La charge de Webber

Mark Webber (Red Bull) a fait une démonstration de 66 tours, dimanche Montmelo, où Fernando Alonso (Ferrari) et Sebastian Vettel (Red Bull) l'ont accompagné sur le podium. Vettel en difficulté, Hamilton dans le mur : les derniers tours ont été haletants.

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Il est urgent de remettre Mark Webber dans la liste des prétendants au titre mondial. Dimanche, l'Australien a bouclé un week-end tout d'autorité et de maitrise en signant sa troisième victoire en carrière, sa première cette saison après ses succès en Allemagne au Brésil l'an passé. Intouchable dans la course à la pole position, l'Aussie de 33 ans n'a pas eu la même faiblesse qu'en Malaisie, où il avait perdu dans les premiers hectomètres le bénéfice de sa position de pointe au profit de son coéquipier Sebastian Vettel. Au signal de départ, son pied droit n'a pas tremblé, ses roues arrière n'ont pas patiné et il a viré avec assurance en tête au premier tournant pour ouvrir une jolie série de meilleurs tours en course.
"C'est un jour spécial, il n'y a pas de doute là-dessus et je suis très content d'avoir capitalisé sur ma pole position", a expliqué l'homme du jour, leader de bout en bout. "Ici, il faut être agressif en direction du virage N.1 au départ. Avec le phénomène d'aspiration et le fort vent de face, je savais que les gars seraient là dans la zone de freinage, et je devais être très précis à tous points de vue. Je l'ai accompli et dès lors j'étais bien engagé dans la course. J'ai été très content du premier relais et mon pit stop a été limpide. C'est une si belle victoire, je suis sur un nuage. Nous avions un bon set up et la voiture était super."
Mark Webber possédait 2.8 sec de marge sur Sebastian Vettel au 10e des 66 tours, 8.7 sec sur Lewis Hamilton (McLaren) au 20e passage après que le champion du monde 2008 ait montré sa détermination à l'Allemand en ressortant des stands. Vettel a perdu une autre place à une dizaine de tours de l'arrivée au profit de Fernando Alonso (Ferrari) en raison d'une inquiétante défaillance de ses freins. Pas verni, le vice-champion du monde a néanmoins récupéré sa place sur le podium par l'entremise des malheurs de Hamilton, dont la MP4 fut victime d'une casse au niveau de la roue avant gauche dans l'avant dernier tour.
Très incisif dès les premières secondes, Michael Schumacher (Mercedes) a poursuivi sur sa lancée et obtenu une belle 4e place, soit son meilleur résultat depuis sont retour. Le septuple couronné, plus à l'aise au volant d'une W01 corrigée -mais pas encore assez- pour son style, a opposé une résistance sans faille au champion du monde en titre Jenson Button (Mclaren), bien plus rapide. En difficultés aux essais (9e), Felipe Massa (Ferrari) les a rejoints et obtenu une 6e place plutôt flatteuse.
Adrian Sutil (Force India) s'est classé 7e juste devant Robert Kubica (Renault), qui a regretté toute la course son mauvais départ, sa bataille perdue contre Felipe Massa au virage N.2 et un contact appuyé avec la Sauber de Kamui Kobayashi dans la courbe 3. Rubens Barrichello (Williams) 9e après une qualification ratée, le Barcelonais Jaime Alguersuari (Toro Rosso) a refermé la zone primée après un Grand Prix mené sur un mode offensif.
Enfin, outre Lewis Hamilton le grand déçu de ce dimanche s'appelle Nico Rosberg. Plus que perplexe aux essais face aux modifications apportées à sa Mercedes, l'Allemand a vécu un calvaire, rudoyé par Kubica au départ, et libéré lors de son pit alors que sa roue avant droite n'était pas fixée. Tenace, il est remonté jusqu'au 13e rang.
Très attendue après une campagne exotique influencée de la météo, cette première épreuve européenne de la saison, disputée dans des conditions normales, a donc relancé Mark Webber au classement général du championnat du monde. Il était 8e après quatre meetings et le voilà 4e (53 points). Quant à Jenson Button, il mène toujours la série, avec 70 points, mais il n'a plus que trois longueurs d'avance sur Fernando Alonso, et dix sur Sebastian Vettel.
Le Mondial Constructeurs est tout aussi passionnant : McLaren garde les rênes avec 119 unités, soit trois de plus que Ferrari et six de plus que Red Bull. Mercedes, 4e avec 72 points, a un peu plus décroché.
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