Formule 1 : "Ce serait vraiment dommage de le perdre" : Tout le monde l'adore sauf... la F1, Imola une icône en danger

Eurosport sur Google

Le tracé d'Imola est peut-être pour la dernière fois, avant un petit moment au moins, le théâtre d'une course de Formule 1 ce week-end dans le cadre du Grand Prix d'Emilie-Romagne. Le contrat de la piste iconique s'achève cette saison et il y a fort à parier qu'elle subisse le même sort que ses sœurs européennes : la disparition ou l'alternance. Au grand dam des pilotes, qui adorent la piste.

"Piastri a opéré une bascule vis-à-vis de Verstappen"

Video credit: Eurosport

Pour comprendre ce qu'évoque Imola chez les pilotes de Formule 1, il n'y a qu'à observer la réaction d'Isack Hadjar sur le plateau de Quotidien le week-end dernier. Au milieu d'une interview pénible, son visage a enfin pu se décrisper un peu lorsque nom de la piste italienne a été amené sur la table : "Il y a des pistes comme ça qui donnent des sensations différentes. C'est une piste à l'ancienne, où il n'y a pas de dégagements donc chaque erreur… Ce n'est pas ma préférée, mais elle est tout là-haut." Il peut s'estimer chanceux : sa première saison en Formule 1 pourrait être la dernière du tracé mythique au calendrier des Grands Prix. L'année 2025 est l’ultime du contrat qui lie la piste et la F1, et les chances qu'il ne soit pas renouvelé sont grandes.
Liberty Media, le promoteur de la Formule 1, et la direction du championnat lui reprochent justement ce qui fait son charme auprès des pilotes : une piste un peu anachronique, spectaculaire en qualification mais soporifique en course car très peu permissive, et finalement devenu trop étroite pour les monstres que sont devenus les monoplaces modernes. "Ce n’est peut-être pas la meilleure piste pour faire la course, a admis Oscar Piastri ce jeudi. Mais en termes d’expérience de pilotage, c’est en haut de la liste." Parmi la liste des griefs, il y en a aussi un qui ne concerne pas vraiment les pilotes, mais qui est devenu capital pour les organisateurs : un droit d'entrée qui ne s'élève qu'à 28 millions de dollars par an selon les estimations, bien loin des 55, par exemple, de l'Azerbaïdjan.
picture

"En Italie, on se pose la question du bien-fondé du transfert d'Hamilton"

Video credit: Eurosport

Dans la balance, ni le magnétisme des virages de Tamburello et d'Acqua Minerale, ni la ferveur des tifosis ne font le poids contre cela. En Formule 1, dorénavant, la rançon du romantisme est proche de zéro. Seuls Monaco, et éventuellement Monza, peuvent espérer en bénéficier. Et justement, entre Imola et le temple de la vitesse, il y a un sheriff de trop dans la ville : "Il sera de plus en plus difficile d'organiser deux GP dans le même pays, parce que l'intérêt pour la F1 augmente, a essayé de justifier le patron de la F1 Stefano Domenicalli au début du mois. Il est donc difficile qu'Imola et Monza continuent à figurer ensemble au calendrier pendant longtemps."
J'adore venir ici
Ce côté du message est clair et assumé : le championnat veut s'ouvrir à de nouveaux marchés, plus pour les entrées d'argent promises en échange du puissant outil de soft power qu'offre l'organisation d'un Grand Prix, que pour l'intérêt des protagonistes. Et c'est là que se cache la partie un peu moins assumée des nouvelles orientations prises. Concrètement, Liberty Media vend un spectacle pour les spectateurs et pas un plaisir pour les 20 privilégiés de la grille. "Ce serait vraiment dommage de perdre Imola, a regretté, lui aussi, Lance Stroll ce jeudi. Il y a 25 courses et beaucoup de pays en veulent, c’est dur de réussir à caler tout le monde. Mais j’espère que celle-ci restera, j’adore venir ici."
Malheureusement pour le Canadien, il risque d'arriver à Imola, au mieux, ce qui est arrivé à Spa-Francorchamps il y a quelques mois : l'alternance en année paire ou impaire, au choix, du Grand Prix. En partenariat, pourquoi pas, avec Monza par exemple, puisque Giancarlo Minardi à la tête du CA du circuit Enzo et Dino Ferrari, assure que "les négociations ont commencé" concernant une prolongation du contrat, et que "le budget n'est pas une question pour les institutions". L'ancien directeur de l'écurie éponyme aura tout le temps d'essayer de l'expliquer aux dirigeants de la Formule 1 ce week-end. Il espère, parait-il, que le contact en face-à-face l'aide à convaincre. Peut-être serait-il inspiré d'amener avec lui quelques pilotes pour l'aider à plaider sa cause. Et un gros portefeuille.
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité