Formule 1, GP d'Italie - Mauvaise gestion ou scandale ? La fin de GP neutralisée en 9 questions

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GRAND PRIX D'ITALIE - La course s'est achevée à Monza lorsque Daniel Ricciardo a garé sa McLaren en panne dans un endroit dangereux, au 47e des 53 tours. Car elle est restée en régime de neutralisation. La direction de course a-t-elle mal géré l'intervention de la voiture de sécurité ? A y regarder de près, elle n'est pas exempte de reproches. Voici les réponses aux 9 questions que l'on se pose.

Fin de course frustrante à Monza, Max Verstappen et le plateau ont fini le GP d'Italie 2022 sous régime de voiture de sécurité

Crédit: Getty Images

La McLaren de Daniel Ricciardo était-elle mal placée ?

Oui. L'Australien s'est arrêté en urgence entre les deux virages de Lesmo, et la position en bord de piste de sa monoplace dans cette zone rapide était clairement un motif de neutralisation de la course. La direction de course a d'abord déployé la voiture de sécurité virtuelle afin de réduire la vitesse des pilotes dans le secteur.

Qu'est-ce qui a motivé l'intervention de la voiture de sécurité ?

La voiture de sécurité virtuelle est comme son nom l'indique, un dispositif permettant de gérer pendant un temps court un incident, sans fausser la course, puisqu'elle oblige tout le monde à ralentir de la même façon uniquement sur une portion du circuit, et rouler à pleine vitesse sur le reste du tracé.
Mais, en voulant dégager la MCL36 n°3, les commissaires ont constaté que la boîte de vitesses était bloquée et qu'il était impossible de la faire rouler vers un lieu sûr. L'intervention d'un engin de levage sur la piste est alors devenue nécessaire. Le directeur de course, Niels Wittish, a décidé de recourir à la voiture de sécurité pour faire rouler le peloton au pas. C'est la mesure de prudence qui prévaut depuis l'accident mortel de Jules Bianchi au Grand Prix du Japon 2014.

Pourquoi l'évacuation de la McLaren a-t-elle été si longue ?

En réalité, elle n'a pas été longue. La panne de la McLaren est intervenue au 47e tour. Il ne restait donc que six tours à couvrir, un peu plus de huit minutes au rythme du leader, Max Verstappen (Red Bull). Soit une durée normale pour ce type d'opération.

Pourquoi le Grand Prix n'a pu reprendre ?

On s'est un peu retrouvé dans la même situation qu'au Grand Prix d'Abou Dabi 2021, lorsque le directeur de course à la FIA, Michael Masi, avait parié sur une évacuation rapide de la Williams accidentée de Nicholas Latifi, au 53e des 58 tours. Soit pile à six tours complets de la fin. On sait dans quelle controverse l'Australien avait relancé la course dans le dernier tour, et il n'était pas question de reproduire la même erreur, au mépris des procédures et textes en vigueur.
A Monza, Niels Wittish a appliqué le règlement prévoyant l'évacuation d'une monoplace comme préalable à la procédure de reprise. Qui passe par le regroupement de toutes les voitures, puis l'autorisation donnée aux retardataires intercalés entre les leaders de doubler la voiture de sécurité afin de retrouver leurs places en queue de peloton. Une opération qui nécessite du temps, et qui n'a même pas été engagée dimanche.

Le timing de la voiture de sécurité a-t-il été bon ?

Non. Ce n'est seulement qu'au début du 50e que la Safety Car - Aston Martin - entre en piste, devant la Mercedes de George Russell, alors troisième, devant une Alfa Romeo retardée, la Ferrari de Carlos Sainz et le reste du peloton.
Ce qui est incroyable, c'est que le leader Max Verstappen attaque bientôt son 51e tour, et que la voiture de sécurité doit ralentir pour laisser passer toutes les autos, avant de se retrouver enfin devant la RB18 n°1, après la chicane Ascari. Que de temps perdu !
Et ce n'est pas fini. A cet instant, Russell and co doivent se remettre derrière Verstappen et Leclerc, avant même que la direction de course ne songe à gérer les intrus à un tour.
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Fin de course frustrante à Monza, Max Verstappen, Charles Leclerc et le plateau ont fini le GP d'Italie 2022 sous régime de voiture de sécurité

Crédit: Getty Images

Pourquoi la direction de course n'a-t-elle pas géré les retardataires ?

Elle a tardé à sortir la voiture de sécurité et n'a jamais rattrapé ce temps perdu.
A cet instant, elle n'avait plus de marge de manœuvre. La procédure qui n'avait pas été respectée lors de la finale controversée du Championnat 2021 a été renforcée, avec l'obligation de purger le peloton de ses retardataires. L'an dernier, cela n'avait été fait qu'en partie, et l'équité de l'épreuve en avait souffert.
Il faut préciser que remettre les voitures les unes derrière les autres, dans l'ordre strict du classement, prend du temps. Une fois fait, la direction de course doit satisfaire une dernière condition : demander à la voiture de sécurité d'accomplir un tour complet avant de relancer la course.
Le 51e tour était donc la "deadline". Avec un tour de sortie de la voiture de sécurité au 52e et le restart au début du 53e et dernier tour.
Or, la McLaren n'a été dégagée qu'au cours du 52e tour. La FIA a immédiatement envoyé le message "Track clear", mais il était réglementairement trop tard. Dès lors, le sort de la 16e manche du Mondial était scellé. Ferrari l'a d'ailleurs compris en avertissant Charles Leclerc dans ce 52e tour : "La course finira sous voiture de sécurité"

Quelle était la solution pour relancer la course ?

Stopper l'épreuve au drapeau rouge dès la panne de Daniel Ricciardo. C'est aussi ce qui aurait permis de "sauver" le Grand Prix d'Abou Dabi 2021 du scandale. En arrêtant l'épreuve au 48e tour, Niel Wittish aurait pu relancer les monoplaces pour un tour (de formation ou derrière la voiture de sécurité), avant le véritable restart au 50e tour. On aurait alors eu quatre tours d'explication.

Qu'est-ce qui a fait polémique à l'arrivée ?

Christian Horner a dénoncé la mauvaise entrée de la Safety Car au 50e tour, devant la Mercedes de George Russell, alors qu'elle aurait dû le faire devant la Red Bull leader de Max Verstappen. "On a un peu volé un finish pour le public ici, parce qu'on n'avait pas le temps de finir la course, a dit le patron de Red Bull Racing. On est allé à l'inverse du principe (ndlr : non écrit) de finir la course sans voiture de sécurité. Je pense malheureusement qu'elle ne s'est pas mise devant la bonne voiture. Elle s'est mise devant Russell. Elle n'a pas pris la bonne voiture dans son sillage. Je pense que les team managers doivent discuter de cela avec la FIA. On a une réunion demain (lundi, ndlr) avec la FIA. Je pense qu'on en parlera. Ce serait bien pour les fans, pour tout le monde; parce qu'on voulait gagner en condition de course."

Qu'est-ce qu'en disent les acteurs ?

Il faut le noter, même le vainqueur, Max Verstappen, a regretté cette fin frustrante. "Malheureusement, on n'a pas eu de relance", a-t-il dit. De façon plus prévisible, ses poursuivants, qui espéraient tous un dernier tour à quitte ou double pour améliorer leurs positions, ont protesté contre cette fin en queue de poisson. "Je n'ai pas très bien compris honnêtement, a dit Charles Leclerc. Pour moi, il n'y avait pas de raison qu'il y ait un autre tour sous safety car."
En revanche, chez Mercedes, Toto Wolff a apprécié le respect de la procédure. "La direction de course sera toujours critiquée. Cette fois, ils ont suivi le règlement et accepté que ça se termine derrière la voiture de sécurité. C'est comme ça que ça devrait être", a dit le patron des Gris, qui avait mal vécu ce qui était arrivée à Abou Dabi fin 2021.
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