F1 2024 | Verstappen, Newey, Horner...: Red Bull un peu moins fort à l'intérieur, encore plus dominant à l'extérieur ?
Par Julien Pereira
Mis à jour 28/02/2024 à 09:09 GMT+1
Red Bull est plus que jamais l'équipe à battre. Après une saison 2023 qu'elle a outrageusement dominée avec son triple champion d u monde Max Verstappen, l'écurie autrichienne aborde l'exercice 2024 avec encore plus de certitudes, et potentiellement plus de marge sur la concurrence. Mais l'affaire Christian Horner est peut-être une première fissure dans la carapace.
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Red Bull n'a pas encore fini le jeu. Après tout, son année 2023 n'a pas été parfaite, puisqu'elle a laissé échapper une victoire, et la F1 est de toute façon un éternel recommencement. L'excellence ne se mesure pas sur des saisons isolées mais bien sur des échantillons beaucoup plus longs. Dominer un championnat comme l'a fait l'écurie autrichienne lors de la précédente cuvée fut un immense accomplissement. Faire encore mieux en 2024 constituerait un exploit monumental.
Après avoir empoché 15 des 16 Grands Prix en 1988, McLaren et son duo Senna - Prost avaient laissé un peu plus de place à la concurrence l'année suivante (10/16). Même chose pour Mercedes, bien plus chahutée par Ferrari et Red Bull en 2017 que lors du duel entre Hamilton et Rosberg la saison précédente (19/21). L'écurie des Taureaux Rouges peut-elle réussir là où les autres ont échoué, et au cours de l'exercice le plus dense de toute l'histoire de la Formule 1 ?
Difficile de trancher à l'aune du premier Grand Prix, à Bahreïn. Mais il faut probablement être plus inquiet pour le suspense que pour Max Verstappen et son équipe. Alors que l'extrême similarité entre les règlements techniques des exercices 2023 et 2024 laissaient présager une réduction des écarts, comme ce fut toujours le cas ces dernières années, l'audace des champions du monde a sans doute cassé cette habitude.
La Red Bull toujours aussi forte mais avec... encore plus de potentiel
Car si la plupart des rivales de Red Bull ont tendu vers des solutions aérodynamiques proches de celles qui ont fait de la RB19 une monoplace gagnante, Adrian Newey et ses ingénieurs ont pris le contre-pied. Un nouveau concept, avec un guidage des flux d'air encore plus audacieux, a accompagné le développement de la RB20. Aux tests de Bahreïn, cette prise de risque a produit un "effet wow" chez la plupart des concurrents, selon les mots du patron de l'écurie McLaren Andrea Stella.
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"Hamilton va être le canard boiteux de Mercedes"
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Dans une interview accordée à nos confrères de Canal+, Pierre Waché, directeur technique de Red Bull, a admis que cette direction a été choisie pour contrer les progrès des rivaux, qui auraient de toute façon été amenés "à trouver de meilleures solutions" que l'écurie autrichienne en se rapprochant de son concept initial. Désormais, la firme aux Taureaux Rouges estime disposer d'un plus grand potentiel de développement. Sans pour autant avoir réellement affecté la supériorité de sa monoplace. Un coup de maître.
Aux tests de pré-saison - qui dessinent toujours une tendance plutôt qu'une hiérarchie précise -, Max Verstappen et Sergio Pérez ont semblé satisfaits de la performance. "Tout s'est bien passé, l'équilibre est bon, nous avons complété notre programme sans le moindre problème", a commenté le triple champion du monde en conférence de presse, avec le sourire. Le Néerlandais n'est pas vraiment du genre à bluffer et ne se serait sans doute pas privé de critiquer sa propre équipe si ses premiers tours de roues n'avaient pas été concluants.
Horner, une question de temps ?
"Très honnêtement, j'ai confiance en l'équipe et sur le fait qu'ils prennent les bonnes décisions pour le développement de la voiture, a-t-il insisté. C'est sûr qu'elle a été bien redessinée par rapport à celle de l'année dernière mais franchement, je me fiche un peu de ce à quoi elle ressemble. Tant qu'elle est rapide. C'est la direction choisie par l'équipe et je crois que c'est la meilleure."
Après trois saisons de grands succès, le pilote néerlandais et son écurie se vouent une pleine confiance sur le plan de la performance. Pour le reste, c'est une autre histoire : l'enquête interne qui pourrait coûter sa place à Christian Horner cache peut-être une lutte de pouvoirs entre certains clans. Et c'est à se demander si le premier adversaire de Red Bull en 2024 ne sera pas... elle-même.
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Jonathan Wheatley, directeur sportif, et Christian Horner, directeur de l'écurie Red Bull
Crédit: Getty Images
Le probable départ du dirigeant britannique, resté aux commandes durant près de 20 ans, n'amorcera pas un déclin imminent. Une nouvelle gouvernance, plus diluée, avec la possible promotion de l'actuel directeur sportif Jonathan Wheatley, devrait assurer une continuité en piste, au moins pour les prochains mois. Mais historiquement, les départs des personnages aux grands succès ont toujours été suivis de conséquences sur les résultats sportifs. Ce n'est pas Ferrari, qui n'a plus décroché de titre depuis le départ de Jean Todt - dont le rôle était certes plus large - qui dira le contraire. Red Bull trouvera-t-elle, là aussi, la parade ?
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