Max Verstappen avait déjà pesté contre les conditions dont la pole position s'était décidée, samedi à Bakou. De la même façon qu'à Monaco avec Charles Leclerc (Ferrari), le pilote de Red Bull avait été privé d'une dernière tentative contre le chrono en raison d'un drapeau rouge, déployé suite au crash de son confrère de l'équipe B de Red Bull, Yuki Tsunoda (AlphaTauri).
Le film de la course
Assez calme sur le front médiatique jusque-là, le n°1 mondial s'était déchaîné. "C'était une qualification tout simplement stupide, avait lancé. Tout marchait bien, mais c'est à chaque fois la même merde !"
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Malheureusement, une frustration bien plus importante le guettait dimanche. Qualifié troisième derrière Charles Leclerc (Ferrari) et son rival dans la course au titre, Lewis Hamilton (Mercedes), il menait depuis son undercut réussi au 13e tour sur le pilote de la W12 n°44, et son coéquipier Sergio Pérez faisait tampon à la deuxième place. Un pactole de 26 points devait accompagner sa 13e arrivée victorieuse en Championnat du monde, avec à la clé une avance porté à 15 longueurs sur l'Anglais.
Lance Stroll avait explosé le pneu arrière gauche de son Aston Martin AMR01 au 31e des 51 tours, et rencontré le mur de la grande ligne droite à plus de 300 km/h, sans manifestement éveiller la moindre inquiétude chez Red Bull. Le Canadien était remonté jusqu'à la quatrième place avec ce train de "dur" installé sur sa machine dès le départ. Un coup de stratégie magistral, comme l'avait aussi illustré son leader chez les Verts, Sebastian Vettel.

Coup de pied rageur

Non, ce pneu arrière gauche n'avait pas attiré l'attention des hommes de Red Bull, puisque c'est son opposé qui était notoirement à surveiller sur le tracé des bords de la mer Caspienne. "Le pneu arrière droit est celui qui surchauffe le plus", avait d'ailleurs rappelé l'ingénieur Gianpiero Lambiase au Batave, au 19e tour.
Deux semaines après Monaco, Max Verstappen avait à nouveau tout sous contrôle, mais peut-être trop envie d'enfoncer Lewis Hamilton... Aux 25 points de la victoire, il voulait ajouter celui du bonus du meilleur tour en course. Cette quête facile, à le voir matraquer le chrono, était cependant une grossière erreur allant à l'encontre d'un instinct de conservation qu'il avait pourtant montré cette saison. Au 47e passage, ce fut le remake de l'accident de l'Aston Martin. A la différence près que la Red Bull a obliqué à droite dans la barrière de béton.
Un gros coup de chaud et un coup de pied rageur dans le pneu arrière gauche plus tard, Max Verstappen est rentré à son garage exposer sa mésaventure. Et dire ensuite le fond de sa pensée devant micros et caméras. Sans filtre.
"Evidemment, je suis déçu, a-t-il expliqué au media néerlandais Ziggo Sport. C'était une course très facile. Nous contrôlions la vitesse, mais bien sûr, nous devions faire un très long relais en pneus 'dur'. Tout était très confortable et je n'avais pas de vibrations ou quelque chose autre du genre. C'est donc très étrange ce qui est arrivé…"
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"Bien, sûr, je connais déjà la conclusion"

Refusant de retenir la thèse d'un débris de l'Aston Martin de Stroll oublié en piste, le Néerlandais a précisé : "Nous pilotons tous sur la trajectoire la plus rapide tour après tour, c'est donc très étrange que ce ne soit arrivé qu'à moi. Pirelli va probablement encore dire que c'est un bout de carbone. C'était la même chose à Imola. C'est quelque chose qu'on a du mal à entendre. Le fait est que c'est une nouvelle crevaison. Ce n'est pas seulement arrivé à moi, mais Stroll aussi."
"Bien, sûr, je connais déjà la conclusion (de l'enquête de Pirelli). Ce sera probablement encore des 'débris'", a-t-il répété. Ce à quoi le manufacturier italien n'a pas tardé à réagir. Tout en se gardant de pointer une cause avant le résultat de l'enquête lancée, Mario Isola a fait le lien entre l'endroit quasi identique où Stroll et Verstappen ont connu leurs crevaisons. Et même révélé qu'une entaille avait été constatée sur un pneu arrière gauche de la Mercedes de Lewis Hamilton. "Cette coupure a été causée par des débris", a affirmé le technicien italien à Sky.
Chez Red Bull, Christian Horner avait immédiatement incriminé Pirelli. "Je pense que c'est une rupture de pneu. Ils étaient en fin de vie. C'est exactement le même pneus qui a lâché sur la voiture de Stroll", avait fait remarquer le directeur d'équipe au conseiller Helmut Marko, pendant l'interruption de la course.
Ce dernier a enfoncé le clou un peu plus tard en écartant la responsabilité de son pilote. "Max a piloté en établissant meilleur tour après meilleur tour, a martelé le vainqueur des 24 Heures du Mans 1972 et ancien pilote de Formule 1, au media autrichien ORF. Tout ça sans même être à la limite. Il n'utilisait pas toute la puissance et sa gestion des pneus était optimale. Il n'y avait pas de signe de vibration ou de problème de température."
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