Getty Images

Bonus-malus : Leclerc, le coeur pour faire vibrer Monza, les tripes pour éteindre Hamilton

Bonus-malus : Leclerc, le coeur pour faire vibrer Monza, les tripes pour éteindre Hamilton

Le 08/09/2019 à 23:57Mis à jour Le 09/09/2019 à 11:02

GRAND PRIX D'ITALIE - Charles Leclerc (Ferrari) n'avait qu'une idée en tête : offrir la victoire aux tifosi à Monza. Pour ça, il s'est laissé porter par la foule et son expérience douloureuse de Spielberg. Lewis Hamilton (Mercedes) techniquement battu, Valtteri Bottas (Mercedes) n'a pas été à la hauteur de la mission. La bonne nouvelle ? Le retour de Renault dans la lumière.

La note : 3/5

Le souvenir de Monza 2019 vaudra plus par son résultat et ce moment de bonheur célébré comme un titre de champion du monde par des tifosi trop souvent réduits au silence par Mercedes. La bagarre a été intense entre Charles Leclerc et Lewis Hamilton, et elle aurait mérité mieux que des zones d'ombres, entre avertissements pour défense agressive et chicanes coupées.

Le vainqueur : Charles Leclerc (Ferrari)

A Spa-Francorchamps, il avait résisté dans les derniers tours à la pression de Lewis Hamilton. Là, il a tenu pendant 42 boucles comme un vieux briscard, en tirant parti des nouveaux usages de la piste qu'il avait expérimentés à ses dépens en Autriche. Mais plus que ça, il a remporté une victoire technique en montrant que sa combinaison "tendre" - "dur" valait mieux que celle de Lewis Hamilton, qu'il a fini par user.

"Ce qui s'est passé en Autriche m'a aidé à changer mon approche et je pense que c'est aussi grâce à cela que j'ai gagné", a-t-il confirmé.

Ce triomphe est un boost fantastique pour sa confiance, sa cote au sein de la Scuderia et chez les tifosi. Malin, il l'a d'ailleurs soignée dans un italien bien plus fluide que Sebastian Vettel la veille, au micro de Martin Brundle.

Mais là ne fut pas la différence marquée par son coéquipier dimanche. Il l'a proprement éteint pour un moment, sinon définitivement. La question du statut de n°1 est devenue anecdotique.

Le battu : Lewis Hamilton (Mercedes)

Le Britannique a rendu les armes avec les honneurs mais au bout du compte, il a tapé dans ses "medium" plus que de raison pour suivre la Ferrari en "dur". Le numéro 1 mondial sort de la campagne Spa - Monza avec 63 points d'avance sur Valtteri Bottas, soit un de plus qu'avant les deux rendez-vous historiques.

La menace fantôme : Valtteri Bottas (Mercedes)

Il avait vraiment une carte à jouer pour aller chercher Charles Leclerc (Ferrari) en fin de course. Il n'a fait que craquer.

Le déboussolé : Sebastian Vettel (Ferrari)

L'Allemand s'est fourvoyé plus encore que l'an dernier à Monza. Après son tête-à-queue, à Ascari cette fois, il est reparti en mode gaffeur sous le nez de Lance Stroll (Racing Point). Le pire est que ça ne surprend plus.

Piégé par Charles Leclerc samedi en Q3, il avait dit sa colère car le Monégasque devait lui faire l'aspi. Passé complètement à côté de son sujet dimanche, dépassé pour la première fois de la saison par son coéquipier au championnat, il a probablement perdu l'emprise qu'il avait sur le management de la Scuderia.

L'anonyme : Max Verstappen (Red Bull)

Le Néerlandais avait aligné 21 Top 5 avant de craquer à Spa-Francorchamps. Ça fait donc bizarre de le voir disparaître des radars pour la deuxième fois de suite. Parti du fond de grille, obligé de changer d'aileron avant au 1er tour, il finit 8e, à 15 secondes de son coéquipier Alexander Albon. Pas mal quand même.

Bonus : Renault

L'équipe engrange 22 points avec les quatrième et cinquième places de Daniel Ricciardo et Nico Hülkenberg, soit son meilleur résultat depuis la victoire de Fernando Alonso au Grand Prix du Japon… 2008. Après les opportunités manquées à Montréal et à Spa-Francorchamps, le Losange a enfin utilisé à bon escient les caractéristiques "moteur" de la RS19. Ça risque fort d'être un "one shot", même si Singapour et Austin seront aussi taillées pour la Renault, selon le directeur d'équipe, Cyril Abiteboul.

Nico Hülkenberg et Daniel Ricciardo (Renault) au Grand Prix d'Italie 2019

Malus : La réalisation TV

La course fut parfois pénible à voir, entre un replay tardif du départ pour comprendre la mésaventure de Max Verstappen, et un plan de coupe sur la foule alors que Sebastian Vettel venait de partir à l'équerre à Ascari. Du coup, on a aussi un droit au replay de l'Allemand percutant Lance Stroll…

La stat : 12

Lewis Hamilton restait sur 12 courses en tête. La série a pris fin. Le Britannique a reporté à Singapour la possibilité d'égaler les 142 courses menées par le recordman, Michael Schumacher.

La déclaration : Charles Leclerc (Ferrari)

" Depuis mercredi, tout le soutien que je reçois est incroyable. La seule chose que je voulais ce week-end, c'était de gagner pour ces gens qui nous soutiennent. C'était très difficile car pendant la course je pensais à cette victoire et à ce qu'elle signifierait pour tous les gens en tribune. Ça ajoutait à la pression qui était déjà importante du premier au dernier tour."
0
0