Le soixante-sixième tour a été pour beaucoup celui de la délivrance, dans l'enfer pneumatique de Montmelo. Pour Fernando Alonso, il a été celui d'une formidable ovation offerte par foule catalane. Dimanche, l'Espagnol a fini de transporter ses fans jusqu'au succès espéré toute cette semaine. La victoire sinon rien, tel était son leitmotiv. Boosté à ses dires par "10% de motivation de plus" par le simple fait de piloter en ce lieu incomparablement enivrant, le double champion du monde s'est adjugé sa deuxième victoire dans le Grand Prix d'Espagne. Un moment qu'il attendait depuis sept ans et sa première sous les couleurs de Renault.
Sur ce bitume réputé le plus abrasif de la saison, l'as des Asturies a développé un plan à quatre arrêts - alors que Pirelli en conseillait trois - pour effacer ses meilleurs adversaires de la qualification. Cinquième sur la grille, il a gobé Kimi Räikkönen (Lotus) à l'extérieur du troisième virage puis a dans la foulée réglé Lewis Hamilton (Mercedes) pour aller chasser Sebastian Vettel (Red Bull), impressionnant vainqueur à Bahreïn il y a trois semaines. Rentré dès le dixième passage pour troquer ses "medium" contre des "dur", il s'est alors retrouvé devant la RB9 numéro un lorsque celle-ci a stoppé une boucle plus tard ; une boucle de trop. Puis, au tour 13, celui qui est pour tous "Nando" a déployé son DRS dans la ligne droite de 1047 mètres pour soumettre Nico Rosberg (Mercedes), parti de la pole position et déjà tenu à la modération pour satisfaire le ridicule exercice de l'économie de pneus caractérisant cette saison 2013. Le passage suivant, dans la plus longue ligne droite des stands du championnat, fut celui de la clameur, immense : le Mexicain Estaban Gutiérrez (Sauber), leader artificiel, venait de s'engouffrer dans la pit lane, abandonnant ainsi le leadership.
Vergne et Grosjean malchanceux
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La suite fut une démonstration de maîtrise à tous les niveaux - pilotage, technique, tactique - que Kimi Räikkönen (Lotus) n'a pu contester. Le Finlandais a brillé dans son ombre, les autres étaient dans une opération "survie". Sebastian Vettel (Red Bull) est apparu tellement en délicatesse avec ses gommes que Felipe Massa (Ferrari) a pris sa place sur le podium. Transparent, Mark Webber (Red Bull) a complété le Top 5, alors que Nico Rosberg (Mercedes) a résisté in-extremis à Paul di Resta (Ford India) pour P6. Malmenées en qualification, les piètres McLaren de Jenson Button et Sergio Pérez ont fini huitième et neuvième, à plus d'une minute. Et Daniel Ricciardo (Toro Rosso) a bien mérité le dernier point. Son coéquipier Jean-Eric Vergne le visait, mais un incident dans les stands, provoqué par une imprudence de Sauber au moment de libérer Nico Hülkenberg, a trop endommagé sa machine pour voir l'arrivée. Son compatriote français de Lotus, Romain Grosjean, a été moins verni : il a abandonné dès le tour 9 sur un bris de suspension.
Au Championnat Pilotes, Vettel reste leader (89 points) mais n'a plus que quatre longueurs d'avance sur Räikkönen, alors qu'Alonso remonte à la troisième place (72 pts). Au championnat Constructeurs, Red Bull demeure en tête, mais son total de 131 points n'a rien d'une assurance tout risque : Ferrari en compte 117 et Lotus, qui a perdu une place, 111.
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