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Grand Prix de Bahreïn - Une énorme bataille puis un double abandon "dur à digérer" pour Red Bull
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Publié 20/03/2022 à 21:24 GMT+1
GRAND PRIX DE BAHREÏN - Max Verstappen (Red Bull) n'avait pas rendu les armes sans se battre contre Charles Leclerc (Ferrari) pour le leadership, dimanche à Sakhir. Après avoir doublé trois fois le Monégasque pour autant de déception, le Néerlandais pensait sauver la deuxième place quand un problème technique l'a stoppé. Tout comme Sergio Pérez dans le dernier tour.
Verstappen : "Ce qui s’est passé aujourd'hui est extrêmement douloureux"
Video credit: Eurosport
Un retour sur terre brutal. Dimanche à Sakhir, Red Bull a essuyé un double abandon technique pour son entame de Championnat du monde, pas en soi une première puisque ça lui était arrivé pas plus tard qu'en 2018, et à la maison à Spielberg, mais inquiétant par l'ampleur des problèmes rencontrés par son pilote leader Max Verstappen tout au long du Grand Prix de Bahreïn et son second pilote, Sergio Pérez.
Dominée en vitesse pure par la Ferrari de Charles Leclerc déjà en qualification, l'écurie autrichienne n'a pas tenu les 57 tours. En 2021, l'écurie de Milton Keynes avait consacré beaucoup de temps et d'énergie à développer sa monoplace tout en réglant la succession du moteur Honda, jusqu'à transférer tardivement ses ressources sur la voiture de 2022. La nouvelle RB18 a failli en termes de fiabilité et Max Verstappen, qui se targue de ne jamais s'énerver à la radio après les siens, a bougonné et même envoyé un message lapidaire à propos des conseils de conduite prodigués par son stand.
Un mano a mano de trois tours
Le Néerlandais n'avait plus la moindre chance de gagner lorsqu'il a pris la direction de son garage au 55e des 57 tours, en raison d'un souci d'alimentation de son moteur, et son partenaire Checo Pérez a tout perdu dans le dernier tour, victime du système de récupération d'énergie de son V6 made in Honda désormais estampillé Red Bull Powertrain Technology. Son tête-à-queue a été une aubaine pour Lewis Hamilton (Mercedes), providentiel troisième.
La finale de 2021 avait été une consécration miraculeuse pour lui, l'ouverture de 2022 a été un véritable cauchemar. "Le frein moteur fait des fantaisies en milieu de virage", a-t-il rapporté dès le 4e tour. "Je n'ai vraiment aucune traction", a-t-il poursuivi au 11e passage. Une façon d'exprimer sa frustration. Deuxième et sorti de la zone DRS de Charles Leclerc, il sentait que la situation lui échappait.
Puis, son premier arrêt au stand lui a offert trois cartouches contre la Ferrari n°16, au 17e, 18e et 19e tour. Son attaque brillante au freinage du n°1 a trouvé les deux premières fois une réplique habile du Monégasque au virage n°4, dès le n°3 la troisième fois ; parce qu'il venait de bloquer ses roues du côté droit.
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Max Verstappen (Red Bull) au Grand Prix de Bahreïn 2022
Crédit: Getty Images
"C'est de plus en plus difficile de tourner le volant"
Rejeté à 3"6 du leader rouge, il a lancé l'alerte au 28e passage : "Mes pneus sont une nouvelle fois presque morts !" Reparti en piste avec de nouvelles gommes, juste un peu trop loin de la "rossa", il s'est alors franchement énervé. "Ça fait deux fois que vous me demandez d'y aller tranquille dans le tour de retour en piste et que j'aurais pu prendre la tête. Je ne le ferai plus jamais !", a dit à son ingénieur, Gianpiero Lambiase. Sans filtre, ni solution face à la maestria latine...
C'est alors que les événements se sont précipités. "Essayez de regarder ce qui se passe, c'est comme si quelque chose était bloqué", a-t-il averti après son troisième pit stop, au 44e tour. "C'est de plus en plus difficile de tourner le volant à haute vitesse", a-t-il ensuite indiqué, alors que la voiture de sécurité était entrée en piste, et que le restart annonçait des soucis plus graves. Au 55e tour, il prenait la direction des stands, définitivement.
Charles Leclerc reparti avec les 25 points de la victoire et celui du meilleur tour, Max Verstappen a donc encaissé 26 unités. Sans compter les 15 points de retard qu'il a pris sur Lewis Hamilton (Mercedes).
"La bagarre, c'était génial"
La série de problèmes ? "Vous avez une grande feuille pour noter ?, a-t-il rétorqué à Canal+. Cela a été une course compliquée. J'ai un peu souffert de l'équilibre de la voiture par rapport à vendredi : je n'avais pas le même niveau d'adhérence. Néanmoins, on a essayé de rendre la vie difficile à Ferrari. On n'avait pas vraiment le rythme et deuxième cela aurait été pas mal. A un moment, je me suis arrêté au stand et en ressortant c'est comme si la direction était bloquée. Je bloquais (les roues) partout. Plus j'allais vite dans les virages, plus c'était difficile. Si j'avais surviré, je n'aurais pu corriger. J'étais deuxième, je me disais que ce n'était pas mal. C'était déjà bien. Puis on a dû abandonner. Je crois que l'essence n'arrivait plus au moteur."
Les points positifs de cet après-midi catastrophique pour la défense de sa couronne ? Il a trouvé un nouveau rival du côté de Ferrari. "La bagarre, c'était génial, s'est-il réjoui. J'avais une vitesse de pointe très impressionnante. Pour se suivre dans les 1, 2 et 3, c'était un peu difficile, donc j'essayais d'attaquer dans le virage n°1, et Charles me répondait au virage 4. Mais je n'avais pas vraiment le rythme pour le suivre. Mes freins surchauffaient. Il a fallu que je lève le pied. Ce fut une belle bataille avant nos problèmes."
Moins d'une semaine pour régler ça
"Deux tours avant, j'avais perdu de la puissance, nous savions qu'il y avait un problème et ce qu'il était arrivé à Max, a commenté Checo Pérez. J'ai eu un problème similaire au sien. Le moteur s'est arrêté. C'est dur à digérer."
Véritable poison pour Lewis Hamilton l'an dernier, Sergio Pérez a donné bien malgré lui trois points de plus au Britannique, qui s'en sort à bon compte vu l'état de souffrance de sa W13. "On suspecte que les casses sont liées et ça peut être dû au système d'alimentation en essence", a confirmé Christian Horner, patron plus tout à fait goguenard vis-à-vis même de Mercedes.
Plutôt que commenter les soucis de sa rivale des saisons passées, elle va devoir s'occuper des siens. "Le point positif est que nous avons une voiture compétitive, je ne pense pas que nous avions le rythme nécessaire aujourd'hui mais Max et Charles se sont livré une belle bagarre, a admis le manager anglais. La saison va être longue avec les 22 courses à venir et nous avons d'abord besoin de régler ce problème pour revenir plus fort la semaine prochaine." C'est la difficulté supplémentaire : Red Bull n'a que quelques jours pour réagir.
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