Mercedes a peut-être chuté la où on s'y attendait le moins, dimanche à Monza. Sur une faiblesse, un écueil dont elle semblait à l'abri. L'écurie sextuple championne du monde a couru à sa perte en faisant rentrer au stand Lewis Hamilton pour changer de pneus, au 21e tour. A cet instant, la direction de course venait de décréter une neutralisation pour évacuer la Haas de Kevin Magnussen, mal placée juste avant l'entrée de la pitlane, et surtout interdit l'accès à la voie des stands. Elle avait dument prévenu les équipes, mais deux d'entre elles ne l'avaient pas noté, Mercedes et Alfa Romeo. Ces dernières ont rappelé respectivement Lewis Hamilton et Antonio Giovinazzi au garage pour un changement de pneus lors de ces quatre minutes il y avait obligation de rester en piste.
Le film de la course
La sanction n'a pas tardé à tomber pour le Finlandais de l'équipe italienne et le Britannique de Brackley, avec obligation d'effectuer le stop and go de dix secondes dans les trois tours suivants le restart. Au 24e passage, les bolides ont été relâchés mais l'énorme crash de Charles Leclerc (Ferrari) dans la parabolique a remis cette exécution au second départ, donné au 28e tour suite à l'arrêt de la course.
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Relégué à la 17e et dernière place, le sextuple champion du monde a entamé une remontée bien moins puissante et démonstrative que ne l'avait laissé suggérer le directeur de l'équipe avant le départ. Toto Wolff, puisqu'il s'agit de lui, avait clamé samedi que l'abolition du "mode fête" n'avait pas affecté le rendement du V6 hydride de la W11, et que, même que ça, le bloc de Brixworth y gagnerait quelques chevaux en course.

Hamilton regardait trop son tableau de bord

Isolé, #LH44 a matraqué le chrono avant d'éprouver des difficultés à passer son premier adversaire, Alexander Albon (Red Bull). Si doubler George Russell (Williams) et Romain Grosjean (Haas) a ensuite été une formalité, on a réalisé qu'il souffrait - comme Valtteri Bottas avant lui - de l'air chaud et des turbulences dans le trafic. Sa progression ralentie, il a quand même déposé Nicholas Latifi (Williams) et Kimi Räikkönen (Alfa Romeo) avant de s'offrir un frisson à l'extérieur de la Curva grande sur Daniil Kvyat (AlphaTauri). Et prendre pour finir la septième place à Esteban Ocon (Renault).
Valtteri Bottas (5e) n'ayant jamais pu se remettre de ses quatre positions perdues au départ, Mercedes a ainsi enregistré son plus mauvais score de la saison. Et ce n'est pas le record de Williams égalé (31 courses de suite menées) qui a compensé le bilan.
"Toutes mes félicitations à Pierre, c'est un résultat fantastique pour lui et c'est super de voir un pilote si jeune sur podium, a réjoui Lewis Hamilton, qui a signé son 50e meilleur tour en course. Je n'ai pas vu les panneaux indiquant la fermeture de la pit lane car je surveillais l'écart avec la voiture de sécurité sur mon tableau de bord. J'en assume donc la responsabilité et nous allons enquêter pour que ça nous serve. Ce stop and go était long, et j'avais 26 secondes à rattraper. J'ai tout donné et je ne m'attendais pas à finir septième avec le meilleur tour en course. J'ai tapé dans mes pneus pour combler l'écart et les autres voitures créaient beaucoup de turbulences, ce qui les rendait difficile à suivre. Mais une fois revenu sur tout le monde, la bagarre était plaisante et j'ai quand même pris quelques bons points. Je prends volontiers ce résultat et je m'en contente bien."
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La W11 de Bottas ne tournait pas bien à droite

"Mon départ a été assez médiocre et lors du premier tour, j'ai eu un contact et j'ai pensé que j'avais une crevaison, mais il s'est avéré que non, a concédé le Finlandais, qui a repris la deuxième place du championnat à Max Verstappen (Red Bull). J'ai eu un gros sous-virage et la voiture tirait d'un côté. Je m'en suis sorti mais j'ai ensuite souffert de problèmes de surchauffe avec le moteur dans le trafic, il n'y avait donc pas grand-chose à faire. A chaque fois que je revenais sur une voiture, je devais m'éloigner pour chercher de l'air propre dans les lignes droites, ce qui m'empêchait de prendre l'aspiration. Ça s'est un peu arrangé après le drapeau rouge et à l'approche de la fin de la course, mais il y a plein de choses à analyser et comprendre. Nous allons faire le point en vue du Mugello. Nous devrions y avoir une bonne voiture mais doubler sera difficile là-bas. La qualification sera donc cruciale."
"C'est une grosse perte pour Mercedes et les grosses équipes mais c'est une victoire pour le sport, a jugé Toto Wolff, le directeur d'équipe. C'était un grand divertissement et c'était fantastique de voir des jeunes se battre devant. Félicitations à Pierre [Gasly] et à AlphaTauri, ils méritent leur victoire."
"Pour nous, ce fut évidemment décevant, a poursuivi le manager autrichien. Avec la pénalité de Lewis, il y a eu une étrange séquence d'évènements. Nous aurions dû noter avant que le pit lane était fermée, mais le temps de le faire, la voiture entrait dans la voie des stands. Lewis a fait une très belle remontée. C'est difficile de doubler à Monza, spécialement avec la nouvelle directive technique sur les modes moteur. Avec ceci en tête, revenir à la septième place est très fort. Sur la voiture de Valtteri, il faut voir ce qui est arrivé car elle ne tournait pas bien dans les virages à droite. Nous étions aussi à la limite en termes de refroidissement."
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