela, il faudrait peut-être jouer à deux contre un, ce dont il n'est pas sûr. "J'espère que nous pourrons travailler ensemble demain…", a-t-il lancé, sans vouloir s'attarder.
De son côté, Sainz a minimisé l'impact de sa bagarre avec son coéquipier : "J'ai pris un bon départ, j'ai eu quelques bonnes bagarres au début, avec Max au n°3, puis avec Charles plus tard. Peut-être ai-je un peu surchauffé, et j'ai du lever le pied. J'espère qu'on sera tous les deux dans la bataille avec Charles contre Max demain et qu'on pourra le battre."
Sur le même sujet
Publicité
Publicité