Grand Prix de Belgique 2025 | Quand Sophie Kumpen, mère de Max Verstappen, se payait Christian Horner (et d'autres) au karting
Par Julien Pereira
Mis à jour 25/07/2025 à 10:00 GMT+2
Max Verstappen est néerlandais. Mais son talent, lui, est plutôt belge. Le quadruple champion du monde est le fils de l'ancien pilote de F1, Jos, mais aussi de l'ancienne pilote de karting, Sophie Kumpen, née à une centaine de kilomètres du circuit de Spa. Tous ceux qui ont vu la mère du leader de Red Bull évoluer sur les circuits sont formels : elle était extrêmement douée.
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Tous ceux qui ont côtoyé la famille Verstappen vous le diront : si le talent se transmettait par les gènes, alors Max aurait hérité de sa mère. Le caractère, la passion sans limite pour le sport automobile, la connaissance de la F1, tout cela provient de Jos. Le don naturel et le talent, c'est Sophie Kumpen.
La Belge, née comme son fils à Hasselt, à une centaine de kilomètres du circuit de Spa-Francorchamps qui accueille le Grand Prix ce week-end, n'a pas fait carrière en Formule 1, au contraire de son ex-mari. Malgré sa relative discrétion, la femme de 49 ans est pourtant bien connue d'un certain nombre d'acteurs du paddock.
Car avant de se consacrer à l'éducation de son fils Max et de sa fille Victoria, Sophie Kumpen était, elle aussi, pilote. Une redoutable pilote. Jeune, elle a plusieurs fois participé aux plus grandes compétitions de karting, dont le championnat du monde. Là, elle a bataillé avec de nombreux hommes qui eux, par la suite, ont fait carrière. Elle les a même souvent devancés.
Parmi eux, un certain... Christian Horner, devenu presque deux décennies plus tard le directeur d'écurie de Red Bull qui allait accompagner son fils vers ses quatre titres de champion du monde. Autre ironie de l'histoire : le dirigeant britannique a été limogé juste avant ce Grand Prix de Belgique, après avoir été vertement et publiquement critiqué par Jos. Le monde est petit.
Elle faisait partie des dix meilleurs pilotes
Bien avant cela, Horner était lui aussi un passionné de sport automobile qui se rêvait en pilote de Formule 1. Lui avait assez vite compris qu'il n'en avait pas le talent, contrairement à Kumpen. "Nous sommes connus lorsque nous avions 12 ou 13 ans, avait-il raconté dans le podcast Eff Won. Et je pense que nous n'aurions pas pu prédire ce qui s'est passé beaucoup plus tard."
Malgré le poids des ans, le désormais ex-patron de Red Bull a gardé un très bon souvenir des qualités de pilotage de la mère de Max. "À ce moment-là, elle faisait partie des dix meilleurs pilotes de karting au monde, avait-il souligné. Elle était fantastique." Et lorsque son interlocuteur lui avait demandé si Kumpen l'avait battu, il avait répondu par l'affirmative sans la moindre hésitation.
Difficile, aujourd'hui, de mesurer le talent de la Belge. Les archives sont relativement peu nombreuses et ses résultats plus qu'honorables en championnat du monde de karting (17e lors de sa dernière saison en catégorie FSA) ne disent sans doute pas tout. Sa victoire sur le très côté Trofeo Andrea Margutti, en 1995, fait office de meilleure référence. Elle y avait notamment battu Jarno Trulli et le regretté Allan Simonsen.
Elle a tout arrêté pour suivre Jos
Pour en savoir plus, il faut donc se contenter des propos de tous ceux qui l'ont vue rouler, de Christian Horner au grand Eddie Jordan, en passant par Jenson Button. Tous sont unanimes. "C'était une pilote fantastique, racontait le champion du monde 2009, qui fut son coéquipier en 1995, dans le podcast Beyond the Grid. Je savais déjà à quel point elle était forte. Il y avait elle et Lotta Hellberg. Ces deux-là étaient juste incroyables, tellement rapides."
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Si la carrière de Kumpen n'a pas eu la suite qu'elle méritait, c'est avant tout parce qu'elle a choisi d'y mettre un terme de manière précoce, en 1996, après son mariage avec Jos Verstappen. "Ce n'était juste plus possible de suivre Jos et d'avoir ma propre carrière, justifiera-t-elle lors d'un entretien à F1 Magazine, en 2001. J'ai aussi eu un gros accident et après cela, je suis devenue plus prudente."
Les naissances de Max, l'année suivante, puis de Victoria, en 1999, l'ont définitivement convaincue de rester en retrait. Elle n'est donc pas allée au bout de son ambition. Dans un reportage diffusé en 1993 en Belgique, et archivé par la SONUMA, Kumpen, alors âgée de 18 ans, disait aimer "se battre avec les garçons et leur montrer qu'une fille pouvait être aussi combative qu'eux". Et lorsque son interlocuteur lui demandait s'ils étaient "galants", elle répondait : "Non, pas du tout." Ce n'est effectivement pas ce qui caractérise ceux qui l'ont côtoyée et qui ont fait carrière.
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