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Leclerc : "Ici, c'est dix fois plus fort"

Leclerc : "Ici, c'est dix fois plus fort"

Le 08/09/2019 à 19:08Mis à jour Le 08/09/2019 à 21:41

GRAND PRIX D'ITALIE - Charles Leclerc a vécu un véritable rêve en gagnant avec Ferrari, dimanche à Monza. Neuf ans que les tifosi attendaient ça !

Charles Leclerc avait accueilli sa première victoire en Formule 1, dimanche dernier à Spa-Francorchamps, comme un accomplissement dans sa carrière. Fier d'avoir pu rendre hommage à son copain Anthoine Hubert, mort la veille dans un accident en Formule 2. Avec beaucoup de pudeur, il avait gardé en lui tant de sentiments contradictoires. Il lui était impossible d'être heureux de cette victoire face au malheur ultime qui rendait tout le reste si dérisoire.

Dimanche, le Monégasque était en pole position. Il était l'espoir d'une foule qu'il ne voulait pas décevoir. En 53 tours d'un combat acharné d'abord contre Lewis Hamilton, qu'il a fini par user, puis dans le final contre Valtteri Bottas, qu'il a fait craquer, il a mis fin à neuf ans de frustration des tifosi, qui n'avaient plus vu une "rossa" gagner depuis la version 2010 pilotée par Fernando Alonso.

"Sur la ligne, j'ai laissé aller mes émotions"

Son coéquipier Sebastian Vettel coupable d'un tête-à-queue à la chicane Ascari dès le sixième tour, puis d'un accrochage avec Lance Stroll (Racing Point) à son un retour en piste précipité, Charles Leclerc a redoré le blason au Cheval cabré en faisant face à une énorme pression. Son cri de libération à l'arrivée en fut le témoignage saisissant.

"Je n'ai jamais été aussi fatigué à l'arrivée d'une course !, a réagi à sa sortie de voiture le nouveau numéro 4 mondial, qui aura 22 ans le 16 octobre. Ce fut une course extrêmement difficile, qui signifiait tellement pour moi, pour les tifosi, pour l'équipe. C'est un rêve de gagner ici. Ça l'était la semaine dernière pour la première victoire, mais en termes d'émotions, ici c'est dix fois plus fort. Merci à tous."

Charles Leclerc (Ferrari) au Grand Prix d'Italie 2019

"Ma plus grosse avance a été peut-être de 1"7 ou 1"8, et je savais que Lewis Hamilton fait rarement des erreurs, et évidemment je devais en tenir compte, a-t-il poursuivi. J'ai fait quelques erreurs, qui ne m'ont pas coûté de position. Une fois, c'est passé très près, c'était dingue…"

"Je me suis mis à croire que c'était possible dans les deux derniers tours. Sur la ligne, j'ai laissé aller mes émotions. Je pense qu'on ne comprend rien à la radio", a-t-il ajouté.

"Je la voulais absolument"

De retour du podium, il est revenu au micro de Canal+ la tête remplie d'autres images qu'il n'oubliera pas. "Je n'ai pas de mots pour dire ce que j'ai ressenti, a-t-il confié. C'est au-dessus de tout ce que j'ai rêvé jusque-là. Voir autant de gens qui chantent la même chose… Heureusement d'ailleurs car autrement ce serait un gros bordel ! C'était juste incroyable de voir toute la ligne droite remplie de personnes, surtout en rouge. En plus, ça vient juste au bon moment, après la première victoire, après une première partie de saison difficile. Ça donne du boost à tout le team, pour une deuxième partie de saison qui sera difficile."

Ce n'est pas si courant de voir un pilote remporter ses deux premières victoires de suite. Le dernier était Lewis Hamilton, en 2007. Le "Petit prince" peut désormais viser la passe de trois, dans deux semaines à Singapour, pour faire aussi bien que Mika Häkkinen en 1997/1998.

"Je voulais absolument tout donner, c'est ce que j'ai fait, a-t-il assuré. C'est sûr que j'ai pris un peu de risques mais je la voulais absolument. Je vais ramener la coupe à la maison, ça fait du bien. Une course avec autant de pression que ça, je n'en ai jamais eu dans ma carrière. C'était très intense."

Charles Leclerc (Ferrari) et Lewis Hamilton (Mercedes) au Grand Prix d'Italie 2019
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