Grand Prix d'Azerbaïdjan | "Lance n'est pas un petit frère" : Aston Martin nie l'emprise d'Alonso sur Stroll

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GRAND PRIX D'AZERBAÏDJAN - La façon dont Fernando Alonso (Aston Martin) s'est proposé d'aider Lance Stroll, en pleine course dimanche, a fait jaser. Était-ce vraiment une aide désintéressée de la part de l'Espagnol, ou une façon de renforcer un peu plus son leadership ? "Nando" s'est voulu rassurant sur sa relation avec le fils du patron. Et le Team Principal, Mike Krack, assez ferme.

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Video credit: Eurosport

Fernando Alonso a pris le pouvoir chez Aston Martin, peut-être même dès le premier jour où il a mis les pieds dans le garage britannique, le 22 novembre dernier à Abou Dabi. Charismatique, influent, surmotivé, fédérateur, le double champion du monde a de suite posé sa patte sur l'équipe. Et n'a depuis jamais desserré l'étreinte.
Dans les faits et plus encore en piste, il en est devenu l'incontestable leader. En quatre Grands Prix, il a amassé trois podiums et 60 points, plus du double de Lance Stroll (27), son voisin de stand. A Bakou, il est allé encore un peu plus loin dans sa relation avec son équipe en préconisant en pleine course des réglages pour… son coéquipier.

Pacte de non-agression

Avec sa vision globale de la course, sa perception de ce qui se trame autour de lui, "Nando" se permet souvent d'être directif pour ce qui le concerne. En pleine chasse de Lewis Hamilton (Mercedes) au Grand Prix d'Azerbaïdjan, il s'est autorisé un dépassement de fonction en suggérant des modifications pour l'AMR23 de son coéquipier. En début de course, le fils du patron l'avait assuré de sa bienveillance, alors qu'il chassait avec lui Lewis Hamilton (Mercedes). "Je ne vais pas attaquer Fernando. On joue tous les deux le même jeu", avait prévenu le Canadien. Aston Martin avait immédiatement passé le message : "Lance ne t'attaquera pas"."Il peut y aller. On va finir par doubler Hamilton qui commence à avoir du grainage !", avait répondu l'Asturien, sur un ton tranquille. Sûr que son coéquipier ne viendrait pas le chercher.
C'est peut-être pour ça que l'Asturien a proposé son aide à son collègue, un peu plus tard. Au 16e passage, Lance Stroll a heurté le mur à un point de corde, et a eu bien de la chance de poursuivre sa route. Hasard ou coïncidence, Fernando Alonso est intervenu deux boucles plus tard pour lui filer un coup de main. "Dites à Lance de prendre ma balance de freins. Comme elle est là, c'est une bonne aide", a-t-il proposé. "Noté Fernando. On a tout compris", lui a répondu son ingénieur.

"Je l'ai déjà fait par le passé"

Au 19e tour, Lance Stroll a néanmoins perdu sa septième place au profit de Lewis Hamilton dans un survirage. La conséquence d'un changement de répartition de freinage ? Le Nord-Américain ne s'est pas exprimé là-dessus à l'arrivée. Toujours est-il que les Verts ont apprécié l'échange entre leurs pilotes et leurs efforts pour maintenir Aston Martin à la deuxième place au championnat du monde Constructeurs.
Néanmoins, les mauvais esprits n'ont pas tardé à s'interroger sur la véritable intention de Fernando Alonso qui, il faut bien le dire, cache un habile politicien derrière le pilote. Un nouvel épisode supplémentaire de l'opération séduction qu'il mènerait depuis six mois ? Pas sûr qu'il ait besoin de ça. Arrivé avec une réputation de personnage clivant, le vétéran de la Formule 1 joue simplement la carte du collectif chez les Verts, et Lawrence Stroll, le propriétaire de l'équipe, ne peut qu'approuver.
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Fernando Alonso

Crédit: Getty Images

Pour couper court à toute spéculation, Fernando Alonso a rappelé que les échanges radio peuvent constituer un prisme déformant de la réalité. "Je l'ai déjà fait par le passé, a-t-il assuré à The Race, mais seules quelques-unes de mes radios étaient diffusées. Pour une raison que je ne connais pas, la réalisation F1 est gentille avec moi."

"Pas un frère et un petit frère"

"Si on ressent quelque chose dans la voiture dont on n'a pas parlé avant, quelque chose de nouveau qui peut aider l'équipe, on communique normalement avec l'équipe. Oui, c'est comme ça. Je sais que je serai dans le paddock quelques années encore, pas tant que ça, et qu'il (Lance Stroll) mènera l'équipe les 10 ou 15 années à venir. Je peux aider Lance pour les années à venir."
Néanmoins, Mike Krack a tenu à rétablir la hiérarchie dans le team. Pour le directeur d'équipe, "Lance n'est pas un petit frère (d'Alonso), ils sont au même niveau. De nombreuses fois, Fernando a regardé ce que Lance faisait et vice versa. Ces sont des coéquipiers, pas un frère et un petit frère. A la rigueur, on peut dire le plus vieux et le plus jeune." Une question de vocabulaire, car ça ne change rien, au fond.
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