Grand Prix d'Autriche - "Content que le bon sens ait prévalu" : pourquoi George Russell a-t-il conservé sa pole position devant Charles Leclerc ?
Mis à jour 27/06/2026 à 21:01 GMT+2
George Russell (Mercedes) a arraché la pole position du Grand Prix d'Autriche à Charles Leclerc dans la confusion la plus totale, samedi. Alors que Max Verstappen venait de se crasher au virage 9, le Britannique a amélioré son chrono, laissant présager qu'il n'avait pas coupé son effort sous régime de double drapeau jaune. Or, il s'agissait d'un unique drapeau jaune, qu'il a respecté en freinant.
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"Être coiffé au poteau : expression signifiant avoir été dépassé de peu par son adversaire. Exemple : la première place décrochée par George Russell au nez et à la barbe de Charles Leclerc lors des qualifications du Grand Prix d'Autriche 2026." Vaincue alors qu'elle avait commencé à fêter la performance de son pilote monégasque, la Scuderia Ferrari se souviendra longtemps du dénouement aussi inattendu que confus de cette séance.
Ce samedi, le garage italien a exulté lorsque Charles Leclerc a conclu son ultime tour de Q3 synonyme de pole position devant son coéquipier Lewis Hamilton. Inimaginable pour l'écurie de Maranello de ne pas célébrer son premier doublé en qualifications depuis le Grand Prix du Mexique 2023 ! Surtout que, quelques secondes plus tard, Max Verstappen (Red Bull) poussait trop loin son effort et décrochait violemment à l'avant-dernier virage. Alors que le décompte de la Q3 était terminé, l'accident du Néerlandais devait normalement figer le classement.
Kimi Antonelli piégé
Normalement, car George Russell (Mercedes), qui succédait Verstappen, a pu franchir la ligne d'arrivée avec le meilleur chrono de la séance : 1'06''113, soit plus de deux dixièmes de seconde de mieux que le temps de Leclerc. "J'ai vu le drapeau jaune, j'ai beaucoup levé le pied avant le virage, j'y suis entré avec cinq dixièmes d'avance et j'en suis sorti avec deux dixièmes et demi d'avance", s'est défendu le pilote Mercedes dans le parc fermé, alors que la situation était très confuse.
Si la direction de course a immédiatement noté l'amélioration anormale du chrono de Russell alors qu'un accident venait de se produire dans le dernier secteur, elle a finalement décidé de ne pas enquêter davantage, entérinant ainsi la quatrième pole position du Britannique en 2026, la seconde d'affilée après celle décrochée à Barcelone il y a deux semaines. La raison ? Au moment où Russell a traversé la zone de l'accident, un simple drapeau jaune était brandi, ce qui signifie que le pilote devait ralentir significativement. Il n'était donc pas contraint d'avorter sa tentative comme l'exige le régime de double drapeau jaune.
Les images ont d'ailleurs confirmé que le double drapeau jaune n'a été exhibé qu'une vingtaine de secondes après l'impact, soit après le passage des deux Flèches d'argent. Sauf que Kimi Antonelli, finalement quatrième sur la grille, a mal identifié le signal et a préféré couper son effort dans la peur de perdre son chrono : "J'ai entendu 'jaune, jaune' et, ensuite, j'ai mal vu mon tableau de bord puis le commissaire de piste du virage 9 à cause du soleil."
La Scuderia est amère
Contrairement à Russell qui, lui, a bien évalué la situation et respecté les consignes : "Mon tour était incroyable (avant l'incident). Je n'ai pas la réponse exacte sur d'où venait ce temps, mais tout semblait parfait, a-t-il déroulé en conférence de presse, désormais assuré de partir depuis le premier emplacement de la grille dimanche. Lorsque j'ai vu le drapeau jaune, j'ai levé le pied sur 100 mètres, j'ai perdu énormément de temps et quand j'ai tourné dans le virage, j'ai vu le drapeau vert devant moi. Je n'ai pas vu la voiture de Verstappen enfoncée dans le mur. Je suis content que le bon sens ait prévalu."
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Interrogé sur la polémique, Frédéric Vasseur, dont les propos ont été rapportés par autoracer.it, a estimé que la décision des commissaires était cohérente avec le règlement, même si elle était dure à avaler pour Ferrari : "Un seul drapeau jaune a été agité et on peut discuter de savoir si c'était le bon choix dans cette situation. La voiture médicale a même dû entrer en piste, mais il est clair qu'avec un drapeau jaune, il faut réduire la vitesse d'environ 5% dans le secteur concerné et nous n'avons pas accès aux données. La direction de course a décidé qu'aucune sanction supplémentaire n'était nécessaire et c'est ainsi. Certes, la pole position obtenue sous drapeau jaune est un peu étrange, mais c'est comme ça."
Et le directeur de la Scuderia de lâcher : "Cette année, les choses vont dans la mauvaise direction pour nous et dans la bonne pour Mercedes, mais nous continuons à nous battre. Je ne veux pas perdre d'énergie dans les polémiques, car je préfère me concentrer sur la course de demain, mais oui, très souvent, on dirait que la pièce tombe toujours du bon côté pour Mercedes."
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