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Bonus-malus : Hamilton inspiré, Verstappen brillant, Ferrari en perdition

Bonus-malus : Hamilton inspiré, Verstappen brillant, Ferrari en perdition

Le 13/05/2019 à 00:22Mis à jour Le 13/05/2019 à 09:13

GRAND PRIX D'ESPAGNE - Lewis Hamilton (Mercedes) ne s'est pas contenté des petits malheurs de Valtteri Bottas (Mercedes) au départ, il a mené de main de maître la 5e course de la saison, dimanche. Pendant que Ferrari tournait le problème Max Verstappen (Red Bull) dans tous les sens.

La note : 2/5

Encore une fois, Montmelo a illustré l'ambivalence d'un circuit au tracé génial pour y tourner seul et s'y ennuyer en peloton. Malheureusement, on le regrettera sûrement l'an prochain à l'issue du Grand Prix des Pays-Bas à Zandvoort...

Le vainqueur : Lewis Hamilton (Mercedes)

Un nouveau rétablissement spectaculaire opéré en 24 heures par le Britannique. De diva samedi à docile dimanche, sa W10 a peut-être bénéficié de la hausse de la température de la piste de 36 à 42°C. LH44 a bien sûr capitalisé sur le problème d'embrayage de Valtteri Bottas mais il a constamment été le plus rapide, chassant sans relâche le point bonus du début à la fin. Piqué dans son orgueil ? Il avait pourtant juré qu'on ne l'y prendrait pas à ce jeu.

Pour gagner, il faut aussi parfois un soupçon de chance. Il n'était pas passé au stand quand la voiture de sécurité est intervenue. Il a pu rentrer sans rien perdre dans l'opération. Bilan : un retour en tête du Mondial, sept longueurs devant son coéquipier.

Lewis Hamilton (Mercedes) au Grand Prix d'Espagne 2019

Le battu : Valtteri Bottas (Mercedes)

"J'ai eu un problème d'embrayage au départ : il vibrait comme s'il accrochait plus décrochait à très haute fréquence. Tout le dur travail du week-end a ainsi été perdu. Il va falloir comprendre pourquoi afin que cela ne se reproduise pas" : le Finlandais a résumé sa frustration en une phrase. Au restart, au tour 53, Lewis Hamilton ne lui a laissé aussi chance.

Le performer : Max Verstappen (Red Bull)

Incroyable, il a avoué avoir levé le pied volontairement dans la cohue du premier tournant entre les Mercedes et la Ferrari de Sebastian Vettel. "Ça m'a donné une bonne trajectoire à la sortie du virage n°2, avant le virage n°3", a-t-il confirmé. On a cru revoir un instant Fernando Alonso (Ferrari) en 2013.

Cette sagesse nouvelle lui a ainsi permis d'appliquer son plan à deux arrêts et les manigances de Ferrari n'ont y rien changé. Sebastian Vettel et Charles Leclerc sur un arrêt mais l'Allemand en "medium" et le Monégasque en "dur" pour le 2e relais. La radio (pour une course d'équipe, on ne peut pas être contre) n'y a rien changé non plus.

Il reprend la troisième place du championnat du monde Pilotes à Sebastian Vettel, et ça suffit à situer sa performance. Avec un Honda dans le dos. Franchement, qui l'aurait cru cet hiver ?

L'attaquant : Daniil Kvyat (Toro Rosso)

Le Russe dans son meilleur rôle. Une machine à doubler !

Le battu : Romain Grosjean (Haas)

Un premier point symbolique, en trompe-l'œil malheureusement. Le Français de Haas a perdu trois batailles en fin de course contre son coéquipier Kevin Magnussen, Carlos Sainz (McLaren) et Daniil Kvyat (Toro Rosso). Autant de défaites techniques, sportives, médiatiques qui le relèguent par la force des choses au rang de n°2 du Danois. Ce qu'il ne doit pas être.

Le fautif : Lando Norris (McLaren)

Une erreur de débutant pardonnable, certes. Il n'a jamais positionné les roues avant de sa McLaren à hauteur de celles de la Racing Point de Lance Stroll et le piège s'est refermé naturellement sur lui. Dans le n°2, le Canadien n'avait pas à modifier sa trajectoire pour lui faire de la place, au risque de se mettre mal à la sortie et ensuite dans la remontée vers le n°3. Les commissaires n'ont donné aucune pénalité dans la logique de 2019 qui veut laisser aux pilotes la possibilité de tenter des choses, de se tromper.

Le bonus : Les remerciements à Dieter Zetsche

Toto Wolff a magnifiquement résumé tout ce que Mercedes doit au dirigeant allemand de 66 ans, qui va bientôt laisser son fauteuil de PDG de Daimler, la maison mère de la marque à l'Etoile. "C'était la dernière course de Dieter Zetsche comme PDG de Daimler, a expliqué le directeur d'équipe autrichien. Pas tant de PDG ont donné les moyens à un groupe de gens comme il l'a fait ; il nous a fait confiance pour représenter cette marque fantastique et nous le faisons avec une grande fierté. Dieter a traversé une tempête lors des premières années (2010-2013) lorsque nous sommes revenus dans le sport, mais il a maintenu l'engagement en F1. C'était super de l'avoir vu en haut du podium. Il le mérite complètement car il a posé les fondations de tout ça."

Le malus : Ferrari

On ne sait pas si Sebastian Vettel a ouvert une piste de réglages intéressante pour la suite de la saison - cette course devait servir à ça - mais il l'a gâchée avec un gros plat à l'avant droit. On a presque eu de l'empathie pour la Scuderia en la voyant diffuser des consignes loyales à ses pilotes mais elle n'a jamais réussi à inquiéter Max Verstappen (Red Bull).

Aujourd'hui, seule la puissance du V6 de Maranello fait des envieux. Pour le reste, la "rossa" ne génère pas assez de grip mécanique (pneus) ou aéro (appuis). "On perd beaucoup dans chaque virage", a résumé Mattia Binotto, le directeur technique. Et la configuration du circuit de Monaco ne devrait rien arranger.

Le chiffre : 2.07

En seconde, le pitstop le plus rapide signé McLaren pour Carlos Sainz. Confirmé par l'intervention pour Lando Norris. Les ballets sont bien réglés. Une preuve de plus que Woking remonte la pente.

La déclaration : Cyril Abiteboul (Renault)

" Barcelone est toujours un bon week-end pour évaluer la compétitivité de la voiture et de l’équipe comme les premières courses en dehors d’Europe ne sont pas les plus représentatives. Le résultat est clair même si quelques points étaient possibles sans la voiture de sécurité : nous sommes en décalage avec les objectifs que nous nous étions fixés."
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